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Mise à nu
Roffinella Martine
PHEBUS
13,15 €
Épuisé
EAN :9782859405700
En publiant en 1988 son premier roman, Elle, Martine Roffinella en avait surpris plus d'un, et peut-être choqué quelques autres : elle avait un ou deux lustres d'avance sur les m?urs et la sensibilité de l'époque, c'est tout. Elle revient ici à la fiction après dix ans de silence, sans chercher à rien tempérer. Amoureuse du bel excès, ennemie déclarée de la tiédeur bienséante, elle persiste et signe. Deux femmes s'aiment et partagent tout de l'amour, ou voudraient tout partager. L'une décide de partir, raptée par ce qu'elle imagine être un bonheur plus simple, banalement planté dans l'épaisse réalité des choses. On lui offrait jusqu'ici de symboliser en silence, dans le huis clos de la passion, l'Amour majuscule. On lui tend à présent ce cadeau imprévu : l'autorisation de sortir de soi. Il arrive qu'un leurre en cache un autre... L'abandonnée n'a de réponse à cela que celle des âmes excessives autant mourir. Elle mourra donc, à sa façon : en se dépouillant des oripeaux d'un désir prisonnier des miroirs, un désir qui la détournait elle aussi d'être ; en se lançant avec rage à la poursuite des mots qui diront cette mort - ou cette naissance, comme on voudra.
L'auteur d'Elle a toujours refusé de caresser son public dans le sens du poil. Les nouvelles ici rassemblées (au nombre de dix) tirent le portrait d'un monde - le nôtre - qu'on aurait bien envie de gifler. Martine Roffinella le fait pour nous, et sans trop retenir sa main. Combien de fois n'avons-nous pas ragé face à l'heureuse tranquillité de la bêtise officielle, aux feintes indignations d'une moralité qui suit le cours des modes, au sentimentalisme béat dont l'époque si bien se repaît ? Une rage que trop souvent nous gardons pour nous, faute d'interlocuteurs avec qui la partager de confiance. Et voici qu'une main secourable ose ici souffleter à notre place toutes ces joues, toutes ces fesses respectables, en s'en prenant avec une prédilection gourmande aux valeurs que notre drôle de société tient pour les plus sacrées : les bébés, les vieillards, la réussite, la mort et ses pompes, la " commisération "... Martine Roffinella crache joliment (c'est-à-dire méchamment) dans la soupe. Le regretté Topor, veut-on croire, aurait aimé celle petite s?ur indigne qui ne respecte pas les mêmes dieux que ses voisins, et ne le leur envoie pas dire.
Elle" n'était pas morte... On la retrouve ici, à quarante ans, mûrie mais non assagie - et pourtant toujours indécise à l'heure d'affirmer, en marge des liens visibles qui l'attachent à l'Homme, la singularité d'un autre désir... L''Autre"(sûre de ses choix, elle) rêve de la faire sortir d'une réserve moins sage que prudente... tandis que la vie passe, épuise ses saisons."Je voudrais être un homme, écrit l'Autre. Pour avoir une chance d'être aimée de vous. Je voudrais être un homme. Aujourd'hui, demain, toujours en vos draps. Et entrer en vous avec mon membre dur. Me retirer, m'enfoncer encore, vous possédez, vous convaincre, vous laminer. Empoigner vos cheveux, broyer votre corps. Passer, repasser, épuiser vos régions... Je voudrais être un homme et vous attachez pour l'éternité à mon ombre. Alors c'est vous qui seriez réduite à mendier, à supplier: toute au désir d'être à moi. "Martine Roffinella n'écrit que pour nous entraîner du côté de ce qu'il ne faut pas faire. L'époque étant ce qu'elle est, on l'en remerciera plutôt deux fois qu'une. Martine Roffinella avait 26 ans quand Bernard Pivot fit découvrir son premier roman aux lecteurs:"Elle"(1988), qui évoquait la passion violente d'une lycéenne pour l'un - c'est à dire pour l'une - de ses professeurs. Suivit un silence de dix ans, mis à profit pour préparer dans l'ombre un retour résolu à la fiction:"Mise à nu"(1999),"Le Fouet"(2000) - ce dernier titre très remarqué par la critique. "
- Que fais-tu avec ce fouet ? me demande Jacqueline en rentrant de son travail. - Rien. J'ai trouvé drôle de l'acheter. La dame de la boutique n'en revenait pas. -Mais il ne te servira à rien... Nous n'avons même pas de chien à la maison. - Pas encore, dis-je simplement Celle qui dit " Je " ne tourne pas autour des mots : " J'ai longtemps accepté sur mon corps ce que je rêvais d'infliger aux autres. Des coups. Des punitions méritées. " Un fouet dans sa main va l'aider à inverser en elle le courant du désir, à vivre le sexe autrement que comme une humiliation consentie. Elle écume les quartiers chauds de Paris, puis les quartiers chics - où les dames du meilleur monde, surprises à l'heure du thé, cèdent sous la menace à ses caprices. Perversité, diront les âmes sages. Peut-être, mais c'est qu'aussi la vie - et le monde - ont été conçus par un Dieu pervers... même si nous prétendons l'inverse pour tenter de nous rassurer à bon compte. Une perversité en tout cas qui refuse le mensonge. Et qui ne va pas sans style. Depuis Marc Cholodenko, rares ont été ceux, ou celles, qui ont osé pareille mise à nu, et qui l'ont fait avec cette belle rage.
Résumé : " Quand on buvait on était plein d'amour. On en avait à foison ça débordait des veines ça giclait de partout ça faisait des fontaines de je t'aime qu'on aurait pu dire à un mur. Tout dépendait du dosage du degré d'imprégnation. Si on voulait être bien amoureux considéré comme tel crédible en somme fallait savoir s'arrêter à temps avant la débandade le tangage oui. Au début on savait après non ". Une femme de cinquante ans se penche sur son passé, sa vie amoureuse, son alcoolisme, ses échecs professionnels. Elle nous raconte ses luttes, ses espoirs pour sortir de la misère et de la solitude, pour ne pas devenir une " impersonne ", c'est-à-dire " non pas un fantôme mais un organisme inhabité du point de vue du coeur ". Sans concession, sans apitoiement sur soi-même, ce récit nous dresse le portrait d'une femme dépossédée d'elle-même par l'alcool, qui ne peut même plus dire " je ". Aux prises avec ses propres démons, elle nous renvoie impitoyablement à ceux qui nous habitent nous-mêmes. Un texte d'une rare force et d'une grande qualité littéraire.
Résumé : Micah Mortimer, la petite quarantaine routinière, coule des jours heureux dans un quartier tranquille de Baltimore. En voiture, au travail ou avec sa petite amie, il ne dévie jamais de sa route toute tracée ? jusqu'au jour où il trouve Brink Adams qui l'attend sur le pas de sa porte. Car l'adolescent fugueur en est sûr, Micah est son père biologique... Pour l'homme qui aimait ses habitudes, cette seconde chance sonne comme une malédiction.
Son père est une ombre solitaire. sa maison bruisse de silences et les murs de pierre suintent le mystère... La narratrice grandit clans une atmosphère lourde de non-dits. Pourquoi celui qu'elle appelle le Menuisier est-il si lointain? Pourquoi sa famille semble-t-elle perpétuellement en deuil? Elle aimerait poser des questions. ruais on est taiseux dans le Finistère. Livrée à ses doutes et à ses intuitions., elle écoute les murmures, rassemble les bribes. Tisse patiemment une histoire. Des années lui seront nécessaires pour percer le secret de son ascendance. mesurer l'invisible fardeau dont elle a hérité. D'une plume à la fois vibrante et pudique. Marie Le Gall décrypte l'échec d'une relation père-fille et touche au coeur.
Paru en 1978, La Fuite extraordinaire de Johannes Ott est le roman qui a rendu Drago Jancar célèbre. Devenu culte, traduit en plusieurs langues, il paraît pour la première fois en français. Un mystérieux inconnu, Johannes Ott, sème le trouble dans une communauté agitée par les hérésies religieuses et menacée par une épidémie de peste toute proche. Rapidement, on finit par se convaincre que l'homme cache quelque chose. Arrêté, torturé, il avoue une emprise démoniaque. Il réussit néanmoins à s'échapper et commence une fuite éperdue dans une Europe centrale médiévale que Drago Jancar restitue ici avec la puissance et l'invention qu'on lui connaît.4e de couverture : Paru en 1978, La Fuite extraordinaire de Johannes Ott est le roman qui a rendu Drago Jancar célèbre. Devenu culte, traduit en plusieurs langues, il paraît pour la première fois en français. Un mystérieux inconnu, Johannes Ott, sème le trouble dans une communauté agitée par les hérésies religieuses et menacée par une épidémie de peste toute proche. Rapidement, on finit par se convaincre que l'homme cache quelque chose. Arrêté, torturé, il avoue une emprise démoniaque. Il réussit néanmoins à s'échapper et commence une fuite éperdue dans une Europe centrale médiévale que Drago Jancar restitue ici avec la puissance et l'invention qu'on lui connaît.Notes Biographiques : Né le 13 avril 1948 à Maribor, en Slovénie, Drago Jan¿ar connaît la prison en 1974 comme jeune journaliste opposé au régime communiste de Yougoslavie. Devenu scénariste puis éditeur, ses premiers romans l'imposent rapidement sur la scène littéraire slovène. Aujourd'hui traduit en plus de vingt langues, il est reconnu dans le monde entier. Lauréat de nombreux prix (Prix Herder en 2003, Prix européen de littérature en 2011), c'est avec Cette nuit, je l'ai vue (Phébus, Prix du meilleur livre étranger 2014) qu'il rencontre un large public en France. Son dernier roman paru est Six mois dans la vie de Ciril (Phébus, 2016).