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Manuel de contre-économie philosophique
Robelin Jean
KIME
27,00 €
Épuisé
EAN :9782841748785
Les théories néo-classiques qui fondent l'analyse néo-libérale de l'économie, ont essuyé des critiques au vitriol. Les économistes sont aujourd'hui profondément divisés. L'expertise économique a été éreintée pour sa gestion de la crise de 2008. Pourtant ces diatribes n'ont en rien ébranlé la croyance dominante dans le caractère scientifique de la discipline. C'est qu'elle déploie un effet de scientificité, reposant sur sa mathématisation, sur l'effet de transparence qui en découle, et sur le caractère infalsifiable de la modélisation économique, qui écarte les démentis infligés par la pratique. Pour mesurer le prix payé par la discipline, il convient de revenir à ses fondements, d'en mesurer l'incohérence et l'ininterprétabilité. On s'apercevra que la calculabilité économique repose sur le mythe d'une transparence informative impossible, sur un modèle de rationalité introuvable, excluant toute critique de son pouvoir, dangereux facteur de crise. En tentant de se constituer en science sur le modèle de la physique, l'économie néo-classique finit par renoncer à la vérité et par fonder une mythologie reposant sur la coupure des modèles et des récits.
Il n'y a pas chez Marx une définition ni une pratique de la philosophie, mais des définitions et des pratiques qui se chevauchent et se recouvrent. Il en revendique tour à tour la réalisation par son lien avec le mouvement révolutionnaire, son devenir monde, sa suppression, son érection en théorie de la connaissance historique, en réflexion critique de l'histoire et du pouvoir. Ces oscillations sont politiques. Elles se cristallisent dans la figure du communisme. En croyant promouvoir une raison transparente incarnant le début d'une histoire humaine enfin fondée sur la libre association, il façonne une figure de la rationalité comme pouvoir, à laquelle s'oppose une raison limitée, auto-rectificatrice, puissance politique qui en incarne à l'inverse le dépérissement. C'est dans cet espace que se joue l'inachèvement de sa pensée.
Résumé : A tous les technophobes, à tous les imprécateurs pour qui l'habileté doit courber le front devant un ordre immuable, ce livre réplique qu'il y a bien comme le voulait Protagoras, une sagesse de l'art. Loin d'être agression de l'étant, triomphe délirant d'un moyen s'érigeant en finalité, la technique est la possibilisation des choses. Mais cette possibilisation ne définit pas une rationalité technique : celle-ci est sociale, politique, se jouant dans des usages investis par les rapports sociaux et la division du travail. Si par cette technologie sociale les hommes sont la " mesure de toute chose ", elle est d'abord leur propre mesure. A travers les luttes sociales, cette technologie fait émerger de nouvelles possibilités de liberté, ancrées dans le travail lui-même, impliquant une extension sans précédent de la démocratie et renouvelant peut-être la définition des mouvements sociaux et les formes de la politique.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.