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Moïse l'insurgé
Rogozinski Jacob
CERF
24,00 €
Épuisé
EAN :9782204152167
Une révolution sociale en Canaan, présentée de manière poétique dans l'Exode. Un dieu, celui de Moïse, qui marque la naissance d'une " contre-religion ". Un dispositif d'émancipation. Tel est le récit que dessinent en creux les dernières découvertes. Que peut-on dire de nouveau sur Moïse. En s'appuyant sur les découvertes les plus récentes des historiens et des archéologues, l'auteur repère le " noyau de vérité " du récit de l'Exode : une révolution sociale a eu lieu en Canaan. Un homme surnommé " Moïse " en aurait été l'inspirateur. Ce soulèvement des asservis a donné naissance à une société sans roi et sans Etat : une société fondée sur l'alliance entre un peuple et un dieu, un dieu qui ne sanctifie pas le pouvoir des rois, mais soutient les opprimés dans leur combat pour la justice. L'enquête se centre alors sur le dieu de Moïse. En l'analysant l'auteur décrit la naissance d'une " contre-religion " qui est un dispositif d'émancipation. Ce n'est pas seulement l'histoire de Moïse qui est réinterprétée de façon originale dans ce livre, mais également d'autres épisodes de la Bible comme le sacrifice d'Abraham, des rituels comme celui du bouc émissaire, des thèmes essentiels comme le Dieu unique, l'Alliance et le messie. L'auteur en vient à se demander si le monde de Moïse, un monde affecté par une crise dévastatrice, ne ressemble pas étrangement au nôtre et si la promesse d'émancipation portée par le récit de l'Exode ne nous est pas aussi adressée.
De sa lecture de Hölderlin, il avait retenu que "l'interrogation obstinée et suffocante, aux portes de la folie, sur la tragédie et la mimèsis est indissociablement biographique". Cette persévérance de la question, cette épreuve de l'impossible, il en a fait l'expérience dans sa pensée et dans sa vie. Le meilleur hommage que l'on puisse lui rendre consiste à le lire, à remettre en jeu son travail dans tous les domaines - philosophie et poésie, théâtre et musique - où il s'est efforcé de "résister à la disparition". Ce sont les différentes dimensions de la pensée de Philippe Lacoue-Labarthe qu'interrogent les textes de ce recueil, présentés lors de la rencontre internationale organisée par le Parlement des philosophes, à Strasbourg en 2009.
Notre moi n'est-il qu'un illusion, une simple apparence produite par une réalité étrangère ? Son "narcissisme" est-il la source de toute violence et de toute injustice ? Ce sont ces préjugés aujourd'hui dominants que ce livre remet en question. Ce qui distingue la démarche de J. Rogozinski de celles qui règnent en philosophie, en psychanalyse et dans les sciences humaines, c'est le primat qu'il accorde à l'ego. Au lieu de partir de nos relations avec les autres et de chercher comment elles déterminent notre identité, il s'agit de mettre hors-jeu l'horizon du monde, de l'Etre, de l'Autre, pour atteindre le champ d'immanence du moi. Après avoir critiqué la destruction de l'ego - l'égicide - accompli par Heidegger et Lacan, il nous appelle à revenir à ce philosophe décrié, Descartes, dont il propose une lecture inattendue. Mais ce retour ne suffit pas : c'est une pensée neuve de l'ego qu'il se propose de fonder. La dernière partie de ce livre introduit à cette "ego-analyse". Nous y découvrons un moi-chair divisé et précaire qui s'efforce de s'unir à lui-même et de se donner un corps, mais se heurte toujours à la hantise d'un "restant". C'est l'intrigue du moi et du restant que tente de décrire J. Rogozinski. Des perspectives nouvelles s'ouvrent alors. Qu'est-ce qui vient faire écran entre moi et les autres ? Quelle peut être l'origine de l'amour, de la haine, de la peur de mourir ? Et quel chemin serait celui de notre délivrance ? Ecrit dans une langue claire, ce livre aborde ainsi de manière novatrice des énigmes majeures de notre existence.
Un scrupule, pour commencer : qu'il puisse être "déplacé" de susciter l'écriture, la pensée dans cette circonstance, cruelle, et pour en rendre compte, dont nous ne mesurerons la cruauté réelle, entière, qu'après. Scrupule possible ou de principe, mais que cette objection balaie : c'est là où l'écriture, la pensée ne se placent plus assez - que la cruauté atterre, fait fuir -, qu'il faut qu'elles se placent, et se tiennent (leçon entre autres de Bataille). Qu'il le leur faut d'autant plus que cette cruauté est à la fois banale (archaïque) et "commune" (virale). Quoi de plus "commun" qu'une pandémie, en effet, qui pourrait bien être la dernière forme existante du "commun" (n'excluant par principe personne, principe tragique, mais principe du démos aussi bien, dont le mot "pandémie" est fait) et de l' "archaïque" , en tout cas sous nos "latitudes" , lesquelles n'auraient jamais rien vécu qui ressemble à celle-ci depuis, nous dit-on, un siècle - l'exagération est possible, mais qui importe peu. Contre cette pandémie, on a commandé à toutes et tous de se confiner. Cruauté aussi - inévitable - d'un tel commandement. "Se confiner" pour qui n'a pas où le faire (les migrants, les sans-papiers). Pour qui se confiner va rendre un peu plus invivables encore les conditions de vie qui l'étaient par avance (habitats étroits, pauvres, insalubres ; prisons ; Ehpad). Même aveugle, le virus ne fait pas que tous puissent s'en protéger également, qui n'est par le fait pas pareillement "commun" . Ce numéro de Lignes part de ce qu'il en est de l'être, confinés. De l'être par contrainte, mais s'y prêtant - le contraire d'une séquestration. Le contraire certes, mais plaçant la pensée elle-même comme sous séquestre. Pas que la pensée "politique" du moment, toute la pensée : esthétique, existentielle, amoureuse. La littérature et l'art aussi bien. Qu'est-ce que cet état fait à l'art, à la littérature, à la pensée ? Et lesquels peuvent résulter de la levée de la séquestre ?