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RACONTER VIVRE PENSER HISTOIRE(S) DE PHILOSOPHE 1650-1766
RIBARD
VRIN
38,61 €
Épuisé
EAN :9782711615995
Raconter : les héros de ce livre ne sont pas les philosophes mais leurs biographes, auteurs d'une ample littérature cherchant à nommer les acteurs légitimes de la philosophie. Vivre : le mode de vie philosophique et ses motifs sont analysés comme autant de moyens d'action des biographes pour contrôler, de l'extérieur, le cours et la fortune des doctrines. Penser : la production biographique, par ses recoupements et ses contradictions multiples, désigne les lieux problématiques et les enjeux de la philosophie en train de se faire. Les actions narratives des biographes ont puissamment contribué à la naissance de l'" histoire de la philosophie ". Elles sont certes devenues étrangères à la discipline qui se pratique aujourd'hui sous ce nom ; elles révèlent pourtant la profonde transformation qui a fait sortir la philosophie des universités au XVIIe siècle et l'a exposée à de nouveaux espaces : cour, salons, marché du livre. L'étude, grâce aux Vies de philosophes, de ce renouvellement des conditions sociales de l'exercice de la philosophie permet de penser autrement les rapports entre histoire de la philosophie, histoire littéraire et histoire sociale de la culture.
Véritable "livre", ce recueil d'articles, récents pour la plupart et dont l'un est d'ailleurs inédit, se veut la "défense et illustration" d'une approche critique depuis longtemps déjà pratiquée par l'auteur : l'interprétation symbolique - au sens large du terme - des oeuvres littéraires médiévales où se lit, comme en filigrane, une orientation délibérément religieuse. Il s'ouvre sur trois textes qui s'attachent à définir et à justifier une démarche d'ensemble que vient ensuite conforter une série d'études ponctuelles, limitées par souci de cohérence interne aux oeuvres romanesques des XIIe et XIIIe siècles qui relèvent de ce qu'on appelle traditionnellement la "matière de Bretagne" : les Tristan, les lais de Marie de France, les romans de Chrétien de Troyes, mais aussi la Quête du St Graal, le Lancelot en prose et le Tristan en prose - sans s'interdire in fine d'aborder, dans le même esprit, les poésies de F. Villon, notamment le Lais et certaines "poésies diverses". Ce petit ouvrage propose ainsi une lecture, conforme à la pensée et à l'écriture du temps, de ces grandes oeuvres médiévales dont le caractère souvent énigmatique ne cesse de nous interroger.
Le Chevalier de la Charrette est certainement, avec Perceval ou le Conte du Graal, le plus célèbre roman de Chrétien de Troyes. Car c'est dans ce récit, commandé par Marie de Champagne (la fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII), que l'on croise les fameuses figures de Lancelot et de Guenièvre. Longtemps, on a refusé d'attribuer à ce roman - comme à l'ensemble des romans de Chrétien de Troyes - toute valeur autre que littérale. Jacques Ribard, prenant à rebours cette tradition de lecture, recherche ici la portée symbolique qui "court comme un fleuve caché" sous la surface bien balisée de la rhétorique arthurienne, afin de dégager "la cohérence profonde et unique de l'oeuvre. . . au risque de se perdre". Autrement dit, à quels référents symboliques renvoie le complexe et mystérieux réseau de l'épreuve chevaleresque, du sacrifice et de l'amour courtois (la fine amor) ? Selon Jacques Ribard, Lancelot ou le Chevalier de Charrette est, à n'en point douter, une oeuvre messianique. "Lancelot y est le Sauveur engagé dans la quête salvatrice et l'on pourrait très exactement le définir en lui appliquant ce verset de St. Luc : Venit enim Filius hominus quaerere et salvum facere quod perierat [En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu]".
Biographie de l'auteur François Ribard, né en 1959 à Madagascar, passe son enfance en Tunisie avant de découvrir Grenoble et les Alpes. Il se met à randonner de manière intensive avant d'aborder des études littéraires et philosophiques. Il vit aujourd'hui dans le Diois. Accompagnateur en montagne, il travaille pour des agences françaises et américaines de trekking. Parallèlement, il mène une activité de journaliste, collaborant régulièrement avec Alpes Magazine et la presse régionale, ainsi qu'à la rédaction de guides de randonnée et de découverte (IGN, Chamina...).
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.