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Les hommes grillagés
Roffinella Martine
H&O
12,00 €
Épuisé
EAN :9782845473485
Derrière la porte grise, j'hésite à appuyer sur la sonnette. A cet endroit de la rue, le silence s'épaissit. J'ai ma sacoche d'écrivain. Mon dictionnaire. Mes feuilles blanches. Un Bescherelle pour la grammaire. Et si je repartais ? Coup d'oeil sur les immeubles d'en face. Du linge fripé flotte sur un tancarville titubant. Volets qui rouillent. Jouets fanés, jetés là comme des squelettes. Ca sent déjà la misère et le chômage longue durée. Les caméras m'examinent, je le sais. Cet oeil de verre me confronte à un malaise détestable. Un mot surgit : coupable. L'idée me cloue au bitume. M'empêche de fuir. Des clefs tintent. Lucarne. Visage en carré derrière le grillage. Deux tours à l'envers. Barre transversale. "Bonjour." L'homme est prévenu de mon arrivée. Je décline mon identité. "Ah oui, l'instituteur vous attend." J'observe la cour, les gravillons, les murs. Un peu d'herbe s'évertue à verdir, par taches arrondies. Ca sent drôle. Quelque chose de mal lavé. Ou de vaguement faisandé. Encore une clef et voilà. J'entre en prison.
En publiant en 1988 son premier roman, Elle, Martine Roffinella en avait surpris plus d'un, et peut-être choqué quelques autres : elle avait un ou deux lustres d'avance sur les m?urs et la sensibilité de l'époque, c'est tout. Elle revient ici à la fiction après dix ans de silence, sans chercher à rien tempérer. Amoureuse du bel excès, ennemie déclarée de la tiédeur bienséante, elle persiste et signe. Deux femmes s'aiment et partagent tout de l'amour, ou voudraient tout partager. L'une décide de partir, raptée par ce qu'elle imagine être un bonheur plus simple, banalement planté dans l'épaisse réalité des choses. On lui offrait jusqu'ici de symboliser en silence, dans le huis clos de la passion, l'Amour majuscule. On lui tend à présent ce cadeau imprévu : l'autorisation de sortir de soi. Il arrive qu'un leurre en cache un autre... L'abandonnée n'a de réponse à cela que celle des âmes excessives autant mourir. Elle mourra donc, à sa façon : en se dépouillant des oripeaux d'un désir prisonnier des miroirs, un désir qui la détournait elle aussi d'être ; en se lançant avec rage à la poursuite des mots qui diront cette mort - ou cette naissance, comme on voudra.
Nina, la "dominante", ne veut pas seulement séduire Doris - qui ignore encore quelle sera tout à l'heure la "dominée". De leur rencontre érotique,Martine Roffinella ne dissimule rien: aucun geste, aucune parole, aucun fantasme - car les fantasmes, ces trésors par excellence cachés, inavoués, ne demandent à l'heure de l'amour qu'à être anis dans la lumière la plus crue, à se dire et à se montrer. Partage de l'inavouable. Conçu comme une lente montée vers le plaisir, Unes voudrait rappeler- Martine Roffinella y tient, quitte à choquer la bonne conscience féministe de ses soeurs - que l'acte d'amour entre deux femmes ne se différencie en rien de celui qui lie à l'ordinaire un homme et une femme. Et que la "petite mort" n'est pas le privilège des garçons. Biographie de l'auteur Martine Roffinella: "Depuis son premier roman (Elle, 1988), elle explore avec une même âpreté, une même tension poétique, la part obscure de passions violentes." Christine Rousseau/Le Monde
Alliant concision et intensité, ce court roman réunit et éclaire sous un même faisceau deux sujets de société : l?univers trouble des sites de rencontres et l?action trop méconnue des pervers narcissiques qui s?y épanouissent. Candeur ou vanité, la quête de "l?Ame soeur" n?est peut-être pour la narratrice qu?un prétexte pour exposer aux regards de "La Foule" son meilleur "Profil". Mais dans cette moderne jungle d?images et de paroles, le coeur tendre offert en pâture aux convoitises trouvera toujours le carnassier le mieux à même de le dépecer. Saura-t-on s?extraire de l?emprise et recoller les morceaux ? De la passion à la solitude, il n?y a souvent qu?un pas. Ces deux états ici se chevauchent puis finissent par se confondre en ce "lieu désert" qui se révèle douloureusement derrière le fourmillement de La Toile. La plus intransigeante introspection s?allie aux observations les plus clairvoyantes et souvent les plus décapantes sur l?instabilité de nos fondations intellectuelles et affectives.
L'auteur d'Elle a toujours refusé de caresser son public dans le sens du poil. Les nouvelles ici rassemblées (au nombre de dix) tirent le portrait d'un monde - le nôtre - qu'on aurait bien envie de gifler. Martine Roffinella le fait pour nous, et sans trop retenir sa main. Combien de fois n'avons-nous pas ragé face à l'heureuse tranquillité de la bêtise officielle, aux feintes indignations d'une moralité qui suit le cours des modes, au sentimentalisme béat dont l'époque si bien se repaît ? Une rage que trop souvent nous gardons pour nous, faute d'interlocuteurs avec qui la partager de confiance. Et voici qu'une main secourable ose ici souffleter à notre place toutes ces joues, toutes ces fesses respectables, en s'en prenant avec une prédilection gourmande aux valeurs que notre drôle de société tient pour les plus sacrées : les bébés, les vieillards, la réussite, la mort et ses pompes, la " commisération "... Martine Roffinella crache joliment (c'est-à-dire méchamment) dans la soupe. Le regretté Topor, veut-on croire, aurait aimé celle petite s?ur indigne qui ne respecte pas les mêmes dieux que ses voisins, et ne le leur envoie pas dire.
Larry Poppers, jeune sorcier de 18 ans, vient d'achever sa scolarité au très huppé collège anglais de Mouldard. Grâce à une bourse Nostradamus, il débarque en France pour passer une année à la Sorbonne de la Magie. Mais Larry est un mauvais sujet, plus intéressé par le vol acrobatique en balai, l'escrime magique et les beaux garçons que par les grimoires; il ne lui faudra pas longtemps pour se plonger dans les plaisirs qu'offre la capitale. Il est également l'héritier d'une fabuleuse fortune. Ses deux pères ont en effet inventé un aphrodisiaque surpuissant dont a été tirée une version atténuée à destination des morlenoeuds - ces humains privés de tout pouvoir magique -, le poppers. Tandis que le gouvernement français vient de frapper ce produit d'interdit et que Larry doit, selon le testament de ses pères, vaincre une créature maléfique afin d'entrer en possession de ses royalties, une lutte sans merci s'engage entre le jeune sorcier et les forces du Mal... Biographie de l'auteur Né à Llvwelyn au Pays de Galles, Allan Stephen Steelcock a fait des études d'anthropologie au terme desquelles il a soutenu une thèse remarquée sur Homosexualité et pratiques magiques dans le comté de Gwynedd. Directeur de l'Institut des sciences magiques et occultes de l'Université libre de Monte-Braco, docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde, il publie de nombreux ouvrages savants, dont l'incontournable Philtres d'amour, aphrodisiaques et sorcellerie érotique en Europe du Moyen-Age à nos jours. Avec Larry Poppers, enfin traduit en français, il "a choisi pour la première fois le roman afin de faire partager au plus grand nombre, sous une forme légère et divertissante, ses immenses connaissances: le pari est totalement réussi!" (The Observer of Aberystwyth).
Roland avait fait la connaissance de Geoffroy en répondant tout bonnement à une annonce parue dans un magazine sadomasochiste. Il s'était payé, comme par lubie, un aller retour à Muxandor pour rencontrer un inconnu avec qui il n'avait échangé, en tout et pour tout, que deux lettres, une photo et un coup de fil au cours duquel ils s'étaient fixés rendez-vous. Il me confia qu'il avait trouvé là-bas un véritable maître, dominateur et charismatique. Connaissant mon besoin de soumission, Roland me poussait à présent à rencontrer ce Geoffroy et à faire, à mon tour, le voyage à Muxandor.
Alors que le Louvre vient d'acquérir le mythique trésor d'orfèvrerie hellénistique appelé l'Or d'Alexandre, la restauration d'un tableau de Nicolas Poussin révèle que plusieurs toiles récemment prêtées à des établissements étrangers ont réintégré les réserves du musée sous la forme de copies d'une exceptionnelle qualité. Le scandale est énorme; il s'amplifie encore lorsque les policiers arrêtent une conservatrice du département des peintures. Dans le même temps, au cours d'un colloque à la Sorbonne, Athina Poulakas, spécialiste de la Grèce antique, est assassinée d'un coup de javelot. D'autres meurtres à la mise en scène étrange suivront: sont-ils liés, comme le croit la police, à un jeu virtuel qui aurait dérapé? Ou bien s'agit-il de règlements de comptes entre mandarins qu'opposent d'implacables rivalités de pouvoir? L'enquête que mènent Stéphane et Philippe, deux amis d'Athina, les conduira d'un bourg perdu de Grèce centrale jusqu'à un monastère franciscain de Croatie. Ils y feront de troublantes découvertes sur l'Or d'Alexandre et sur un autre trésor maudit: celui des toiles spoliées par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Mais seront-ils en mesure de faire éclater la vérité quand les puissances qui se sont enrichies de ces trafics ont tout intérêt à les faire taire? Biographie de l'auteur Archéologue de formation, Olivier Delorme a travaillé au Louvre et enseigne l'histoire contemporaine à Sciences po. Il a déjà publié Les Ombres du levant (Critérion, 1996), Le Plongeon (H&O, 2002) et Le Château du silence (H&O, 2003). Après La Quatrième Révélation (H&O, 2005), "thriller total et provocant qui doit autant à James Ellroy qu'à Alexandre Dumas" (Les Echos), L'Or d'Alexandre nous entraîne dans une intrigue où l'émotion et l'ironie se mêlent pour construire un suspense aux ramifications politiques bien actuelles.