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Paolo Roversi par Christian Caujolle
Caujolle Christian ; Roversi Paolo
ANDRE FRERE
19,50 €
Épuisé
EAN :9782492696121
Paolo Roversi et Christian Caujolle se rencontrent et s'entretiennent sur ce qui leur tient le plus à coeur : la photographie. Cette idée de collectionner, à quoi ça correspond chez toi ? la photographie c'est un papier sensible qui est passé sous un agrandisseur, qui est traité d'une certaine façon, une photographie c'est un objet créé par la lumière et cela me fascine toujours car je peux apprécier la qualité du travail, c'est par admiration que je collectionne, j'ai certains tirages de Penn qui sont sublimes, chaque fois que je les regarde j'ai le coeur qui s'emballe. Tu sais de Penn j'ai ces fameux tirages au platine des deux enfants de Couszco, c'est une des photos qui m'a toujours le plus touché et qui m'a donné envie de faire des photos, des portraits. Un jour je l'ai rencontré Penn et je lui ai parlé de cette photo et je lui ai demandé en quelle langue il avait échangé avec ces petits garçons ? Il m'a répondu, Paulo, tu sais très bien que l'on a pas besoin de parler quand l'on prend une photo, je ne sais même pas s'il parlait espagnol, c'était des petits enfants descendus de la montagne pour la fête de Couzsco, lui il s'était fait prêter un studio par un photographe du village, c'est là qu'il les a photographié. Ce qui est magnifique pour moi, c'est que ce sont des enfants misérables, habillés de chiffons, leur veste n'a même pas de bouton, ils sont pieds nus ils sont comme une princesse et un petit prince, ils sont d'une noblesse, d'une aristocratie incroyable pour moi, et cela car il y a toute l'humanité et toute l'âme de Penn qui se reflète dans ce garçon, dans son sujet, c'est ça la force d'un photographe pour moi, c'est qu'avec son âme il arrive à éclairer la photo. J'aimerais bien avoir une camera qui photographierait les rêves, tu vois, ça c'est vraiment mon rêve. Tout ce que tu peux éclairer est photographiable, mais la musique, la voix, les idées, les pensées, les rêves ne sont pas photographiable, car tu ne peux les éclairer, donc tu ne peux les photographier. C'est là une belle définition de la photographie !
Fondée à Paris en 1986, VU' s'est définie dès sa création comme "agence de photographes" plutôt que comme agence photographique, affirmant ainsi la spécificité des identités qui la composent. Son nom, éponyme du célèbre magazine des années 1920 qui révolutionna le concept d'illustration, suggère une filiation ambitieuse. Née dans la mouvance du quotidien Libération, elle a progressivement imposé un regard neuf et tente de préserver une "veille iconographique" dans un déferlement ininterrompu d'images. Découvrir, diffuser, communiquer, mais aussi exposer dans une vaste galerie, les animateurs de VU' font d'une aventure collective un laboratoire permanent de réflexion sur les évolutions de la photographie; sociale, documentaire, plasticienne, il importe de décrypter la dimension polysémique de la création contemporaine et d'interroger son traitement par les médias. De l'actualité immédiate à l'enquête au long cours, de l'oeuvre formelle au récit intimiste, les photographes de VU' dressent depuis vingt ans un panorama pluriel et mouvant de la photographie.
Marin Karmitz, cinéaste, producteur, créateur et animateur du réseau de salles MK2, est d'abord connu pour sa relation passionnée à l'image en mouvement. On sait moins que celui qui fut également photographe au temps de son engagement politique militant a réuni, à côté d'une collection exceptionnelle d'oeuvres d'art, une collection photographique. Elle est constituée d'ensembles cohérents qui disent sa fidélité à des artistes dont il suit et accompagne passionnément la création, mais aussi de nombreuses oeuvres, acquises au fil du temps, échos de préoccupations esthétiques et éthiques, qui témoignent à la fois d'une curiosité, d'une liberté et d'un bel éclectisme.
Ce n'est pas un entretien ; à bâtons rompus, c'est un échange, une longue discussion sur la photographie, sur la vie, les valeurs, les influences, celles de Christer Strömholm, de Daydo Moriyama... L'essentiel dans le cas d'Anders Petersen est de restituer sa parole, avec ses hésitations, ses magnifiques doutes, ses convictions, son authenticité, sa détermination. Il se met généreusement à nu, sans esquive, butte sur un mot, éclate de rire, avale une gorgée de bière, puis affirme : "je suis chaotique. Mais c'est sans doute ce qu'il faut". L'ancien élève et ami de Christer Stromhölm reste comme toujours attaché à l'humain, à son énigme, à sa solitude et à la profondeur des sentiments complexes qu'il a su mettre en évidence aussi bien à l'hôpital psychiatrique qu'en prison. Pour aboutir à cette profonde "vérité", il vit avec ceux qu'il photographie. Il résume parfaitement le dilemme qui est le sien : "Je sais que pour faire de bonnes photographies, pour être à la distance juste, il faut que j'aie un pied dedans et un pied dehors. Mon problème, c'est que je finis toujours par avoir les deux pieds dedans !" Cela date du tout début, quand, en 1967, il s'installe pour trois ans dans un bistrot du port de Hambourg, le café Lehmnitz, hanté par les marins en goguette, les prostituées, les paumés et les alcooliques du quartier. Là, on boit, on danse, on s'aime, on pleure, on chante. Anders vit là, prend des photos au vol et dresse un portrait bouleversant d'une humanité en dérive qu'il aime profondément. Et il révèle, dans des situations de marginalisation, une intensité et une vérité rares des sentiments. Poète d'un monde souvent noir, raisonnable à sa manière parce qu'excessif, Anders Petersen est en constante prise de risque.
Depardon Mathias ; Perrier Guillaume ; Bozarslan H
TRANSANATOLIA est une pérégrination aux confins de l'Anatolie. Pendant 5 ans, Mathias Depardon photographie la nouvelle Turquie, jusqu'aux confins du Caucase. Des zones urbaines récemment installées dans l'ouest d'Istanbul, au Kurdistan turc où couve la révolution civile et sévit une véritable guerre de l'eau : il questionne la notion de périphéries et de frontières. Ces lieux reculés aident à comprendre les grandes mutations qui agitent la région. A travers des portraits, des paysages, Mathias Depardon sonde un pays tiraillé entre modernisation à tout crin et réminiscence ottomanes. Dans ce livre le photographe tente d'imager les frontières du cur évoqué par le Président turc. Pour sonder "l'âme turque" et percevoir toute la complexité de sa construction identitaire, il faut se projeter à ses frontières et même au-delà. En Azerbaïdjan ou en Crimée, la Turquie reste la "mère patrie" . Elle rayonne, diffuse son "soft power" des Balkans à l'Asie, de la mer Noire à la mer Rouge.
Le musée des Civilisations de l?Europe et de la Méditerranée est le seul musée national implanté par l?Etat en région. " C?est un projet qui parle à la terre, à la mer, au ciel et au vent ", déclarait Rudy Ricciotti, associé à Roland Carta, lors du concours lancé en 2002 et jugé lauréat en 2004 par le ministère de la Culture pour ce seul musée national décentralisé en région. En perspective directe du fort Saint-Jean, il dessine un bâtiment nu sans vêture ni parure, ceint d?une résille développée en façade sud, ouest, et en partie sur sa toiture à débords qui le fixe dans le paysage. Pas de capotage brillant, ni parement collé ni pierre agrafée. Le bâtiment est pierre lui-même, une pierre fragile soumise aux quatre vents. Un projet éminemment discret et raffiné qui s?efface devant le fort Saint-Jean et le Vieux-Port. L?ouvrage est volontairement dénudé et livré au regard. Simple, juste, nécessaire, brute, la matière est minimale, du verre et du béton. Lisa Ricciotti nous convie avec ses photographies dans les secrets du bâti, la récurrence des sillons, la volupté des portants, à un parcours vertigineux de la silhouette habitée par la lumière, aux pores fermés et mats de la matière.
C'est lors de la conception de Black Passport que Stanley Greene et Teun van der Heijden ouvrirent les archives de Western Front pour la première fois. Si Stanley Greene était en effet connu principalement pour son travail sur les conflits armés, l'idée derrière Black Passport était de mélanger dans un livre travail professionnel et images de la vie privée. "J'ai beaucoup de matière sur mes années d'études à San Francisco", déclarait alors Stanley, "à l'époque il y avait un mouvement appelé "arts et musique", et les étudiants du San Francisco Art institute ont commencé à former des groupes, et j'ai commencé à les photographier mes professeurs pensaient que je perdais mon temps". 17 images issues de ce travail se retrouvèrent dans Black Passport et une exposition eut lieu à Perpignan. Mais pour Stanley, les archives de Western Front étaient si vastes qu'il était nécessaire de les regarder avec les yeux d'aujourd'hui. A une époque où nous sommes habitués à voir des photos nerveuses prises par des filtres numériques imitant les appareils photo d'antan, Western Front donne le change en revenant aux origines. Le San Francisco des années 1970 et 1980 est un environnement où l'on vit, saigne, boit, mange, baise et produit de l'art 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. C'est l'époque où le mouvement punk émerge, une époque que Stanley Greene a documentée sans relâche, entouré par des groupes de punk rock comme Flipper, les Dead Kennedys et les Mutants. Au côté de son camarade de chambre Paul Zahl, le batteur de SVT, il photographie comme ses amis jouent leur musique : de manière pure et brute.
A l’opposé d’un manifeste, (cf l’architecture est un sport de combat Textuel) Raphaelle Segond qui a travaillé dans l’agence Ricciotti, puis a co-signé Le Pavillon noir à Aix, grâce à sa proximité avec l’architecte, tente dans cet entretien avec Rudy Ricciotti de mettre ce dernier à nu, cherchant au-delà du discours composé et réfléchit et à le faire réagir d’une manière spontanée et directe afin de permettre au lecteur d’avoir une image moins média et plus humaine de l’artiste et de sa parole. Un ouvrage qui intéressera les étudiants en architecture, les architectes et le grand public curieux et/ou à l’écoute des médias.