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Fragments phénoménologiques sur le langage
Richir Marc
MILLON
25,36 €
Épuisé
EAN :9782841372249
Ces fragments phénoménologiques sur le langage font suite aux Fragments phénoménologiques sur le temps et l'espace déjà publiés dans la même collection. " Fragments " en raison de l'inachèvement de principe de la " chose " elle-même. de l'impossibilité d'en traiter sous la forme d'un système. dans la discursivité mettant en ordre successif tous ses aspects, en raison aussi de la précarité et des incertitudes qui ne cessent de surgir quant à la pertinence. à ce registre, de la langue philosophique que parle encore la phénoménologie. A ce registre : c'est-à-dire au sein du champ infini d'instabilités " phantastiques ", effectives, potentielles et même virtuelles, ouvert dans des profondeurs archaïques à peine entrevues par Husserl, dès lors que la distinction est faite entre le langage - classiquement : la pensée en son acception cartésienne - et la langue, entre le sens se faisant dans son extrême fluidité tout immatérielle et les significations. Du point de vue méthodologique, la question n'est plus celle, husserlienne, de l'intuition. de la coextensivité qu'elle implique de la réduction phénoménologique transcendantale et de la réduction eidétique, mais par la médiation de l'épochè hyperbolique, celle d'un contact, en et par un écart de très singulière " nature " entre le soi en chemin vers soi du phénoménologue et la Sache selbst. A travers ces Fragments, qui proposent un parcours " éclaté " passant par la " pensée ". l'imagination, la poésie, le concept et le mythe, s'achève, dans l'esprit de l'auteur, un cycle commencé en 1992 avec les Méditations phénoménologiques. Ces passages peuvent être effectués en plusieurs sens, selon les libres choix et l'inspiration du lecteur, au fil d'autres parcours de la constellation. C'est une autre manière de pratiquer la phénoménologie qui est finalement proposée, un autre exercice de la rigueur, à distance de la construction spéculative et de l'architecture imaginaire, et où la philosophie paraît sans doute sous un jour nouveau.
Variations sur le sublime et le soi. Variations parce qu'elles traitent de la même question, l'articulation du "moment" du sublime et de la naissance du soi en contact avec soi. en prenant différents points d'entrée qui impliquent autant de cheminements, faits d'allers et de retours, et où l'accent est mis ici où là dans l'ensemble problématique lui-même. Sur le sublime et le soi, parce que l'on ne peut, sous peine de circularité. présupposer le soi comme toujours déjà constitué en tant qu'être, et parce que la seule origine possible, en stricte phénoménologie. est le "moment" du sublime, surgissement de l'incommensurable, comme passage de l'animal à l'homme, de l'être tout entier pris dans sa vie et ses expériences, à l'être qui énigmatiquement, n'y adhère jamais complètement, vit d'un écart à soi qui n'est primitivement ni différence temporelle ni distance spatiale. Ainsi sont proposées, dans ces variations, des esquisses de la genèse transcendantale et archaïque de ce soi lui-même archaïque qui. tout à la fois, nous singularise dans notre "facticité" et palpite sourdement dans nos profondeurs - genèse qui ne peut être confondue avec le développement, lequel relève en lui-même du physico-physiologique. Une part importante de l'énigme du fait humain réside dans la discordance, déjà relevée par Freud, entre l'une et l'autre. Et c'est là qu'il y a aussi du jeu pour la phénoménologie. On sera peut-être surpris, dans la "base époque" où nous sommes forcés de vivre et où tout paraît s'effondrer. que nous accordions une telle place au sublime, qui fait signe vers la transcendance aujourd'hui abhorrée parce que confondue avec une limitation insupportable de la liberté, quand elle n'est pas très stupidement représentée par le spectaculaire. Il s'agit ici de quelque chose de beaucoup plus intime. au point d'être radicalement infigurable, et qui ouvre aux questions de sens. dont il n'en est aucune, si nous voulons être sincères avec nous-mêmes. qui puisse trouver de réponse propre à nous satisfaire. Toute réponse, aussi raffinée soit-elle, pose à son tour des questions de plus en plus éloignées de nos pouvoirs d'énonciation et d'interrogation.
Cet ouvrage tente de saisir "sur le vif" la transformation, constitutive de la mythologie, que l'institution de l'Etat fait subir au matériau mythique préexistant. Il se place dans la suite des travaux anthropologiques de Claude Lévi-Strauss et de Pierre Clastres considérant les "sociétés contre l'Etat". Il s'avère possible dans le cas grec de relever, chemin faisant, le travail de "mythologisation" qui s'effectue sur un matériau mythico-mythologique préexistant qui va des "légendes" de fondation des cités grecques à l'élaboration proprement mythologique chez Hésiode. Un parcours souvent absent dans d'autres cultures (historiques ou ethnologiques) où la fixation écrite de ces "légendes", évidemment orales à l'origine, n'a pas eu lieu.
Que quelque chose de notre " nature humaine " se trouve étrangement éclairé par l'analyse phénoménologique des rapports complexes entre phantasia, imagination et affectivité, telle est l'énigme qui traverse ce livre comme un fil rouge. Autant la phénoménologie comme telle s'occupe des phénomènes en leur statut transcendantal, autant la précision qui leur est apportée par la prise en compte de leur dimension imaginative et affective, conduit-elle à délimiter, à l'intérieur de la phénoménologie, le champ de l'anthropologie phénoménologique. Et, à l'intérieur de ce champ, les psychopathologies sont un véritable révélateur. Les analyses phénoménologiques qui en sont proposées ici conduisent à prendre la mesure, souvent démesurée, de l'homme, et à affiner en retour les structures que la phénoménologie dégage pour sa part. Analyses en zigzags ou en spirale qui permettent de voir et de décrire les rivages d'une terre, mais qui est une terra incognita : la nôtre. Voyage long, difficile, aventureux où l'énigme reste entière mais a changé de visage. Alors qu'il y a quelque chose de non humain dans la rationalité, et qui a tant séduit la tradition philosophique, dans le champ qui se découvre ici, l'imagination, dans ses rapports complexes avec l'affectivité, paraît, en écho à Nietzsche, humaine, trop humaine. Lieu d'illusions multiples, affectives, mais aussi axiologiques, au plus loin de toute idéologie et de toute évaluation, toutes deux ratiocinantes, au plus près d'une reprise lucide des horizons symboliques de l'institution symbolique dans laquelle nous vivons et qui nous fait vivre. La question est peut-être finalement: qu'est-ce que vivre, et vivre humainement ? Vivre, et non pas être ?
Ce livre est avant tout l'élaboration d'une question. Question du " sublime " en politique, c'est-à-dire de l'abîme de la fondation politique, quand vacillent tous les repères, quand la société paraît revenir à ses origines utopiques, quand le malencontre de la servitude semble désamorcé. Moment de la Révolution, en particulier la Révolution française, que l'auteur interroge tout d'abord à travers les œuvres de Michelet et Quinet, pour en dégager la rupture par rapport à la fondation despotique. Moment auquel, ensuite, dans une seconde partie, l'auteur cherche à donner consistance philosophique par les lectures critiques de textes de Fichte, Hegel, Schelling et Heidegger. Le nouveau lieu dégagé entre pensée et politique pourrait se nommer phénoménologie et politique.
Centré sur la relation de la philosophie avec la poésie, cet ouvrage examine le conflit qui les oppose, selon les termes mêmes de Platon qui pourrait bien avoir inventé l'opposition pour mettre en évidence une vraie fausse résolution. Celle-ci prend la forme d'une appropriation ou d'une subjugation qui nécessitent une réinvention de la poésie, c'est-à-dire une redéfinition de sa nature et de ses fins. Réinvention qui conduit au refus d'une frontière entre philosophie et poésie. Or la nécessité de ce refus repose sur une exigence de réception, celle d'une pratique qui se déploie dans le dialogue et que le lecteur est invité à émuler. Cette pratique est fondée sur une question : comment faut-il vivre ou qu'est-ce que la vie bonne ? La réponse à cette question exige de répondre à cette autre : qu'est-ce que philosopher ? Ces deux questions, quelles que soient les réponses qui en sont données dans les Dialogues, sont inextricablement mêlées puisque vivre c'est philosopher.