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Gracchus Babeuf, Robespierre et les tyrans. Suivi de Du système de dépopulation ou la vie et les cri
Riviale Philippe ; Babeuf Gracchus
L'HARMATTAN
35,50 €
Épuisé
EAN :9782296542044
Babeuf, pendant l'épisode qui suivit la chute de Robespierre, écrivit contre les tyrans, ironisa contre les Jacobins et maudit le système de gouvernement révolutionnaire. Il est d'usage, de nos jours, après que nos penseurs patentés nous ont détrompés et débarrassés des vieilles croyances sous le nom d'idéologies; qu'ils ont rejeté Michelet dans la mythologie et Marx dans la fureur communiste, de voir en Robespierre l'odieux tyran, qui jeta la Révolution dans la Terreur. Cette préfigure du régime totalitaire se lit fort aisément lorsqu'on a recours aux écrits, discours, journaux, mémoires du temps thermidorien où nos penseurs se trouvent en terre amie. Or il advient que Gracchus Babeuf, traîné dans la boue par les gens de bien, est lui-même utilisé pour conforter cette figure du tyran abattu par les Justes. C'est un peu trop pousser le délire, ou l'usurpation; car ce on-dit est fondé sur l'ignorance et l'usage fallacieux des sources, le détournement du sens sous l'écrasante idéologie de la liberté normale, de la société apaisée, du progrès de civilisation, bref de tout ce qu'il nous est recommandé de croire, sous peine d'être trouvé antidémocrate. Qu'a montré Babeuf? Que la révolution en thermidor an 2 est loin d'être achevée; que les riches, les ambitieux, les intrigants y ont prévalu depuis 1789; que la République est à fonder, qu'on est toujours en travail de liberté; que les crimes commis, loin d'être dus aux excès des furieux et à l'ambition du pire d'entre eux, résultent de la désappropriation du peuple souverain, de l'usurpation par ses mandataires, qui se sont emparés du pouvoir, en lieu et place de l'autorité légitime. Et celle-ci ne peut être trouvée que dans l'état social, après que l'accaparement, l'ambition, le désir de puissance auront été abolis. C'est pourquoi le gouvernement révolutionnaire, mis entre les mains d'imposteurs, populaires en paroles, brigands en actes, a provoqué cette tyrannie dont l'humanité fut atteinte. Cet ouvrage sera suivi d'un second, Le procès de Gracchus Babeuf devant la Haute Cour de Vendôme, ou la vertu coupable, du même auteur, dans la même collection.
Les Modernes se définissent par l'assomption de l'individu. Celui-ci, supposé rationnel en finalité et en moyens, a en lui l'attribut de propriété avant toute élaboration du droit. Aussi suit-il ses intérêts. C'est le sentiment religieux de l'athée. Les Modernes ne font pas du radicalement neuf : ils raniment la tradition gnostique : le monde créé est mauvais et le salut est d'y échapper. L'individu moderne se déclare innocent de la misère, du sang versé et des oppressions subies ; il ne fait qu'agir selon une aspiration à exister librement en privé. Au-delà sont les ténèbres, et leurs franges nous sont données à voir sous les espèces monstrueuses de l'univers totalitaire qui résulte de la licence donnée à la mauvaise nature tapie en chacun de nous. Les gnostiques sont aux deux limites du matérialiste imaginaire : les uns disent savoir le mal latent et s'en prémunissent par l'abstention : pas de métaphysique de la recherche du Bien ; pas de mystique de la pureté ; pas d'utopie du bonheur. Ce furent d'abord les bourgeois, dessillés, désassombris par un entendement bien tempéré, rejetant au Ciel leurs résidus, comme au trou de mémoire. Ils sont aujourd'hui la société même. Tous et chacun savent qu'il n'y a rien de bon à s'aventurer dans les pensées totalisantes : à se livrer aux démons de la reconstruction du monde à partir du néant. Les autres gnostiques sont ceux qui ont succombé aux imaginaires délirants de l'homme puissant, et ont produit du monstrueux qui mène au néant. Où est, dans cette triste perspective, l'homme vivant , celui qui éprouve en lui l'appel de l'être, qu'il ne sait formuler en mots ni traduire en actes, mais dont il pressent l'urgence ? Celui qui ne peut croire que cette existence sinistre équivaille à la vie ? Chez qui s'impose le désir de découvrir l'autre, par là soi-même, de se mettre en rapport, de faire entrer le monde en lui ? Ni religieux ni mystique ni matérialiste, débarrassé de l'abstrait conceptuel.
Les prophètes de la Tora, du moins les prophètes scripturaires, Amos, Osée, Michée, Isaïe, Ezéchiel, Jérémie, entendent une parole qu'ils transmettent aux leurs, peuple de Dieu. Ils disent que ce peuple a reçu une promesse, Canaan, et contracté une obligation, le désert. Un lieu double, celui de l'épanouissement et celui de l'appel de l'humain mis à l'épreuve. Si la parole juive est inscrite dans l'âme de ceux qui s'en réclament, comme une parole de filiation, un perpétuel commentaire vivant du dialogue, elle est une sauvegarde à laquelle n'ont pas accès les solitaires, les isolés du monde moderne. Elle est un " lieu hébraïque ", un lieu de présence vivante de la judéité. Mais si ce lieu n'est pas habité ? Eh bien, il en est de même, dirai-je, de ce lieu non moins vivant, d'où j'entends m'exprimer. C'est le lieu de l'aspiration à l'humain en nous, dont les locuteurs sont vivants : Fichte le philosophe, Gracchus Babeuf, son contemporain, le scandaleux prophète de l'impatience du bonheur, Simone Weil tant haïe par ceux qui l'ont rejetée parce qu'elle s'était voulue seule et non héritière. Ceux-là prophétisèrent hors de toute Alliance ; leur parole ne fut pas recueillie mais occultée, calomniée, moquée. D'Elie et d'Amos, André Neher dit : " en tous lieux où se fixe momentanément leur existence étrange, ils sont étrangers. " Et ce n'est pas là un orgueilleux dédain, car ils appartiennent par leur vie intérieure au peuple qui ne les écoute pas. On parle de l'originalité universelle du fait juif : c'est parce que l'appréhension juive du monde me paraît en effet universelle que j'y trouve la trace - une trace vivace dans le temps, vigoureuse dans ses refus - de la parole absolue de l'humain qui cherche à percer en nous.
Comment la Révolution, commencée en 1789 par un acte d'abolition de la tyrannie et le serment de donner à la France une constitution, en arriva-t-elle à dégénérer, à produire une nouvelle aristocratie, à faire rentrer dans sa misère le peuple souverain ? Les débats d'idées tiennent une grande place dans les lectures de cette Révolution ; les effets émergents, les projets avortés de la raison constructiviste, les excès en tous genres et, bien sûr, la tyrannie de Robespierre sont au coeur de la lecture canonique depuis la révolution furétienne. Oublions ces sottises et cherchons dans les documents, les écrits, les discours ; dans les principes mis en avant et les pratiques qui les contredirent ; dans les mensonges des démagogues, les erreurs d'honnêtes incompétences ; dans les promesses impossibles à tenir, d'honorer toutes les dettes de l'Ancien Régime, de racheter tous les offices et revenus obtenus jadis par faveur et à peu de frais ; dans l'impérieuse nécessité de fonder un moyen de paiement, un organisme central de comptabilité, là où les comités locaux suppléèrent sans méthode aux caissiers à façon aux comptes invérifiables, aux épices et tours de passe-passe ; dans l'affrontement d'hommes intègres, qui ne se comprirent pas (Robespierre et Cambon) ; dans l'opposition entre initiative du peuple et mise en place d'un système monétaire et financier ; tout cela combattu, dans le silence des affaires d'abord, puis, après Thermidor, dans la revendication de la liberté d'entreprendre, de commercer, de faire de la finance à compte privé. La Révolution, qu'on a dite perdue par l'irruption du peuple sur la scène publique, fut gangrenée par tous ceux qui n'y virent et n'y trouvèrent que moyens de fortune. Et c'est encore au nom de la Nation, de la Patrie, de l'unité même, que la monnaie, après Thermidor, fut dégradée, puis liquidée ; les finances laissées dans le désordre d'agents infidèles, couverts ou dénoncés par des dirigeants corrompus. Désordre bénin ; la guerre de conquête devait tout régler. Alors vint le nouveau despote.
Heidegger annonce, en 1927, que l'impropriété de toute existence effective, celle de la présence dans le monde, devrait toujours être reconnue comme la vérité de l'être de l'étant, cet être-dans-le-monde, cela qui y est jeté sans raison, sans raison transcendante s'entend. Parce qu'il est jeté dans le monde, et qu'est-ce que le monde? il s'interroge nécessairement sur la signification de sa présence. Cette interrogation est l'illusion transcendantale selon laquelle il se persuade qu'il est en lui d'appréhender l'absolu de l'être dont il participe. Voilà ce dont la phénoménologie analytique de Sein und Zeit entend débarrasser l'homme. Aussi s'agit-il de révéler ce que l'appropriation de l'impropriété de son existence, par l'être du monde séculier, dévoile: une appréhension, l'angoisse propre à l'existence de la présence inaboutie, qui se méconnaît et ignore son temps propre. Aussi Sein und Zeit est-il écrit sur le mode du sollen: ce qui doit être. Car cette présence est d'une façon obligée; elle est préoccupée, reçoit d'avance ce qui l'occupe; elle est de toute apparence fallacieuse; elle est passagère et par cette raison même destructrice de toute valeur, si la valeur est l'absolu, sans prédicat: ce qui vaut. La pensée contemporaine découle de cette tristesse: il n'y a rien d'autre à chercher. Ce il, qui précède le nous, est cependant l'imposture de notre civilisation.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.