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DU SENTIMENT DE LA NATURE DANS LES SOCIETES MODERNES ET AUTRES TEXTES
RECLUS
PREMIERES PIERR
22,40 €
Épuisé
EAN :9782913534049
Elisée Reclus (1830-1905) ne fut pas seulement le " géographe le plus prolifique de tous les temps ", il fut sans doute aussi le plus sensible. Loin de réserver jalousement sa discipline aux spécialistes, il invitait à l'aborder comme l'occupation privilégiée d'un homme complet : selon lui, un homme doué de l'appétit du concret, actif, animé du désir ardent de refaire la terre et qui, de sa place, se sent lié aux forces du cosmos. La terre, la science, l'art et l'humanité forment la matière des textes rassemblés pour la première fois dans ce volume. Depuis la préservation de la nature jusqu'à la rénovation urbaine, de la refonte du calendrier à la géographie comparée, de la condition animale à la critique de la divinisation de Marx par ses sectateurs mêmes, ils expriment la recherche de la totalité à conquérir par l'homme. Une totalité ouverte sur la vie, sur l'avenir et sur les autres.
4e de couverture : « À mesure que grandissent notre savoir et notre puissance matérielle, notre volonté d'homme se manifeste de plus en plus impérieuse en face de la nature. » Si l'homme était plus attentif à la beauté de la nature, il cesserait de courir et s'arrêterait pour cueillir le bonheur au détour d'un ruisseau. Le modeste ruisseau comme le fleuve majestueux, la cascade légère comme l'imposant glacier deviennent sous le regard d'Élisée Reclus des sources inépuisables de savoir, des manifestations sublimes de l'harmonie naturelle. C'est avec la curiosité du savant et l'émerveillement du poète qu'il nous livre ses réflexions sur l'origine des montagnes et des cours d'eau, mû par le désir de retrouver une simplicité originelle dans l'observation de la nature. Pourquoi l'homme ne prend-il pas exemple sur le ruisseau qui creuse son chemin tout en composant avec l'ordre environnant ? L'observation de la nature doit nous apprendre un progrès raisonné et respectueux. C'est à cette seule condition que l'homme pourra se vanter d'être la plus intelligente des créatures terrestres. Accompagner Élisée Reclus le long de ses marches, c'est se donner l'opportunité d'en prendre conscience.Notes Biographiques : Élisée Reclus (1830-1905), grand géographe, voyageur et anarchiste, est un précurseur de l'écologie. Il est l'auteur d'une Géographie universelle. Aymeric Caron est journaliste et écrivain. Il est l'auteur de No steak (Fayard, 2013), Antispéciste (Don Quichotte, 2016) et Utopia XXL (Flammarion, 2017).
Résumé : En 1900, il est le géographe le plus célèbre au monde et une gloire nationale. Grand voyageur, anarchiste militant venu du calvinisme, admirable écrivain que l'on compara à Buffon ou à Michelet, végétarien et sensuel, communard et taulard, féministe: et défenseur de l'union libre, intellectuel autodidacte sans oeillères ni frontières trois fois parti en exil, Elisée Reclus (1830-I905) est, enfin, en passe de devenir un classique. Le lecteur d'aujourd'hui s'empare d'Elisée Reclus pour jouir de la beauté de sa langue et mieux comprendre les enjeux de notre époque. Le chantre de la libre association des individus selon leur "bon vouloir", d'une mondialisation égalitaire, d'une fraternité humaine d'échelle planétaire, qui a toujours refusé d'appartenir au "monde banal des classes gouvernementales", ne s'impose pas à nous comme un maître. Il fait bien mieux : son tact et sa passion nous éclairent et nous inspirent. Il demeure aujourd'hui ce "phare dans le lointain" évoqué par son neveu, l'historien de l'art Elie Faure. Cet ouvrage est ce que l'on nommait au XVIIIe siècle un "esprit", une distillation de l'ensemble des écrits d'Elisée Reclus. Il invite à goûter la qualité exceptionnelle d'une oeuvre et celle de l'encyclopédiste lumineux qui la composa.
La lecture de l'article d'Elisée Reclus "La guerre du Paraguay" , qu'il publia dans la Revue des Deux Mondes le 15 décembre 1867, montre que malgré son point de vue a priori favorable au Paraguay (qu'il compare à la France révolutionnaire) il fait une analyse pénétrante des rapports de force entre les belligérants et anticipe les conséquences du conflit. Dans cette guerre, qui opposait le Paraguay à la "Triple Alliance" (Argentine, Brésil, Uruguay), la situation militaire était alors bloquée ; Elisée Reclus explique aux lecteurs français la situation étrange où se trouvent alors les belligérants et analyse les dissensions dans la Triple Alliance, la force du Paraguay et la faiblesse du Brésil. Il est clair, à le lire, qu'il voit largement le premier comme une sorte de réincarnation de la France révolutionnaire, en guerre contre toute l'Europe d'Ancien Régime, et dans le second un pendant tropical de l'Empire de Napoléon III, qui l'a condamné à l'exil, un prisme qui colore quelque peu ses analyses. Mais il serait évidemment injuste et ridicule de s'en tenir là et de tenir rigueur à Elisée Reclus de quelques erreurs dans ses pronostics sur l'issue d'une guerre, à l'issue alors bien incertaine, alors qu'on ne peut au contraire qu'admirer la justesse de ses analyses géopolitiques sur la situation des puissances en présence. Au moment où Elisée Reclus décrit la situation militaire est étrange et probablement inédite : la flotte de haute mer brésilienne est bloquée dans un bief fluvial, entre deux forteresses paraguayennes. C'est le résultat imprévu du plan de bataille des forces de la Triple Alliance après l'échec de son offensive terrestre. Plus de cent quarante cinq ans après la fin de ce conflit, quelles traces a-t-il laissées ? Au Paraguay, le souvenir du drame que furent, non seulement la défaite contre les alliés, mais surtout les énormes pertes humaines de la guerre sont toujours rappelés comme étant la principale origine du retard de développement, comparable à ce qu'a été pour la Bolivie la perte de l'accès à la mer lors de la guerre du Pacifique. [Hervé Théry et Sébastien Velut, "Elisée Reclus et la guerre du Paraguay" , Terra Brasilis (Nova Série) [En ligne], 7 | 2016]
Résumé : La guerre de Sécession (1861-1865) aux Etats-Unis fut une guerre totale. Le sang coula à flots durant les combats entre les Unionistes (Etats du Nord) et les Confédérés sécessionnistes (Etats du Sud) adeptes de l'esclavage. Précepteur dans la famille d'un planteur esclavagiste, le jeune géographe et anarchiste Elisée Reclus avait vécu trois ans en Louisiane. Il s'y était forgé une connaissance intime de l'Amérique "terre de 1'esclavag e". Parues dans la Revue des Deux Mondes à laquelle il collabora abondamment, les études historiques réunies dans ce volume analysent les forces des belligérants sous un angle politique, social et géostratégique original pour l'époque. On y découvre comment un pacifiste se fait le chroniqueur d'un "carnage complètement inutile", avec l'espoir de voir disparaître "le spectacle de la servitude." Adjoint aux articles de Reclus, le récit militaire du Prince de Joinville, fils du roi Louis-Philippe, protagoniste engagé dans les rangs nordistes, complète cette vision inédite de la mobilisation française des amis de la liberté.
Tout comme les escargots et les coquillages, l'être humain sécrète son logement", note John Burroughs (1837 - 1921) dans Construire sa maison. Des maisons, l'écrivain naturaliste américain en dessina, construisit et restaura plusieurs au cours de sa longue existence. Chacune témoigne du même parti pris : bannir toute affectation, tout geste architectural, toute rupture prométhéenne, au profit d'une beauté que Burroughs appelle "négative", mieux accordée, selon lui, à l'existence intime. En 1876, il tire de son expérience un petit essai qui soulève, comme en passant, des questions vitales quant au rapport des hommes à leur espace commun. Bien que Burroughs ne le formule jamais explicitement, la maison y apparaît non seulement liée à l'existence et à la dignité humaines, mais plus précisément comme une émanation de l'essence de l'homme s'accomplissant par son alliance avec la matière. D'où une insistance sur le savoir-faire dans Construire sa maison. On y lira donc de savoureuses recommandations pour "la quête passionnée des pierres", la façon de choisir les arbres et d'en employer le bois, etc.
Résumé : A côté de nombreux travaux portant sur des sujets aussi divers - en apparence - que la théorie de l'inconscient, l'anatomie comparée, ou la physiognomonie des montagnes, Carl Gustav Carus a laissé le récit détaillé du voyage qu'il fit à l'île de Rügen, sur l'incitation de son ami et mentor le peintre C. D. Friedrich. A l'époque, en 1819, cette île de la Baltique aux blanches falaises de craie pouvait encore donner " l'étrange impression d'une nature, primordiale intacte ", exceptionnellement propice " au complet abandon à ses pensées et à ses sentiments ". Carus put ainsi poser les jalons de sa célèbre théorie de la peinture de paysage, considérée comme " expérience de la vie de la terre ", et qui annonçait le projet de toute une vie : redéfinir la place de l'art et de la science dans leurs rapports à la connaissance.
Julien Duchêne aurait pu devenir, à la Sorbonne ou au Collège de France, le professeur à la mode, le Bergson de demain. Mais comment occuper une chaire quand on sait qu' " enseignée officiellement, la vérité devient mensonge " ? Renonçant bientôt à ses fonctions, mais aussi à son toit, au mariage, à l'argent, et jusqu'à ses vêtements, le professeur Duchêne devient le père Diogène. Muni du bâton, des sandales et de la besace caractéristiques, il tente de vivre, à la veille de la Grande Guerre, selon les préceptes des philosophes cyniques de l'Antiquité. On devine que la tentative - scandaleuse et jalonnée de scandales - ne va ni sans mésaventures ni sans amusants enseignements critiques.Au fil de situations comiques et graves, Le Père Diogène, jamais réédité depuis 1920, dévoile son véritable enjeu : la sagesse recherchée à partir du cynisme et du stoïcisme a pour monde une communauté universelle sans classes et sans État.Injustement oublié, Han Ryner (1861-1938) est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages. Son oeuvre théorique et romanesque est élaborée à partir de la philosophie grecque, selon une approche qui creuse l'écart entre, d'un côté, une visée d'harmonie et, de l'autre, les multiples variantes justi?catrices de ce qu'il appelle le " dominisme " et le " servilisme ".
Qu'est-ce qui fait la beauté d'un arbre? Quels aspects d'une forêt nous donnent le plus de plaisir? Voilà le sujet du Paysage de la forêt, paru en 1791 et dont aucun chapitre n'avait encore été traduit en français. Son auteur, l'Anglais William Gilpin (1724-1804), était à la fois peintre, voyageur et théoricien de l'esthétique. Surtout, il fut l'un des premiers Européens à reconnaître aux formes irrégulières et noueuses de la nature, tout comme aux paysages accidentés, une beauté particulière, en rupture avec les conceptions classiques: la beauté pittoresque. Il se démarquait ainsi d'un certain rationalisme conquérant, dont le jardin à la française, obsédé d'ordre géométrique, avait été l'expression achevée. Par la suite, après de longues pérégrinations l'ayant mené des parcs des grandes demeures aux plus sombres profondeurs forestières, Gilpin entreprit d'exposer ce qui fait la "beauté pittoresque" des différentes espèces d'arbres et des divers types d'espaces boisés. Il en est résulté un livre inclassable qui parle tant au planteur qu'au jardinier, au peintre qu'à l'érudit - et peut-être d'abord à tout promeneur aux sens éveillés. Et encore à celui qui recherche dans la nature comme la promesse d'un monde libéré des diktats de l'économie. Car tel est bien l'arrière-plan des préférences esthétiques de Gilpin: le rejet de la loi de l'utilité, du calcul et du profit.