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Lectures de Madame de Lafayette
Rohou Jean ; Siouffi Gilles
PU RENNES
16,00 €
Épuisé
EAN :9782753541702
La Princesse de Clèves est un chef-d'oeuvre par la profondeur de l'analyse psychologique et par la distinction du style. Mais aussi par une riche ambiguïté, probablement intentionnelle, qui sollicite à tout moment la réflexion des lecteurs. Comment se fait-il qu'une femme très vertueuse ne réussisse pas à aimer un mari très estimable, ni à se défaire de son attirance pour un autre homme, qu'elle n'estime pas ? Quelles sont les motivations et l'opportunité de l'aveu au mari, puis du refus d'épouser l'amant ? La Princesse de Montpensier et La Comtesse de Tende, également attribuées à Madame de Lafayette, sont aussi des nouvelles d'une qualité exceptionnelle. Et le roman Zayde se lit avec intérêt à condition d'accepter le modèle romanesque et les codes dont il relève. Le présent ouvrage fait la synthèse des études antérieures, et propose de nouvelles hypothèses : notamment sur les conditionnements sociaux, culturels et idéologiques qui ont influencé ces oeuvres, sur leur langue et leur style, sur le célèbre aveu où la coupable fait surtout son propre éloge, sur la relation entre les paradoxes de l'intrigue, souvent peu vraisemblables, et les vérités affectives qui en résultent. Et enfin sur l'attribution de ces oeuvres : Madame de Lafayette n'en est certainement pas l'unique auteur, et l'on soutient ici que La Comtesse de Tende est postérieure à son époque.
Résumé : Etrange destinée ! Achevée en 1690, Athalie ne fut vraiment représentée qu'à partir de 1716. Voltaire y voyait " le chef-d'?uvre de notre théâtre ", et " peut-être [...] de l'esprit humain ". Ce fut un avis assez général jusque vers 1860. Pendant encore près d'un siècle, cette pièce fut, avec Esther, l'?uvre la plus étudiée dans les collèges. Puis elle sombra dans l'oubli. Injuste rejet d'un chef-d'?uvre de l'art et de la pensée, même si sa base idéologique et culturelle n'est plus guère vivante aujourd'hui. Athalie est, avec Phèdre, l'?uvre la plus hardie de Racine, par l'ampleur et la variété du lexique, la violence des scènes évoquées, la vigueur des protagonistes, la profondeur politique et religieuse, une grandeur épique, plusieurs significations tragiques. Les effets de mise en scène, les chants du ch?ur, l'accompagnement musical lui donnent une dimension spectaculaire généralement absente du théâtre classique. La confrontation entre l'avidité d'Athalie, la pureté de Joas et la loi de Dieu offre une clef pour comprendre tout le tragique racinien.
Résumé : Voici pour la première fois réunis les deux tomes de Fils de ploucs en un seul volume réactualisé. Un bel ensemble particulièrement truculent qui offre un témoignage exceptionnellement riche, allègre, personnel et solidement documenté sur la Bretagne. Si Jean Rohou commence par montrer la diversité de son terroir, il s'empresse de relativiser de fausses évidences et de tourner en dérision certains clichés. Puis, il évoque avec émotion son père, sa mère, ce grand-père qu'il n'a pas connu, et décrit la vie de son enfance : la nourriture, le travail continuel, les rares distractions... Avec une ironie appuyée, il dresse un tableau amer du "bon vieux temps", celui d'une vie ingrate, d'une forte mortalité prématurée. Lorsque l'auteur livre, dans une seconde partie, une enquête historique sur la langue bretonne et sur l'école, le récit ne perd pas en émotion et encore moins en ironie. Il constate qu'aujourd'hui on enseigne le breton à plusieurs milliers d'enfants et d'adultes, mais que personne ne le parle dans la rue ! Après avoir retracé son parcours scolaire au "collège du diable", Jean Rohou termine par une satire de certains comportements universitaires et par cette conclusion sans appel : les anciens ploucs sont maintenant les premiers intellectuels de France.
Résumé : Après avoir retracé le développement de l'histoire littéraire depuis ses origines, cet ouvrage montre la pertinence d'une histoire centrée sur les ?uvres et leurs formes de littérarité (genres, thèmes, structures, styles). Il n'en dissimule pas pour autant les limites. Une histoire moderne de la littérature insère les ?uvres dans une double perspective fonctionnelle : elle s'attache d'une part à la fonction historique de la littérature qui, à chaque époque, tente de résoudre métaphoriquement, par la fiction et l'art, des problèmes Insolubles dans l'action, d'autre part, aux conditions matérielles et sociales du travail littéraire (commande sociale, production, édition, diffusion, réception des ?uvres). La convergence des trois objectifs, associant une poétique, une esthétique et une sociocritique, conduit à une analyse concrète des textes, des genres et des courants.
Cet ouvrage propose une définition du tragique comme contradiction inévitable et insoluble parce qu'elle est constitutive de la condition et de la personnalité humaines à des moments de transformation historique fondamentale, où le passé surplombe encore les consciences, tandis que l'avenir anime déjà les désirs. Cela explique l'intensité et la rareté des réussites de la tragédie - qui n'est pas toujours tragique et ne l'est jamais exclusivement: elle tend à résoudre le problème qu'elle pose, ou du moins à le compenser par la sublimation poétique. Il retrace l'histoire de la tragédie française dans ses diverses modalités: tour à tour lyrique et souvent religieuse de Théodore de Bèze à Garnier, encore édifiante avec Montchrestien, complaisamment violente avec Hardy et Schélandre ou libertine avec Théophile de Viau à l'âge baroque. Dans sa période classique, la tragédie se fait héroïque et politique avec Pierre Corneille, Rotrou et leurs contemporains; romanesque, galante et spectaculaire avec Thomas Corneille et Quinault; passionnelle et véritablement tragique avec Racine. Parallèlement se développe la tragédie lyrique avec Quinault et Lully. La contradiction historique qui soutenait la vision tragique s'achève dans les années 1680: les Français reprennent en main leur destin dans de nouvelles perspectives; la littérature critique remplace la littérature tragique. La tragédie ne se maintient que par la violence ou l'horreur pathétique (Campistron et Crébillon) puis par l'engagement philosophique sur des sujets mélodramatiques (Voltaire). Une anthologie de 102 extraits permet de suivre concrètement l'évolution du genre du XVIe au XVIIIe siècle.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour