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La Part des loups
Rouillan Jann-Marc
AGONE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782748900507
Et Jaume seul dans la montagne, avec ses pauvres mots, ses délires d'altitude, ses armes désormais pour le seul don de soi et l'existence désobéissante, qu'y pouvait-il ? Face à la clameur, ses balles et ses mots ne pesaient pas lourd. Ils étaient trop humains, porteurs d'une charge émotionnelle à retardement, de cette passion triste qui fait les bombes à l'heure et le désespoir qui s'acharne à ne pas réintégrer son exil quotidien. Le refus, toujours le refus et qui à cet instant se tait. Ne plus dire ce que l'on sait, ne plus défaire le faux du vrai. Motus. Rien. Le néant... en cette humanité de l'inaccepté, de l'indicible plainte et de la souffrance. Derrière le bruit national s'accumulait le silence. A travers le parcours d'un homme dont la conscience de classe s'éveille dans les bras d'une fille de patron, ce roman raconte les vies de paysans pauvres " qui furent du parti bien avant qu'il ne soit créé ". En Espagne, des années 1920 à l'orée des années 1950, entre guerre sociale et guerre civile, Jaume et les siens rêvent d'un autre monde, affrontent le pouvoir des propriétaires, de l'Eglise, de l'Etat; ils gagnent, perdent, fuient, s'arrêtent sur un autre front, celui du maquis français contre l'occupant nazi; ils reviennent et perdent encore...
Depuis la prison de Lannemezan où il purge une condamnation à perpétuité et a déjà passé 4 750 matins, Jann-Marc Rouillan décrit son passé de militant d'Action directe, ses camarades, les grandes absentes que sont les femmes, son quotidien de taulard. Entre parloirs et transferts arbitraires, dans cet univers saturé de violence, toujours à la limite de la folie, la fidélité à ses engagements politiques devient pour lui une question de survie, face à cette autre forme de peine de mort qu'est la lente déshumanisation imposée par l'incarcération.
Après le premier tome De mémoire sur "Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse" , années de formation au métier de militant encore dominé par l'insouciance ; le deuxième sur "Le deuil de l'innocence : un jour de septembre 1973 à Barcelone" , maqué par la traque mortelle de la Guardia Civil du temps du MIL sous la dictature de Franco ; ce dernier volume de la trilogie de Jean-Marc Rouillan ferme la période qui donnera naissance à ses Dix ans d'Action directe. Un témoignage, 1977-1987. Dans ce troisième volume, Jean-Marc Rouillan revient sur le quotidien du groupe toulousain des GARI (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes) en lutte contre la dictature de Franco. Au-delà d'un récit d'aventures picaresques qui s'étendent sur tout le territoire européen, on voit se dessiner le point de non-retour vers l'engagement dans la lutte armée. Paru pour la première fois en 2009, ce texte a été écrit par de Jean-Marc Rouillan en prison, comme presque toute la quinzaine de livres qu'il a édités. On peut voir cette oeuvre comme la poursuite de la politique par d'autres moyens par l'auteur libéré de toute peine liée à son engagement dans la lutte armée.
On expérimentait de nouvelles formes de lutte. Mais on ne partait pas de rien: nos racines venaient du vieux "guérillerisme" ibérique. On diffusait l'expérience acquise à Barcelone dans la lutte du MIL. En France, pour la première fois depuis la guerre d'Algérie, des militants révolutionnaires entraient dans la clandestinité les armes à la main. Ça n'étaient plus des théories sans pratiques véritables. La guérilla devenait l'arme de la lutte quotidienne. Faction incessante du sabotage et de la subversion. Sans aucun regret, on avait coupé les ponts avec la connivence et les bienséances bourgeoises. Ce troisième volume des Mémoires de Jann-Marc Rouillan revient sur le quotidien du groupe toulousain des Gari (Groupes d'action révolutionnaire internationalistes) en lutte contre la dictature de Franco. Au-delà d'un récit d'aventures picaresques et insouciantes qui s'étendent sur tout le territoire européen, on voit se dessiner le point de non-retour vers l'engagement dans la lutte armée.
Depuis le temps que je dois t'écrire ! Les jours passent, les années de même... L'existence rebelle est aventureuse mais tout autant dilettante, tu sais ce que c'est... Pourtant, tôt ou tard, le v?u d'un gamin qui n'a pas encore tracé son cap finit par regagner le rivage. Et maintenant que je suis un prisonnier à vie, pour passer mon temps - puisque la raison d'être des punis est d'égrener le triste rosaire des réclusionnaires - je noircis des pages que l'on dit littéraires. Et figure-toi qu'un camarade m'a passé commande d'un texte sur un vieux de la vieille comme toi. L'occasion fit le larron et j'ai pris mon crayon. Dans les salons protestataires, où l'on s'affuble de trop large, étiquettes qui traînent jusqu'à terre comme de vieux oripeaux, presque des serpillières à force de balayer le caniveau, on a toujours préféré les révolutionnaires des temps jadis. Ou alors ceux d'autres continents, loin au-delà des mers dans des sierras tropicales sud-américaines. Les tartuffes se déguisent pour ne pas avoir à épauler ceux d'ici, pour ne rien risquer jamais et esquiver les questions sur leur propre renoncement, leur perfide trahison qui se distille pareille au quotidien poison
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Avec les centaines de livres publiés par les combattants pour raconter les tranchées, la Grande Guerre marque l'entrée dans "l'ère du témoignage". Et Témoins est le monument fondateur de la littérature de témoignage. Cette oeuvre majeure de la littérature critique du XXe siècle a fait scandale au moment de sa première publication en 1929, et elle provoque encore aujourd'hui des débats très vifs. Sa manière de mettre au premier plan la simple vérité du témoignage heurte de plein fouet les visions enchantées de la guerre colportées par la littérature. En dressant le témoin face au littérateur de métier, en sommant les historiens de lui faire une juste part, le livre de Norton Cru dérange depuis presque cent ans les règles établies dans le monde intellectuel.
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin