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Variations sur le sublime et le soi
Richir Marc
MILLON
25,36 €
Épuisé
EAN :9782841372553
Variations sur le sublime et le soi. Variations parce qu'elles traitent de la même question, l'articulation du "moment" du sublime et de la naissance du soi en contact avec soi. en prenant différents points d'entrée qui impliquent autant de cheminements, faits d'allers et de retours, et où l'accent est mis ici où là dans l'ensemble problématique lui-même. Sur le sublime et le soi, parce que l'on ne peut, sous peine de circularité. présupposer le soi comme toujours déjà constitué en tant qu'être, et parce que la seule origine possible, en stricte phénoménologie. est le "moment" du sublime, surgissement de l'incommensurable, comme passage de l'animal à l'homme, de l'être tout entier pris dans sa vie et ses expériences, à l'être qui énigmatiquement, n'y adhère jamais complètement, vit d'un écart à soi qui n'est primitivement ni différence temporelle ni distance spatiale. Ainsi sont proposées, dans ces variations, des esquisses de la genèse transcendantale et archaïque de ce soi lui-même archaïque qui. tout à la fois, nous singularise dans notre "facticité" et palpite sourdement dans nos profondeurs - genèse qui ne peut être confondue avec le développement, lequel relève en lui-même du physico-physiologique. Une part importante de l'énigme du fait humain réside dans la discordance, déjà relevée par Freud, entre l'une et l'autre. Et c'est là qu'il y a aussi du jeu pour la phénoménologie. On sera peut-être surpris, dans la "base époque" où nous sommes forcés de vivre et où tout paraît s'effondrer. que nous accordions une telle place au sublime, qui fait signe vers la transcendance aujourd'hui abhorrée parce que confondue avec une limitation insupportable de la liberté, quand elle n'est pas très stupidement représentée par le spectaculaire. Il s'agit ici de quelque chose de beaucoup plus intime. au point d'être radicalement infigurable, et qui ouvre aux questions de sens. dont il n'en est aucune, si nous voulons être sincères avec nous-mêmes. qui puisse trouver de réponse propre à nous satisfaire. Toute réponse, aussi raffinée soit-elle, pose à son tour des questions de plus en plus éloignées de nos pouvoirs d'énonciation et d'interrogation.
Cet ouvrage tente de saisir "sur le vif" la transformation, constitutive de la mythologie, que l'institution de l'Etat fait subir au matériau mythique préexistant. Il se place dans la suite des travaux anthropologiques de Claude Lévi-Strauss et de Pierre Clastres considérant les "sociétés contre l'Etat". Il s'avère possible dans le cas grec de relever, chemin faisant, le travail de "mythologisation" qui s'effectue sur un matériau mythico-mythologique préexistant qui va des "légendes" de fondation des cités grecques à l'élaboration proprement mythologique chez Hésiode. Un parcours souvent absent dans d'autres cultures (historiques ou ethnologiques) où la fixation écrite de ces "légendes", évidemment orales à l'origine, n'a pas eu lieu.
Que quelque chose de notre " nature humaine " se trouve étrangement éclairé par l'analyse phénoménologique des rapports complexes entre phantasia, imagination et affectivité, telle est l'énigme qui traverse ce livre comme un fil rouge. Autant la phénoménologie comme telle s'occupe des phénomènes en leur statut transcendantal, autant la précision qui leur est apportée par la prise en compte de leur dimension imaginative et affective, conduit-elle à délimiter, à l'intérieur de la phénoménologie, le champ de l'anthropologie phénoménologique. Et, à l'intérieur de ce champ, les psychopathologies sont un véritable révélateur. Les analyses phénoménologiques qui en sont proposées ici conduisent à prendre la mesure, souvent démesurée, de l'homme, et à affiner en retour les structures que la phénoménologie dégage pour sa part. Analyses en zigzags ou en spirale qui permettent de voir et de décrire les rivages d'une terre, mais qui est une terra incognita : la nôtre. Voyage long, difficile, aventureux où l'énigme reste entière mais a changé de visage. Alors qu'il y a quelque chose de non humain dans la rationalité, et qui a tant séduit la tradition philosophique, dans le champ qui se découvre ici, l'imagination, dans ses rapports complexes avec l'affectivité, paraît, en écho à Nietzsche, humaine, trop humaine. Lieu d'illusions multiples, affectives, mais aussi axiologiques, au plus loin de toute idéologie et de toute évaluation, toutes deux ratiocinantes, au plus près d'une reprise lucide des horizons symboliques de l'institution symbolique dans laquelle nous vivons et qui nous fait vivre. La question est peut-être finalement: qu'est-ce que vivre, et vivre humainement ? Vivre, et non pas être ?
Résumé : En posant la question du sublime et du soi, Marc Richir retrouve certaines questions fondamentales de Hegel, de Schelling et de Fichte, qui le poussent vers ce qui lui paraît comme l'ultime, au-delà duquel il est impossible d'aller sans dogmatisme : l'écart différentiel et la vibration instantanée. Expressions hautement paradoxales, qui amènent à une réévaluation de la phénoménologie husserlienne jusqu'à une relecture nouvelle de la philosophie classique, en passant par une épochè hyperbolique de la pensée heideggerienne - la mise hors circuit de toute " légende " ontologique ou " méta-ontologique ". Tout cela, qui ne pouvait faire l'objet d'un ouvrage systématique, ne pouvait s'énoncer, à ses risques et périls, que sous la forme de " propositions " de dimension variable, vagabondant dans une problématique passablement complexe, au fil de son inspiration, allant pour ainsi dire de buisson en buisson.
Malgré des appels explicites à Descartes dans la phénoménologie telle que Husserl l'a conçue, on ne peut pas dire qu'y soient réellement prises en compte la problématique du doute hyperbolique, et encore moins ce qui va de pair avec cette dernière, la problématique du Malin Génie. Tout au plus y rencontre-t-on l'" hypothèse" de la "destruction du monde" et la question de la négation n'y est traitée que de façon assez triviale. Avec la question de l'épochè phénoménologique hyperbolique, cet ouvrage s'efforce de montrer un certain nombre de conséquences cruciales que la mise en jeu de l'hyperbole introduit dans l'architectonique interne de la phénoménologie: questions de l'intentionnalité, du langage, du simulacre originaire, de l'apparence pure, etc. Non par retour au scepticisme classique, mais par ouverture d'un nouveau "scepticisme critique" qui n'exclut pas, nais réimplique autrement l'analyse phénoménologique, par-delà l'intentionnalité, toute doxa positionnelle (perception, intuition) ou quasi-positionnelle (imagination) étant mise en suspens. Le champ ainsi dégagé, fait de mobilités et d'instabilités, qui est désigné ici comme archaïque, est la base phénoménologique, et non pas le fondement du champ fort rigoureusement étudié par Husserl. La phénoménologique ne peut plus dès lors prétendre au titre de science, mais est amenée à s'exercer comme une sorte d'art philosophique, plus proche de la poésie et de la musique, où sont en jeu les profondeurs de notre vie dont le vécu husserlien n'est pour ainsi dire que la surface immédiatement perceptible, le plus souvent illusionnante.
Boncour Elisabeth ; Gire Pierre ; Mangin Eric ; Co
Pourquoi Maître Eckhart connaît-il aujourd'hui un tel succès auprès d'un public aussi large ? Parmi les raisons qui expliquent cet engouement, il convient sans aucun doute de mentionner la beauté de ses textes et leur étonnante saveur pour un lecteur contemporain. Le maître rhénan nous a laissé une oeuvre importante et variée. Ecrite en latin et en moyen-haut-allemand, la langue du peuple, cette oeuvre s'exprime à travers des genres littéraires très différents et son style est particulièrement bien soigné. Mais il ne suffit pas d'écrire, ni même de bien écrire, pour être reconnu comme un grand écrivain, d'autant plus que ce terme peut paraître anachronique pour le Moyen Age. Et pourtant, il se confie quelque fois en ces termes : "J'ai écrit un jour dans mon livre" (Sermon 73). Eckhart occupe ainsi une place originale pour la période médiévale dans la mesure où il évoque le projet d'écrire "un livre", qu'il appelle "mon livre", et dans lequel il souhaitait consigner des propos plus personnels. Mais ce qui fait véritablement entrer son oeuvre dans la grande littérature, ou tout au moins dans une certaine idée de la littérature, c'est sans doute la conscience très nette qu'il avait que l'écriture doit nécessairement affronter ce qui ne peut se laisser contenir à l'intérieur des mots : "Qui peut exprimer cette parole ? Personne ne le fait" (Sermon 74). Alors son écriture sera toujours inachevée, d'un inachèvement irréductible et essentiel, parce que ce qui est à dire ne peut être dit. Ce nouveau volume rassemble pour la première fois des spécialistes appartenant à des disciplines très différentes comme la philosophie, l'histoire et la théologie, mais aussi la littérature, et même la linguistique. Il propose ainsi des perspectives de recherche intéressantes dans le champ des études eckhartiennes.
Au début du XXe siècle, la préhistoire est une science en gestation, et les affaires de faux sont à l'origine de vives controverses qui divisent une partie de la communauté scientifique, puis le grand public, avec de nombreux épisodes judiciaires et des querelles d'experts. Deux grands débats d'authenticité ont dominé la recherche préhistorique : l'affaire de Piltdown et celle de Glozel. André Vayson de Pradenne qui avait participé activement aux deux polémiques, sans doute par crainte d'un procès en diffamation, ne les évoque pas dans son livre. Sous sa plume défilent les plus célèbres affaires de faux du XIXe et début du XXe : c'est l'affaire qui dura huit ans des autographes du géomètre Chasles abusé par Vrain-Lucas, celles des silex de Pile de Riou, du trésor de Curium imaginé et imposé par Luigi Palma di Cesnola, de la tiare de Saïtapharnès, acquise par le musée du Louvre en 1896... On s'étonne avec l'auteur que des simulations, le plus souvent grossières, aient pu tant de fois égarer de véritables savants. Cet ouvrage, paru en 1932, reste le document de référence sur les fraudes préhistoriques.
La santé du prince était une importante source de préoccupation pour les sujets de l'Empire romain, qui formulaient chaque année le 3 janvier des uota (voeux) relatifs au salut de l'empereur, intrinsèquement liés à celui de l'Empire. Si jusqu'à présent ce thème a été traité par le biais des "maladies" réelles ou supposées des princes, surtout des maladies nerveuses et psychologiques des "Césars fous", des études plus récentes ont souligné le lien entre la "folie", mais aussi la bonne santé du prince, et le discours idéologique. Les auteurs se proposent, à l'occasion de ce colloque qui s'est tenu les 4-5 juin 2018 à l'Université de Lausanne, de replacer au centre de l'enquête la santé du prince sous le Haut-Empire, ainsi que son corollaire, l'hygiène de vie du prince.