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Le moi et la chair. Introduction à l'ego-analyse
Rogozinski Jacob
CERF
34,00 €
Épuisé
EAN :9782204079587
Notre moi n'est-il qu'un illusion, une simple apparence produite par une réalité étrangère ? Son "narcissisme" est-il la source de toute violence et de toute injustice ? Ce sont ces préjugés aujourd'hui dominants que ce livre remet en question. Ce qui distingue la démarche de J. Rogozinski de celles qui règnent en philosophie, en psychanalyse et dans les sciences humaines, c'est le primat qu'il accorde à l'ego. Au lieu de partir de nos relations avec les autres et de chercher comment elles déterminent notre identité, il s'agit de mettre hors-jeu l'horizon du monde, de l'Etre, de l'Autre, pour atteindre le champ d'immanence du moi. Après avoir critiqué la destruction de l'ego - l'égicide - accompli par Heidegger et Lacan, il nous appelle à revenir à ce philosophe décrié, Descartes, dont il propose une lecture inattendue. Mais ce retour ne suffit pas : c'est une pensée neuve de l'ego qu'il se propose de fonder. La dernière partie de ce livre introduit à cette "ego-analyse". Nous y découvrons un moi-chair divisé et précaire qui s'efforce de s'unir à lui-même et de se donner un corps, mais se heurte toujours à la hantise d'un "restant". C'est l'intrigue du moi et du restant que tente de décrire J. Rogozinski. Des perspectives nouvelles s'ouvrent alors. Qu'est-ce qui vient faire écran entre moi et les autres ? Quelle peut être l'origine de l'amour, de la haine, de la peur de mourir ? Et quel chemin serait celui de notre délivrance ? Ecrit dans une langue claire, ce livre aborde ainsi de manière novatrice des énigmes majeures de notre existence.
Pourquoi écrire un livre sur Antonin Artaud? Parce qu'il me l'a demandé: impossible de le lire sans être appelé par sa voix. Mais comment répondre à son appel sans le trahir? Comment lire en philosophe celui qui clamait sa "haine de la philosophie"? Comment le lire sans le dévorer ni se laisser dévorer par lui? Règle de lecture: ce qu'il écrit est vrai. Laissons cette vérité s'affirmer par elle-même sans lui imposer la grille d'une pensée étrangère, et sans prétendre la fixer dans la psychose ou la métaphysique. Pas de cruauté, pas d'impouvoir, pas de schizophrénie, pas de corps sans organes: autant de stéréotypes, de maîtres mots qui font obstacle à la lecture. Pourquoi écrit-il? Pour sauver de l'oubli ses muses assassinées, ces corps massacrés, tous ces morts "dont le nom n'a jamais passé dans l'histoire". Pour sortir de l'enfer, pour traverser cette "Poche Noire" où il a sombré, se réapproprier son je, son nom dont il a été dépossédé. Si la folie est l'absence d'oeuvre, le retour du Mômo est une "insurrection de bonne santé". la bonne nouvelle d'une résurrection: il est possible de franchir la mort, de franchir "dieu" pour se refaire un corps. Il est possible de guérir la vie. C'est ce combat contre la folie, la mort et l'oubli, ce combat pour la vérité, que j'ai tenté ici de décrire: en passant de la scène du mythe, de la révolution théâtrale qui devait figurer la vie, à celle du fantasme, de la hantise sexuelle, du père-mère; puis en remontant vers une dimension plus originaire, vers l'énigme d'une vie sans être, d'une chair qui est moi. Chair déchirée, en quête de son incarnation majeure, chair qui ne cesse de mourir, et pourtant toujours renaissante... Cette vérité du moi-chair qu'il voulait faire résonner dans la langue et le rythme du poème, sommes-nous enfin capables de l'entendre?
Quel est cet ennemi qui s'attaque à nous, à la terrasse des cafés, dans une école, une salle de concert, une promenade ou une église ? L'auteur critique des notions comme le "terrorisme" et la "radicalisation", qui empêchent de penser la terreur djihadiste. Où ce dispositif puise-t-il sa force d'attraction ? Dans quel contexte historique et social est-il apparu ? Est-il l'indice d'un "retour du religieux" ? Quelle est sa relation à la religion musulmane ? Car le djihadisme a tout à voir avec l'islam, mais il trahit la vérité de l'islam. En voulant réaffirmer cette religion, il la retourne contre elle-même. On examine ici cette dernière : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l'oppose aux deux autres religions abrahamiques. Des "trésors perdus" de l'islam se font jour, qui permettraient de résister au fanatisme. Sont alors interrogées la vérité des religions et la cruauté qu'elles s'efforcent de contenir : une violence archaïque qui revient avec les martyrs-meurtriers du djihad.
Accueillir ? Ne pas accueillir ? Ces questions font débat depuis tout temps. Il fallait Jacob Rogozinski pour s'interroger sur l'inhospitalité croissante des nations occidentales.
Qu'est-ce que la haine ? Comment, de cet affect individuel, peuvent découler des dispositifs de persécution collective ? En quoi l'invention moderne d'une logique de la haine reste-t-elle d'actualité ? Retraçant le phénomène de la chasse aux sorcières qui a marqué la période courant entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle, de la Renaissance aux Lumières, Jacob Rogozinski dresse un tableau complet des techniques mises en oeuvre pour désigner puis anéantir les cibles supposées de cette entreprise de purification. S'imposent ainsi la recherche du "stigmate diabolique", l'aveu de la "vérité démoniaque" extorqué sous la torture et l'accusation de "Satan" comme stratège et ennemi absolu menant à l'"anéantissement" du possédé. Tous ces mécanismes d'éradication se retrouveront, sous d'autres noms, dans d'autres circonstances, animant la Terreur jacobine, les procès de Moscou ou encore les plus récentes théories du complot. En analysant ces diverses expériences historiques, en scrutant leurs dimensions concrètes, en détaillant leurs similitudes, Jacob Rogozinski montre qu'elles proviennent de la même angoisse du "monde renversé" que les dominants soupçonnent les opprimés de préparer. Et que c'est ainsi que s'est opéré le passage de l'exclusion à la persécution.