Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
INTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE
RENAUD BARBARAS
TRANSPARENCE
14,50 €
Épuisé
EAN :9782350510026
Ce cours, qui n'a d'autre ambition que d'introduire à la lecture de Husserl, prend pour fil conducteur la corrélation a priori et universelle entre l'étant transcendant et ses modes subjectifs de donnée. L'évidence naïve selon laquelle le monde est tel qu'il nous apparaît a en effet une portée surprenante : tout étant est essentiellement relatif à des apparitions subjectives et la conscience enveloppe, par là même, un rapport nécessaire à l'étant transcendant. De l'aveu même de Husserl, l'effort de la phénoménologie consiste à élaborer cet a priori, c'est-à-dire à penser l'être de la conscience et de la réalité en tant que, radicalement distincts, ils sont néanmoins relatifs l'un à l'autre. Or, l'élaboration de cet a priori s'expose au risque permanent d'une réification de la conscience, qui procède elle-même d'une caractérisation encore naïve du sens d'être de la réalité : tant que la conscience est pensée sur le modèle de la chose, son pouvoir de faire apparaître l'étant demeure incompréhensible. On présentera donc l'élaboration progressive de la pensée de Husserl - des Recherches logiques à la phénoménologie transcendantale des Leçons sur le temps et des Idées directrices - comme une tentative continuée de se libérer de toute forme de réalisme. Parce qu'elle est de part en part motivée par le souci d'échapper à la naïveté - ce qui exige d'abord de la reconnaître sous ses formes les plus sophistiquées -, la phénoménologie, telle que Husserl la fonde, apparaît comme l'accomplissement même de l'exigence philosophique. R.B.
Résumé : Renaud Barbaras compte parmi les philosophes vivants les plus importants. Il a reçu le Grand Prix de philosophie de l'Académie française en 2014 pour l'ensemble de son oeuvre. Cet ouvrage constitue un tournant dans l'analyse philosophique du désir, et noue un dialogue entre les traditions philosophiques (phénoménologie) et psychanalytiques (Freud, Lacan). Tout désir est désir du monde, non pas au sens où il se rapporterait à un monde déjà là, mais bien parce qu'il en est la condition d'apparition.
Guy-Félix Duportail (1952-2018) a, tout au long de son chemin de pensée, maintenu le cap d'une interrogation philosophique de la psychanalyse. A l'intersection des deux disciplines, il a formé des générations d'étudiants et développé une oeuvre absolument singulière, au fil de nombreux livres. Il a également, dans cet esprit, créé et dirigé la collection "Tuchè" aux Editions Hermann. Il nous a brutalement été ravi le 23 mars 2018 au soir d'un colloque. Un certain nombre d'acteurs de la philosophie contemporaine, ses collègues et ses amis, reviennent ici sur cette figure exceptionnelle de la philosophie française d'aujourd'hui et poursuivent chacun à leur façon le chantier qu'il a ouvert, convaincus de la nécessité de renouveler, pour le bénéfice mutuel de ces disciplines, une discussion sans préjugé entre philosophie et psychanalyse. Dans le débat ainsi engagé, où, conformément à la pensée dialogique qui était celle de Guy-Félix Duportail, se font entendre une réelle multiplicité de voix et de sensibilités philosophiques, la phénoménologie, qui constituait sans doute sa langue philosophique privilégiée, joue un rôle central. Que peut-elle, aujourd'hui, nous dire sur la psychanalyse ? Et, réciproquement, que peut-elle encore en apprendre ?
Résumé : La phénoménologie de Sartre peut être comprise comme une tentative de fonder radicalement l'intuition husserlienne de l'intentionnalité. " Toute conscience est conscience de quelque chose " : la conscience naît portée sur un être qui n'est pas elle, elle n'est pas constituante mais révélante et c'est en tant quelle est Néant qu'elle peut s'ouvrir à l'Être sans cesser de s'en distinguer. Or, définir la conscience par la néantisation revient à mettre au c?ur de l'existence humaine une liberté qui, tout en s'appuyant sur la facticité du pour-soi, demeure absolue et inconditionnée. Cependant, ce mouvement de néantisation est fondé sur une théorie du désir qui constitue la clé de voûte de L'Être et le Néant et rend compte des différentes modalités d'existence du pour-soi. Le pour-soi ne peut en effet sortir de lui-même vers le monde que parce qu'il est traversé par un désir insatiable, un manque qui ne peut être comblé : celui de réaliser l'impossible synthèse de l'en-soi et du pour-soi, bref le désir d'être Dieu. Tous les textes réunis ici tentent d'aborder la philosophie phénoménologique de Sartre à la lumière de cette articulation fondamentale entre la liberté et le désir.
Contre la doxa contemporaine, l'étude de la philosophie ancienne peut être d'autant plus efficace que son objet est éloigné de nous. A ce point éloigné, à vrai dire, que nous n'avons même pas le droit, à haute époque, de supposer l'existence même de la philosophie comme un fait avéré. La philosophie ancienne n'a pas seulement dû naître en général; il lui a encore fallu s'affirmer dans un contexte particulier. Elle a dû rompre les attaches qui la liaient au n mythe" - mot qui a d'ailleurs pris sa signification actuelle sur la base même de cette séparation par rapport à la philosophie. L'étude de la philosophie ancienne doit sans cesse tenir compte de cet arrière-fond non-philosophique, pré philosophique sur lequel l'entreprise philosophique prend son sens en s'y arrachant. Il lui faut considérer avec une attention toute particulière les limites de la philosophie. Ce ne sera pas pour les effacer, niant ainsi ce que celle-ci a de spécifique; ce sera pour fixer plus précisément ce à partir de quoi la philosophie est née. Avant la philosophia philosophata, ou derrière elle, il y a une philosophia philosophans, une philosophie en train de se faire.