Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Georges Albertini 1911-1983. Socialiste, collaborateur, gaulliste
Rigoulot Pierre
PERRIN
24,50 €
Épuisé
EAN :9782262034733
Extrait de l'introductionDe rares ouvrages ont été consacrés à Georges Albertini. Il méritait mieux. Non que sa vie politique appelât les honneurs et les hommages, mais sa carrière présente beaucoup d'intérêt, ne serait-ce que par sa diversité et par les noms et les titres de ceux qu'il a côtoyés.Diversité? C'est le moins qu'on puisse dire. Le parcours politique de Georges Albertini a même de quoi surprendre. Socialiste et pacifiste, un des animateurs de la Fédération de la SFIO et de l'Union départementale CGT dans l'Aube de 1936 à 1939, Georges Albertini approuve l'armistice de juin 1940 et les pleins pouvoirs accordés au maréchal Pétain, puis adhère au Rassemblement national populaire de Marcel Déat, un des principaux partis collaborationnistes. Anticommuniste, antimaçon et antisémite, il souhaite passionnément la victoire de l'Allemagne nazie.Le cas Albertini permet ainsi de se pencher sur ces hommes de gauche qui choisirent la Collaboration, et de s'interroger sur leurs motivations personnelles comme sur leurs justifications idéologiques.Mais ce ne sont pas les seules facettes du personnage. Sa vie politique et même sa vie tout court auraient pu s'arrêter à la Libération. Or, il n'écope que de cinq ans de travaux forcés quand d'autres, moins engagés que lui, sont fusillés. Il reprend du service dès 1949, après que le président de la République, Vincent Auriol, l'a fait bénéficier d'une remise de peine, aux côtés de la SFIO de Guy Mollet et de Pierre Commin, le numéro 2 du parti, dont il est un intime.Soutenu financièrement par une partie du patronat français et surtout par les services secrets américains, Albertini applaudit ensuite au recours à de Gaulle en 1958 et fréquente désormais les allées de la Ve République, auprès de Marie-France Garaud et de Pierre Juillet, de Georges Pompidou et de Jacques Chirac. Ami de Roger Frey et de Jacques Baumel, il est resté constamment dans la hantise d'un nouveau Front populaire qui permettrait aux communistes de submerger François Mitterrand. Il s'en ouvrira d'ailleurs à Jean-Baptiste Doumeng, celui qu'on appelait, non sans facilité, «le milliardaire rouge», dont il espérait la protection, «au cas où». Il meurt en 1983.Malgré ce trajet en apparence chaotique, Albertini pensait suivre une voie cohérente, celle d'un socialisme autoritaire, national et anticommuniste. Sans doute, cela n'alla pas sans aveuglement et sans indifférence de sa part aux horreurs que nous connaissons tous et qu'il voulut ignorer. Et l'on pourrait aussi penser que le gaullisme qu'il appuyait n'était pas la voie la meilleure pour faire triompher le «socialisme».La manière qu'avait Georges Albertini de justifier ses relations, ses efforts et ses intrigues dans les sphères gouvernementales les plus diverses par le choix d'une «politique de présence», pour reprendre avec lui l'expression de Léon Jouhaux, suscite aussi bien des questions. Et si ce qui l'attirait, au moins autant que l'usage qu'il pouvait en faire, ce n'était pas justement le pouvoir lui-même, en tout cas sa proximité (car il resta toujours, comme on l'a souligné à satiété, un «homme de l'ombre»)? Pourtant, cette passion du pouvoir, de ses plaisirs et de ses illusions démiurgiques, Georges Albertini l'a mise au service d'un objectif qui, d'une certaine façon, la transcendait: la lutte contre le communisme. C'est ce qui explique le crédit dont il bénéficia dès 1949-1950 auprès du patronat français et de la CIA. C'est ce qui explique aussi que Boris Souvarine, expert en communisme et dénonciateur infatigable de l'Union soviétique, se lia étroitement avec lui.
Pierre Rigoulot, 58 ans, est rédacteur en chef des "Cahiers d?Histoire Sociale", consacrée à l?histoire du communisme, du socialisme et du syndicalisme. Il a publié Des Français au Goulag (Fayard), Le siècle des camps (Lattès, avec Joël Kotek), participé au Livre noir du communisme (Laffont), et recueilli le témoignage du transfuge Kang Chol-hwan dans Les Aquariums de Pyong Yang (Laffont). C?est un des spécialistes de la Corée du Nord. A moins de 50 km des stades de la dernière coupe du monde de football, la Corée du Nord reste un point noir de la planète. Le régime de Pyong Yang, adepte d?un communisme stalinien de la pire espèce et pratiquant un culte de la personnalité délirant, maintient une population de 22 millions d?habitants dans une situation d?oppression et de disette à peine imaginable. Sous la férule de l?impénétrable Kim Jong Il, le « royaume ermite » survit paradoxalement grâce à l?aide internationale, mais aussi à divers trafics et ventes d?armes. Il a encouragé le terrorisme, et l?on ignore l?étendue de son arsenal biologique, chimique et peut-être nucléaire. Revenant sur l?histoire de la République populaire de Corée, décrivant les ressorts du pouvoirs, mais aussi la vie quotidienne des Nords-Coréens, Pierre Rigoulot fait ici le portrait d?un des fleurons du « club fermé » des Etats-voyous.
Résumé : On entend tout et son contraire : que les États-Unis sont un pays sans culture et que cette culture nous envahit ; qu'ils sont puritains et asservis aux intérêts matériels ; isolationnistes et impérialistes... Non seulement ces accusations sont incohérentes et caricaturales, mais elles se nourrissent depuis des décennies des mêmes préjugés rétrogrades. Peu importent les faits et leur analyse dans le discours antiaméricain : en temps de guerre comme en temps de paix, l'ennemi, ce sont les États-Unis. Derrière cette prédisposition passionnelle à l'hostilité, montre Pierre Rigoulot, il y a une crise d'identité de la France. Cultiver le ressentiment aveugle à l'égard de la première puissance mondiale est plus simple en effet que de considérer sa propre situation. Et plus risible aussi... Avec un humour féroce, Pierre Rigoulot traque le mensonge et le ridicule dans les thématiques récurrentes de l'antiaméricanisme, ce prêt-à-penser unique en son genre puisque, de l'extrême gauche à l'extrême droite, il réussit à faire l'unanimité. C'est dire !
Résumé : La Corée du Nord est l'un des derniers régimes communistes de la planète. Peu de chose transpire de ce pays opaque, si ce n'est que la population - 21 millions d'habitants - y vit dans une situation d'oppression et de disette permanentes... Pierre Rigoulot, l'un des meilleurs connaisseurs de ce pays, fait le point sur ce fleuron du " club fermé " des Etats voyous. Il revient sur l'histoire, dénonce les structures répressives en place, et met en lumière les pratiques plus que douteuses de Pyongyang - trafics divers, ventes d'armes, soutien au terrorisme international... - qui survit paradoxalement grâce à une aide internationale massive. Dernièrement, après des gestes d'ouverture spectaculaires à la fin de l'été 2002 en direction de Séoul, Kim Jong II, le leader nord-coréen, a reconnu l'enlèvement de citoyens japonais par ses agents et l'existence d'un programme clandestin d'armement nucléaire. Le livre de Pierre Rigoulot aide à comprendre ce qu'il en est du " royaume ermite " et à ne pas oublier le drame que vivent les Nord-Coréens.
Résumé : "Messager de paix, artisan d'union, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la glorification de saint Benoît, abbé" : ainsi le pape Paul VI débute-t-il son bref par lequel, en octobre 1964, il proclame ce dernier "patron principal de toute l'Europe". De Benoît de Nursie, pourtant, né vers 480 en Italie centrale, souvent représenté vêtu d'une coule noire, tenant dans une main une crosse abbatiale et dans l'autre un livre, celui de la Règle dite "de saint Benoît", nous ne savons que peu de choses. Si depuis le VIe siècle des centaines de milliers d'hommes et de femmes, moines et moniales, ont vécu et vivent encore en suivant les principes émis dans ce texte qu'il a rédigé pour guider ses disciples dans la vie monastique communautaire, s'il a réformé le monachisme occidental et fondé plusieurs monastères bénédictins dont celui du Mont-Cassin, ce personnage clé du christianisme occidental demeure une figure mal connue. Odon Hurel , puisant aux meilleures sources et démêlant mythes et réalités, retrace l'histoire de cet homme couramment qualifié de "patriarche des moines d'Occident" et s'attache avec brio à cerner l'originalité de sa Règle et du modèle bénédictin.
Avec 1915, l'enlisement, second volume de sa série consacrée à la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour continue de retracer au plus près le quotidien des Français durant ces quatre années de malheur. Alternant les points de vue d'en haut et d'en bas, s'attachant aux rumeurs comme aux faits établis, au ressenti aussi bien qu'au vécu, l'auteur nous livre un récit haletant. En 1915, le conflit entre dans une phase particulièrement meurtrière, marquée par des offensives aussi terribles qu'inutiles, rendues plus cruelles encore depuis l'usage des gaz asphyxiants. La guerre est partout: à Londres ou à Paris, sous les bombardements des zeppelins, sur la mer, en Afrique et au Moyen-Orient où les Turcs ont lancé le djihad contre les Alliés, au nom du panislamisme, tout en se livrant au génocide des Arméniens... Tandis que les Allemands étrillent la Russie et écrasent la Serbie, les Alliés enchaînent les échecs. Sourd aux critiques, le général Joffre conduit la guerre comme il l'entend: 320 000 Français sont ainsi sacrifiés en pure perte. La crise politique et la lassitude grandissent sur les décombres d'une Union sacrée qui a vécu, comme en témoignent les archives des Renseignements généraux jusqu'ici inexploitées. Pour les Français, 1915 est bien l'année la plus dramatique de toute la guerre, celle des horizons bouchés.
Résumé : L'issue de la première guerre mondiale est connue de tous et pourtant, en avançant avec les doutes, les peurs et les tâtonnements des contemporains, Jean-Yves Le Naour relate une année à suspens. Il ravive de sa plume romancée le cours d'une année cahotique qui conduit à l'étrange victoire des Alliés. Au printemps 1918, par trois fois ? en mars, avril et mai ?, Français et Britanniques ont le sentiment de frôler la défaite. On a l'impression de rejouer septembre 1914 ! On se bat sur la Marne et Paris, bombardé, est en proie à la panique. De tous côtés, les fronts se resserrent : depuis mars 1918, la paix signée avec la Russie bolchevique libère 1 million de soldats allemands sur l'ouest. Une course contre la montre s'engage avec un unique objectif : tenir. En 1918, rien n'était écrit et l'Allemagne pouvait encore l'emporter ! Fidèle aux précédents volumes, ce dernier opus dévoile les coulisses politiques et la cuisine des états-majors en s'appuyant sur des sources inédites : les rivalités entre Pétain, Foch et le Britannique Douglas Haig, les guerres d'ego qui ont paralysé la situation au point de compromettre la défense nationale. Fait nouveau, par rapport à 1914-1917, les militaires sont désormais sous la coupe de Clemenceau et de Lloyd George. "Le Tigre" caresse même le rêve de prendre lui-même le commandement unique du front occidental avant de le faire déléguer à Foch qui déclenche l'offensive finale qui jettera à bas les EMpires centraux. Passant d'un front à l'autre, Jean-Yves Le Naour nous entraîne jusqu'à la victoire en trompe l'oeil, la joie de la paix étant lourde des guerres futures.
Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l'histoire d'Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l'arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l'ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. L'auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l'évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l'édification d'un Etat juif démocratique en même temps que l'émergence d'une " nation " israélienne et d'une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d'immigrants. Le " retour des exilés ", marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d'Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme. La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l'établissement d'une paix durable dans la région. S'appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d'appréhender dans toute sa complexité l'histoire sans pareille de l'Etat juif.