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Guérir la vie. La passion d'Antonin Artaud
Rogozinski Jacob
CERF
29,00 €
Épuisé
EAN :9782204092531
Pourquoi écrire un livre sur Antonin Artaud? Parce qu'il me l'a demandé: impossible de le lire sans être appelé par sa voix. Mais comment répondre à son appel sans le trahir? Comment lire en philosophe celui qui clamait sa "haine de la philosophie"? Comment le lire sans le dévorer ni se laisser dévorer par lui? Règle de lecture: ce qu'il écrit est vrai. Laissons cette vérité s'affirmer par elle-même sans lui imposer la grille d'une pensée étrangère, et sans prétendre la fixer dans la psychose ou la métaphysique. Pas de cruauté, pas d'impouvoir, pas de schizophrénie, pas de corps sans organes: autant de stéréotypes, de maîtres mots qui font obstacle à la lecture. Pourquoi écrit-il? Pour sauver de l'oubli ses muses assassinées, ces corps massacrés, tous ces morts "dont le nom n'a jamais passé dans l'histoire". Pour sortir de l'enfer, pour traverser cette "Poche Noire" où il a sombré, se réapproprier son je, son nom dont il a été dépossédé. Si la folie est l'absence d'oeuvre, le retour du Mômo est une "insurrection de bonne santé". la bonne nouvelle d'une résurrection: il est possible de franchir la mort, de franchir "dieu" pour se refaire un corps. Il est possible de guérir la vie. C'est ce combat contre la folie, la mort et l'oubli, ce combat pour la vérité, que j'ai tenté ici de décrire: en passant de la scène du mythe, de la révolution théâtrale qui devait figurer la vie, à celle du fantasme, de la hantise sexuelle, du père-mère; puis en remontant vers une dimension plus originaire, vers l'énigme d'une vie sans être, d'une chair qui est moi. Chair déchirée, en quête de son incarnation majeure, chair qui ne cesse de mourir, et pourtant toujours renaissante... Cette vérité du moi-chair qu'il voulait faire résonner dans la langue et le rythme du poème, sommes-nous enfin capables de l'entendre?
De sa lecture de Hölderlin, il avait retenu que "l'interrogation obstinée et suffocante, aux portes de la folie, sur la tragédie et la mimèsis est indissociablement biographique". Cette persévérance de la question, cette épreuve de l'impossible, il en a fait l'expérience dans sa pensée et dans sa vie. Le meilleur hommage que l'on puisse lui rendre consiste à le lire, à remettre en jeu son travail dans tous les domaines - philosophie et poésie, théâtre et musique - où il s'est efforcé de "résister à la disparition". Ce sont les différentes dimensions de la pensée de Philippe Lacoue-Labarthe qu'interrogent les textes de ce recueil, présentés lors de la rencontre internationale organisée par le Parlement des philosophes, à Strasbourg en 2009.
Il y a dix ans mourait Jacques Derrida, reconnu dans le monde entier comme l'un des philosophes les plus importants du XXe siècle, et dont l'oeuvre suscite de nombreux commentaires en France et à l'étranger. Le présent essai se confronte à sa pensée dans un exercice "d'infidèle fidélité" : il s'efforce de rester fidèle à la "déconstruction" derridienne en essayant de la déconstruire à son tour. Ni réfutation polémique ni commentaire mimétique, il se propose de tracer dans cette oeuvre une ligne de partage entre ce qui se laisse déconstruire et ce qui reste. De découvrir la part indéconsuuctible de la déconstruction, ses points de résistance, ses impensés : les "cryptes" de Derrida.
Quel est cet ennemi qui s'attaque à nous, à la terrasse des cafés, dans une école, une salle de concert, une promenade ou une église ? L'auteur critique des notions comme le "terrorisme" et la "radicalisation", qui empêchent de penser la terreur djihadiste. Où ce dispositif puise-t-il sa force d'attraction ? Dans quel contexte historique et social est-il apparu ? Est-il l'indice d'un "retour du religieux" ? Quelle est sa relation à la religion musulmane ? Car le djihadisme a tout à voir avec l'islam, mais il trahit la vérité de l'islam. En voulant réaffirmer cette religion, il la retourne contre elle-même. On examine ici cette dernière : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l'oppose aux deux autres religions abrahamiques. Des "trésors perdus" de l'islam se font jour, qui permettraient de résister au fanatisme. Sont alors interrogées la vérité des religions et la cruauté qu'elles s'efforcent de contenir : une violence archaïque qui revient avec les martyrs-meurtriers du djihad.
Notre moi n'est-il qu'un illusion, une simple apparence produite par une réalité étrangère ? Son "narcissisme" est-il la source de toute violence et de toute injustice ? Ce sont ces préjugés aujourd'hui dominants que ce livre remet en question. Ce qui distingue la démarche de J. Rogozinski de celles qui règnent en philosophie, en psychanalyse et dans les sciences humaines, c'est le primat qu'il accorde à l'ego. Au lieu de partir de nos relations avec les autres et de chercher comment elles déterminent notre identité, il s'agit de mettre hors-jeu l'horizon du monde, de l'Etre, de l'Autre, pour atteindre le champ d'immanence du moi. Après avoir critiqué la destruction de l'ego - l'égicide - accompli par Heidegger et Lacan, il nous appelle à revenir à ce philosophe décrié, Descartes, dont il propose une lecture inattendue. Mais ce retour ne suffit pas : c'est une pensée neuve de l'ego qu'il se propose de fonder. La dernière partie de ce livre introduit à cette "ego-analyse". Nous y découvrons un moi-chair divisé et précaire qui s'efforce de s'unir à lui-même et de se donner un corps, mais se heurte toujours à la hantise d'un "restant". C'est l'intrigue du moi et du restant que tente de décrire J. Rogozinski. Des perspectives nouvelles s'ouvrent alors. Qu'est-ce qui vient faire écran entre moi et les autres ? Quelle peut être l'origine de l'amour, de la haine, de la peur de mourir ? Et quel chemin serait celui de notre délivrance ? Ecrit dans une langue claire, ce livre aborde ainsi de manière novatrice des énigmes majeures de notre existence.
Résumé : Enfants d'immigrés, Reda, Ismaël et Ben ont du mal à trouver leur place dans une société qui ne cesse de les stigmatiser. L'islam semble leur offrir le sentiment d'appartenir à une communauté : ils rejoignent le djihad en Syrie. Mais sur place, la violence et l'injustice d'un combat qui broie les individus leur crèvent les yeux et remettent en cause nombre de leurs certitudes. Drôle et émouvante, la pièce pose un regard lucide sur les préjugés comme sur les tabous de la communauté musulmane. Entre humour et phrases chocs, cette pièce qui triomphe auprès de tous les publics est devenue le point de départ d'un dialogue entre parents et enfants, enseignants et élèves, politiques et citoyens.
Résumé : Le livre de chevet de tous les acteurs encore aujourd'hui. Publié en 1936, écrit de manière très vivante et pédagogique sous la forme d'un journal intime tenu par un élève de Stanislavski, il montre comment être un bon acteur. Tous les aspects sont abordés: l'action, la créativité, la concentration, la relaxation des muscles, le travail en groupe, la mémoire, etc. " Il n'est pas de comédien authentique qui n'ait, un jour ou l'autre, emprunté sciemment ou non quelques-uns des sentiers de cette analyse ", écrit Jean Vilar dans sa préface.
Faciles à lire, on trouvera ici un ensemble de courtes scènes à deux, dont la seule prétention est de faire rire sans bêtise. Écrites pour le théâtre, le cabaret ou la radio, Roland Dubillard leur a accordé le même soin qu'à ses ?uvres de plus d'ampleur. Le même sourire intérieur nous y attend, qui ne demande qu'à être partagé.
Résumé : Trois femmes se croisent, se rencontrent, s'interpellent au pied d'une statue de la Vierge. Une amoureuse, une jeune mère, une clocharde. Elles livrent leurs souvenirs d'enfance, leurs colères, leurs folies. Enfant, la jeune mère s'est jurée qu'elle deviendrait Marie, quand elle serait grande. Et la voilà enceinte, sans bien comprendre comment, émerveillée d'avoir si bien réussi. Mais lorsque la naissance de son fils la plonge dans les affres de la maternité, la jeune femme revient de nuit pour confier son bébé à la statue. Comment lui faire entendre qu'elle deviendra une mère acceptable en acceptant de n'être que ce qu'elle est ? C'est avec les illusions, les rêves avortés et le réel décapant que les trois femmes jonglent au pied d'une Marie mutique. Mais si leurs paroles sans concession finissaient par redonner figure humaine à cette écrasante icône ? Un texte plein d'humour et de sagesse qui fait la part belle aux solidarités féminines, où lucidité et tendresse redonnent le courage d'exister.