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INTRODUCTION AU MONDE GREC (VENTE FERME)
BRAGUE REMI
TRANSPARENCE
18,80 €
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EAN :9782350510033
Contre la doxa contemporaine, l'étude de la philosophie ancienne peut être d'autant plus efficace que son objet est éloigné de nous. A ce point éloigné, à vrai dire, que nous n'avons même pas le droit, à haute époque, de supposer l'existence même de la philosophie comme un fait avéré. La philosophie ancienne n'a pas seulement dû naître en général; il lui a encore fallu s'affirmer dans un contexte particulier. Elle a dû rompre les attaches qui la liaient au n mythe" - mot qui a d'ailleurs pris sa signification actuelle sur la base même de cette séparation par rapport à la philosophie. L'étude de la philosophie ancienne doit sans cesse tenir compte de cet arrière-fond non-philosophique, pré philosophique sur lequel l'entreprise philosophique prend son sens en s'y arrachant. Il lui faut considérer avec une attention toute particulière les limites de la philosophie. Ce ne sera pas pour les effacer, niant ainsi ce que celle-ci a de spécifique; ce sera pour fixer plus précisément ce à partir de quoi la philosophie est née. Avant la philosophia philosophata, ou derrière elle, il y a une philosophia philosophans, une philosophie en train de se faire.
L'alliance entre Dieu et la loi, nouée en Grèce antique e dans la tradition biblique, a revêtu des formes différentes dans le judaïsme, le christianisme puis l'islam. Dans le judaïsme de la Dispersion, la Loi figure la seule présence de Dieu auprès d'un peuple désormais privé de son royaume et de son Temple: elle coïncide avec Dieu. Dans le christianisme naît et se déploie leur séparation: Dieu n'est plus seulement le législateur du temps des Hébreux, il est source de la conscience humaine et communique la grâce qui permet d'y obéir. Cette séparation façonne les institutions politiques de la chrétienté médiévale, l'Empire comme l'Église. À l'opposé, l'islam se constitue progressivement en une religion où la Loi se tient au centre de tout: à la différence des deux religions bibliques, c'est Dieu qui doit la dicter directement. L'idée de loi divine, qui nous est devenue étrangère, a dominé les croyances et les pratiques pendant près de trois millénaires. C'est l'histoire de sa longue genèse, de son épanouissement contrasté au sein des trois religions médiévales, de sa dissolution enfin avec la modernité européenne que Rémi Brague retrace. Biographie: Rémi Brague, professeur de philosophie à l'université de Paris-I et à l'université de Munich, est l'auteur notamment de Europe, la voie romaine (1992, 1999), La Sagesse du monde (1999, 2002), Au moyen du Moyen Âge (2006, 2008) et Du Dieu des Chrétiens et d'un ou deux autres (2008).
Comment la philosophie ancienne est-elle née? Comment s'est-elle imposée en Grèce? Comment s'est-elle peu à peu émancipée du mythe? Explorant les concepts et le déploiement de cette philosophie en train de se faire, qui caractérise les premiers temps de la pensée, Rémi Brague nous convie à un dialogue passionnant avec les plus grands auteurs - de Parménide aux Stoïciens en passant par Platon et Aristote - traçant ainsi un chemin entre passé et présent, indispensable à quiconque veut commencer à comprendre la philosophie. Biographie de l'auteur Rémi Brague est professeur de philosophie médiévale à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à l'université de Munich. Il est l'auteur de Europe, la voie romaine, Critérion, 1993 ( Folio, 1999), La Sagesse du monde, Fayard, 1999 (Livre de poche, 2002), La Loi de Dieu, Gallimard, 2005 (Folio, 2008), Au moyen du Moyen Âge, Editions de la Transparence, 2006 (Champs-Flammarion, 2008) et de Du Dieu des chrétiens et d'un ou deux autres, Flammarion, 2008.
Résumé : Il y a trente ans, quand on voulait être pris au sérieux, on parlait politique ; évoquer la religion, en revanche, était le meilleur moyen de faire rire. Aujourd'hui, la situation s'est inversée ; la religion fascine, inquiète, et la peur s'installe à l'égard de certaines de ses formes, voire de la violence que, suppose-t-on, elles fomentent. Il importe d'essayer d'y voir un peu clair. Poursuivant le travail d'élucidation qu'il a entrepris depuis une dizaine d'années, Rémi Brague s'interroge sur la légitimité même du terme "religion", puis sur le contenu propre des religions - avant tout sur celui des "trois monothéismes". Qu'est-ce que la religion nous dit de Dieu, et de l'homme en tant qu'il est doué de raison ? Qu'est-ce qu'elle nous dit d'autres domaines de l'humain comme le droit, la politique ? En quoi garantit-elle - ou menace-t-elle - la liberté morale, sinon l'intégrité physique, des individus ? Un essai salutaire pour délaisser nos a priori et prendre de la hauteur.
L'Europe, lorsqu'il s'est agi de définir son identité, a très tôt été rapportée à une double origine, grecque et juive. C'est, sous la plume des historiens des Lumières comme des romantiques du siècle dernier, la célèbre opposition entre Athènes et Jérusalem. Rémi Brague reprend à nouveaux frais la question de l'identité, en s'intéressant à la «voie romaine», à la latinité de l'Europe.Le propre de l'Europe ? C'est une appropriation de ce qui lui est étranger. Historiquement, philosophiquement, l'Europe prend, en effet, sa source hors d'elle. A partir d'emprunts à d'autres civilisations, la voie romaine a opéré une synthèse fondatrice de la première unité culturelle qui fut le premier espace européen. Au point que, aujourd'hui encore, définir l'Europe, c'est marquer comment elle se distingue de ce qui n'est pas elle par son caractère originairement latin.
Ce cours, qui n'a d'autre ambition que d'introduire à la lecture de Husserl, prend pour fil conducteur la corrélation a priori et universelle entre l'étant transcendant et ses modes subjectifs de donnée. L'évidence naïve selon laquelle le monde est tel qu'il nous apparaît a en effet une portée surprenante : tout étant est essentiellement relatif à des apparitions subjectives et la conscience enveloppe, par là même, un rapport nécessaire à l'étant transcendant. De l'aveu même de Husserl, l'effort de la phénoménologie consiste à élaborer cet a priori, c'est-à-dire à penser l'être de la conscience et de la réalité en tant que, radicalement distincts, ils sont néanmoins relatifs l'un à l'autre. Or, l'élaboration de cet a priori s'expose au risque permanent d'une réification de la conscience, qui procède elle-même d'une caractérisation encore naïve du sens d'être de la réalité : tant que la conscience est pensée sur le modèle de la chose, son pouvoir de faire apparaître l'étant demeure incompréhensible. On présentera donc l'élaboration progressive de la pensée de Husserl - des Recherches logiques à la phénoménologie transcendantale des Leçons sur le temps et des Idées directrices - comme une tentative continuée de se libérer de toute forme de réalisme. Parce qu'elle est de part en part motivée par le souci d'échapper à la naïveté - ce qui exige d'abord de la reconnaître sous ses formes les plus sophistiquées -, la phénoménologie, telle que Husserl la fonde, apparaît comme l'accomplissement même de l'exigence philosophique. R.B.