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A soi-même. Journal 1967-1915
Redon Odilon
CORTI
20,00 €
Épuisé
EAN :9782714303578
J'ai fait un art selon moi. Je l'ai fait avec les yeux ouverts sur les merveilles du monde visible, et, quoi qu'on en ait pu dire, avec le souci constant d'obéir aux lois du naturel et de la vie. Je l'ai fait aussi avec l'amour de quelques maîtres qui m'ont induit au culte de la beauté. L'art est la Portée Suprême, haute, salutaire et sacrée ; il fait éclore ; il ne produit chez le dilettante que la délectation seule et délicieuse, mais chez l'artiste, avec tourment, il fait le grain nouveau pour la semence nouvelle. Je crois avoir cédé docilement aux lois secrètes qui m'ont conduit à façonner tant bien que mal, comme j'ai pu et selon mon rêve, des choses où je me suis mis tout entier. Si cet art est venu à l'encontre de l'art des autres (ce que je ne crois pas), il m'a fait cependant un public que le temps maintient, et jusqu'à des amitiés de qualité et de bienfait qui me sont douces et me récompensent. Les notes que je formule ici aideront plus à la compréhension de cet art que tout ce que je pourrais dire de mes concepts et de ma technique. L'art participe aussi des événements de la vie. Ceci sera la seule excuse de parler uniquement de moi. Odilon Redon.
Odilon Redon a toujours été un grand amateur de littérature. Dans ses écrits personnels, il mentionne régulièrement ses lectures ainsi que les expositions qu'il a visitées ou encore les concerts auxquels il a assisté. Curieux de ses contemporains, il reste féru des classiques. Proche de Huysmans et de Mallarmé, peut-être a-t-il rêvé de devenir écrivain. C'est en 2005, et donc de manière posthume, que Claire Moran publia à Londres les Ecrits du peintre dont sont extraites les dix nouvelles qui composent ce recueil : Un séjour dans le Pays basque - Une histoire incompréhensible - Nuit de fièvre - Il rêve - Le Cri - Perversité - Le Fakir - 1870 Décembre - Le Récit de Marthe la folle Ces nouvelles forment un extraordinaire pendant à l'oeuvre graphique que Redon produisit jusque vers 1895. L'auteur ne les a pas retravaillées dans l'idée d'une publication, aussi ces textes comportent-ils des maladresses voire des répétitions, ou bien s'arrêtent abruptement, mais les ombres de Théophile Gautier, Villiers de l'Isle-Adam ou Edgar Allan Poe ne sont pas loin.
Résumé : "La presse fut à cette heure-là assez bonne. Mais chaque plume veut m'attirer à sa foi. On a tort de me supposer des visées. Je ne fais que de l'art. Il est tout d'expansion. Il est de mise ici de dénigrer la science en faveur d'un idéalisme pur, là de l'exalter. Que vient-elle faire à mon propos ? Rien. Elle est à côte. Mais cependant la science fait penser ; l'art n'a rien à perdre de ce service. Après tout, elle ira bien à la connaissance de l'homme. Est-il un but meilleur pour la conscience et le développement personnels ? L'artiste, quoiqu'il sache, sera toujours un agent spécial, isolé, seul, avec un sens inné pour organiser la matière". Odile Redon, Confidences d'artiste, 1894.
Situé dans le désert Oriental égyptien, Samut Nord est un site entièrement dédié à l'exploitation de l'or. Constitué de zones d'extraction et de transformation du quartz aurifère et de deux édifices dédiés au logement, il est occupé brièvement vers 310 av. J.-C. Avant leur destruction en 2017, les vestiges de Samut Nord étaient exceptionnellement bien préservés et leur exploration représentait l'opportunité d'étudier, pour la première fois et dans son intégralité, une installation minière à l'apogée de l'exploitation de l'or en Egypte. C'était aussi l'occasion de comparer le témoignage des vestiges archéologiques aux descriptions des mines antiques laissées par Agatharchide de Cnide, qui vécut au IIe s. av. J.-C. La confrontation des données permet de dresser un panorama inédit sur la chaîne opératoire qui a produit une partie de l'or dont Ptolémée, fils de Lagos, avait besoin pour conduire sa politique en Méditerranée. L'étude attentive de tous les vestiges, y compris les plus modestes, permet aussi de reconstituer les conditions de vie des habitants (soldats, intendants, mineurs, dont peut-être des femmes) qui ont, durant quelques saisons, vécu au milieu du désert pour en exploiter les richesses. Elles étaient manifestement effroyables. Sont adjoints à ces chapitres l'étude de trois villages de mineurs localisés dans le district de Samut, occupés au Nouvel Empire et à l'époque médiévale.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.
Résumé : Ce livre est né de dix années d'affût, et d'un si long regard que l'oeil qui observait s'est peu à peu identifié à l'oiseau qu'il pourchassait. Chasseur pacifique, chasseur d'images, qui a épié les faucons pèlerins dans une vallée débouchant sur les marécages de l'estuaire de la Tamise, entre octobre et avril, quand les étangs désertés se chargent des brumes et des silences de l'automne, des soleils pâlis et des drames de la nature, et qui, à son tour devenu proie, s'est fondu dans le paysage mouillé, s'est fait lui-même roman, journal, livre de nature, poème-jeté, comme l'oiseau, point dans le ciel, parole dans le silence. Ce livre, d'abord publié au Mercure de France, en 1968, était épuisé, nous le rééditons enrichi d'une postface de Francis Tabouret, dans la traduction d'Elisabeth Gaspar, revue.