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Mon livre de chevet empoisonné
Rochat Jean-Pierre
CHAMBRE ECHOS
12,00 €
Épuisé
EAN :9782913904330
Chansons d'amour, hymnes à la joie, paroles de dérision face à la vie, à la mort, parcourent ces textes écrits avant que le coq chante. Les femmes, les bêtes, Dieu, font partie de ce voyage lyrique et désabusé. Après Berger sans étoiles, Hécatombe nouvelles bucoliques et Sous les draps du lac, ce Livre de chevet reprend, mine de rien, une parole aussi caustique, et juste un peu plus grave. Un amour platonique, le mot est revenu avec le premier étage, plat et tonique, plat du corps et tonique de la tête. Une giclée de son parfum puis elle s'en va. Elle est là dans ce que tu gardes, ses fleurs bleues, son jus d'orange pendant que tu pressais ses citrons frais. J'avais un endroit poétique, situé dans sa petite ville à l'heure de la canicule. L'endroit était tellement érotique que le platonique avait mal aux dents.
Un jour d?été, un écrivain paysan du Jura bernois quitte sa montagne, ses terres et ses bêtes pour s?aventurer le temps d?une soirée et d?une nuit dans un autre monde à l?occasion d?une manifestation littéraire dans une station de villégiature des Alpes valaisannes. Là il arrive, avec sa barbe foisonnante, sa vigueur terrienne et son regard caustique, chargé d?une histoire dont il va, comme les autres auteurs invités, offrir au fil des heures quelques aperçus détonants. A la lueur d?une lune perplexe se confrontent entre la scène et le public des mondes totalement hétérogènes. La joute apparaît périlleuse. Chez lui, chèvres et vaches attendent son retour, narquoises, sceptiques quant au bien-fondé de l?entreprise.
Résumé : Bystrov arrive en Afghanistan en 1983, où la guerre avec l'URSS fait rage, alors qu'il a 19 ans. Fait prisonnier par les moudjahidines, persuadé qu'il va mourir, il gagnera la confiance du commandant Massoud jusqu'à devenir son garde du corps. Il repartira en 1995 en Russie, mais s'en voudra toujours d'avoir abandonné Massoud, victime d'un attentat à la veille des attentats du 11 septembre.
Résumé : Décapante peinture de la Suisse profonde, contemplée par un berger qui descend parfois de sa montagne et ricane. Il décrit alors simplement, lucidement, comiquement ce qu'il a vu. De Trouchca, le réfugié à queue de bouc, à Barnabé, Firmin, Oscar, et l'abominable oncle Albeure, transhument des personnages hilarants. Les enfants puent, les animaux crèvent, le racisme ordinaire devient extraordinaire et même Dieu délire enfin. De grandes vagues de tendresse tempèrent la férocité de ce tableau, où les marginaux sont frères : lorsqu'ils se frôlent, ils se réchauffent quelques instants... De mouton bêlant on peut alors devenir amoureux, mais loup : Faites-vous couper les oreilles en pointe, limer les canines en pointe, abandonnez votre regard niais et servile pour un oeil farouche et nerveux, dressez la queue.
Un jeune paysan au printemps de sa vie plante son décor sur une terrasse de 50 hectares de prés et de pâturages, "une terrasse sur le plateau suisse la vue à l'infini, jusqu'à la mer si les Alpes n'étaient pas venues se planter devant". Il y savoure son monde d'herbes, de forêts, de chiens, de chèvres, élève pouliches et poulains et mène un dialogue quotidien avec ses chevaux. Au fil des saisons, il vit la neige éblouissante l'hiver, la sécheresse l'été, affronte les jalousies, le travail dans la montagne et l'amour indomptable. L'idée c'était les premiers soleils de l'année nouvelle sur la neige. Des soleils qui inversaient la peur d'être foutu. La descente de l'hiver, dans le trou de la nuit hivernale, tu touches le fond et d'un coup tu remontes expulsé en pleine ébullition de rayons, ce contraste, entre le long tuyau obscur et le jaillissement éclatant. Ces oasis d'été en plein hiver, comme des mirages aussitôt submergés par des courants glacés. Assoiffés de lumière.
Le joueur est une joueuse, une petite fille rêveuse qui grandit dans les faubourgs de petites villes du Nord, où le retour de l'école le soir par des rues mal éclairées est un trajet périlleux. A travers les peurs et les jeux, et la marque indélébile d'un quotidien aride intensément évoqués, la simplicité des faits devient une épopée du bonheur familial.
Nantes, la ville, sa forme ou le sentiment qu'elle en donne... Une citadine familière des lieux nous incite à glisser notre main sur ce tuffeau des murs, " Une tendresse nous vient pour cette pierre de fleuve dont est bâtie la ville ", à capter dans Les Anneaux de Buren sa matière fluide, vents et remous de marée. Au fil de sa rêverie, la passante dérive, de " la Fabrique des sourds où l'on martelait les tôles de la dure nécessité " aux vestiges du passé négrier ou à la beauté du pont Eric Tabarly, " superbement libre comme la mer ". Dans ce décor vibrant de présences, instants de ville, impressions d'hier et d'aujourd'hui se mêlent. Un poème de Cocteau, un tableau du port par William Turner, un air de musicien des rues, une gravure de Rodolphe Bresdin, un air de Bashung dans une friche industrielle. Point n'est besoin d'être nantais pour entrer dans ce rêve d'une ville.
Consignant ses observations sur une vingtaine d'années entre les deux guerres, l'auteur empli d'attention et de bienveillance cultive ses ruches avec amour, tant pour le miel qu'elles lui donnent que pour la connaissance du sujet qu'il en rapporte, et le plaisir de nous le faire partager. Une bonne dose anthropomorphisme fait du récit un délicieux mélange de sagesse paysanne et d'observation érudite.
Deux enfants, deux "petites" peu pressées de grandir, saisies sur quelques saisons de sursis, "à l'abri des fracas du monde". On avance dans le récit comme dans un tableau de Chardin ou de Sisley : tout à la fois conte d'enfance composé par touches successives impressionnistes et journal d'adulte penché sur des scènes encore imprégnées de secret et dont les résonances évoquent Delvaux. Entrent en scène le jardin, la maison et ses dépendances, l'intendant et la grand-mère, les petites filles, le chien, les mères. Une évocation intemporelle de charmes mystérieux, un regard d'enfant implacable. "Les petites se perdaient parfois entre les choses qui font du bien et celles qui font du mal. De temps en temps elles se persiflaient des insultes au visage, l'oeil luisant. Elles se frappaient sur le bout des doigts pour se souvenir qu'elles étaient réveillées, dans le monde silencieux des verrières aux nervures de cuivre, dans la cabane sous le platane, dans la maison derrière le portail vert."