Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Morts et transfigurations de la philosophie chez Marx
Robelin Jean
KIME
24,99 €
Épuisé
EAN :9782380720914
Il n'y a pas chez Marx une définition ni une pratique de la philosophie, mais des définitions et des pratiques qui se chevauchent et se recouvrent. Il en revendique tour à tour la réalisation par son lien avec le mouvement révolutionnaire, son devenir monde, sa suppression, son érection en théorie de la connaissance historique, en réflexion critique de l'histoire et du pouvoir. Ces oscillations sont politiques. Elles se cristallisent dans la figure du communisme. En croyant promouvoir une raison transparente incarnant le début d'une histoire humaine enfin fondée sur la libre association, il façonne une figure de la rationalité comme pouvoir, à laquelle s'oppose une raison limitée, auto-rectificatrice, puissance politique qui en incarne à l'inverse le dépérissement. C'est dans cet espace que se joue l'inachèvement de sa pensée.
Les théories néo-classiques qui fondent l'analyse néo-libérale de l'économie, ont essuyé des critiques au vitriol. Les économistes sont aujourd'hui profondément divisés. L'expertise économique a été éreintée pour sa gestion de la crise de 2008. Pourtant ces diatribes n'ont en rien ébranlé la croyance dominante dans le caractère scientifique de la discipline. C'est qu'elle déploie un effet de scientificité, reposant sur sa mathématisation, sur l'effet de transparence qui en découle, et sur le caractère infalsifiable de la modélisation économique, qui écarte les démentis infligés par la pratique. Pour mesurer le prix payé par la discipline, il convient de revenir à ses fondements, d'en mesurer l'incohérence et l'ininterprétabilité. On s'apercevra que la calculabilité économique repose sur le mythe d'une transparence informative impossible, sur un modèle de rationalité introuvable, excluant toute critique de son pouvoir, dangereux facteur de crise. En tentant de se constituer en science sur le modèle de la physique, l'économie néo-classique finit par renoncer à la vérité et par fonder une mythologie reposant sur la coupure des modèles et des récits.
Résumé : A tous les technophobes, à tous les imprécateurs pour qui l'habileté doit courber le front devant un ordre immuable, ce livre réplique qu'il y a bien comme le voulait Protagoras, une sagesse de l'art. Loin d'être agression de l'étant, triomphe délirant d'un moyen s'érigeant en finalité, la technique est la possibilisation des choses. Mais cette possibilisation ne définit pas une rationalité technique : celle-ci est sociale, politique, se jouant dans des usages investis par les rapports sociaux et la division du travail. Si par cette technologie sociale les hommes sont la " mesure de toute chose ", elle est d'abord leur propre mesure. A travers les luttes sociales, cette technologie fait émerger de nouvelles possibilités de liberté, ancrées dans le travail lui-même, impliquant une extension sans précédent de la démocratie et renouvelant peut-être la définition des mouvements sociaux et les formes de la politique.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?