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Connaitre ce qui est
Renault Emmanuel
VRIN
28,01 €
Épuisé
EAN :9782711625741
Nul plus que Hegel n'a insisté sur l'exigence de connaître le présent et de réfléchir historiquement aux rapports que nous entretenons avec ce qui nous est contemporain. Quelles sont les raisons qui ont ainsi conduit Hegel à défendre systématiquement l'idée d'un primat du présent ? Quels en sont les différents enjeux théoriques ? Quelles en sont les conséquences pratiques ? Comment les diagnostics historiques peuvent éclairer ou orienter nos efforts ? Telles sont les questions qui guident cette enquête sur le présentisme hégélien. Une première partie analyse les trois textes qui formulent explicitement le primat du présent : la préface de la Phénoménologie de l'esprit, celle des Principes de la philosophie du droit et les textes introductifs de l'Encyclopédie des sciences philosophiques. Le présent y apparaît comme l'objet de la réflexion philosophique, et l'analyse du présent comme un mode de justification et d'explicitation des présupposés historiques du projet systématique. Une deuxième partie analyse les textes qui peuvent au contraire conduire à l'idée d'un primat du passé ou de l'éternité. La question de la fin de l'histoire, notamment est examinée, et Hegel apparaît en fait comme le penseur de la spécificité de l'histoire présente plutôt que comme celui de la clôture ou du dépassement du processus historique. Une troisième partie réinscrit les thèses hégéliennes dans l'espace théorique de la philosophie de l'histoire et de l'Idéalisme allemand, en montrant que dans les différents conflits qui traversent l'un et l'autre, le primat du présent guide toujours les prises de position. La contextualisation éclaire alors la réception immédiate, comme lorsqu'elle confirme le bienfondé des interprétations hégéliennes de gauche, et elle ouvre également des perspectives pour l'actualisation, comme lorsqu'elle fait apparaître des rapprochements inattendus avec le présentisme de Dewey ou de Foucault.
Force est de constater que la Philosophie de la nature de l'Encyclopédie fut, jusqu'à une date récente, presque ignorée par les études hégéliennes, en raison du discrédit dont elle fait généralement l'objet. En cette partie du système, Hegel se serait rendu coupable d'une prétention à concurrencer les sciences positives sur leur propre terrain et à rivaliser avec elles, en révélant ainsi tout à la fois son incompréhension de la scientificité la mieux établie (celle des sciences de la nature) et la faible rationalité de son propre projet d'une science spéculative. Une lecture attentive permet de rectifier ces préjugés. Car Hegel s'y montre attentif et respectueux du savoir positif de son temps, mais encore, il tente d'y définir les modalités d'une collaboration méthodiquement réglée entre philosophie et sciences, tout en fondant cette collaboration sur une épistémologie complète et cohérente. En quoi consiste précisément le projet d'une science spéculative, formulé par Fichte avant d'être réélaboré par Schelling et Hegel, en particulier sous la forme de leurs philosophies de la nature ? En quoi consiste chez Hegel la déduction spéculative de la vérité qui doit permettre de conférer aux savoirs positifs leur fondation dernière ? En quoi consiste la compréhension hégélienne des formes (expérience, lois, théories) et du statut du discours des sciences positives ? Quelle attitude la spéculation doit-elle adopter face aux controverses scientifiques ? Ces questions entretiennent un double rapport avec la Philosophie de la nature de l'Encyclopédie. D'une part, parce que certaines d'entre elles ne peuvent trouver de réponse pertinente que par l'étude de cette partie du système où science spéculative et sciences positives s'entremêlent. D'autre part, parce que l'idée même de philosophie de la nature décrit précisément la forme de fondation des sciences de la nature qui est appropriée à l'épistémologie hégélienne.
Résumé : La pensée de Marx est célèbre pour ses différentes critiques critique de la philosophie hégélienne, de la philosophie critique, de la philosophie tout court, de la religion, de la politique, du socialisme utopique, de l'économie politique... Une telle insistance ne peut être fortuite, elle indique bien plutôt un projet théorique original, critique en ce qu'il se veut polémique, mais aussi en ce qu'il se veut non dogmatique. L'ouvrage, en s'attachant aux étapes principales de l'évolution intellectuelle de Marx, montre que toujours le motif critique reste constitutif, depuis la jeunesse, alors que Marx adhère à la philosophie critique des jeunes hégéliens, jusqu'à la maturité, lorsque Le Capital donne son couronnement à l'entreprise de la critique de l'économie politique. Il s'avère en fait qu'un même projet critique traverse les différentes étapes de l'?uvre, et qu'il constitue l'un des foyers à partir duquel elle doit être interprétée.
La "Madre", comme on l'appelle couramment, fut, au XVIe siècle, la plus grande mystique espagnole, et elle reste une des grandes figures de l'expérience mystique dans l'histoire européenne. D'une famille de "conversos" (juifs espagnols convertis de force, sauf à quitter l'Espagne), réformatrice du Carmel, Thérèse d'Avila (1515-1582), appelée aussi la "grande Thérèse" par opposition à la "petite", celle de Lisieux, a même été proclamée, au XXe siècle, "docteur de l'Église" en raison de la riche doctrine spirituelle apportée par ses textes. Thérèse représente enfin, dans la constellation des "femmes mystiques", celle qui a les pieds sur terre, qui vit l'extase, mais qui est également capable de "gouverner" avec sagesse et de réformer avec vigueur.Ce livre décrit de façon alerte sa vie et éclaire le sens de ses écrits, dont il donne de nombreux extraits.
Résumé : Comment transformer les définitions communes de la justice sociale afin qu'elles puissent rendre compte des formes aujourd'hui les plus caractéristiques de l'injustice sociale ? Comment leur faire rendre compte des souffrances de " ceux qui ont trop à dire pour pouvoir le dire " ? Telles sont les questions auxquelles ce livre se propose de répondre. Dans une démarche originale, Emmanuel Renault reprend et élargit la théorie de la reconnaissance élaborée par le philosophe allemand Axel Honneth, afin de proposer une grammaire des luttes sociales mais aussi une grille d'analyse des injustices que ces luttes prennent rarement en charge. C'est par la reconnaissance que les autres et la société lui accordent que chacun peut bénéficier des conditions substantielles d'une vie digne d'être vécue. Inversement, les dénis de reconnaissance sont à l'origine de souffrances sociales et psychiques majeures. Dans cette perspective, l'auteur procède à un examen critique des théories contemporaines qui structurent notre pensée politique et sociale, proposées par J. Rawls, J. Habermas, M. Walzer et C. Taylor, P Bourdieu, T. Negri, etc. S'appuyant sur les travaux de la sociologie et la psychologie sociale qui analysent les mouvements sociaux, les restructurations du travail ou les souffrances engendrées par la précarisation ou par l'exclusion, il tente d'élaborer une théorie globale permettant d'éclairer la multiplicité des phénomènes étudiés. Ce livre soutient que la philosophie doit prendre l'injustice au sérieux, car c'est en elle que se déterminent les enjeux des discours sur la justice. Il propose ainsi une philosophie assumant sa dimension politique, reconnaissant qu'elle se meut à l'intérieur du monde réel et non simplement dans le ciel des idées. Il offre un argumentaire global au service de ceux qui font l'expérience quotidienne de l'injustice et sont en conséquence intéressés à la transformation de l'ordre social existant.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.