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Le caractère destructeur. Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin
Raulet Gérard
AUBIER
20,20 €
Épuisé
EAN :9782700733501
Esthétique, théologie et politique chez Walter Benjamin. "Le caractère destructeur ne connaît qu'une devise : faire de la place, qu'une activité : déblayer" (Benjamin, 1931). Le caractère destructeur s'approprie la barbarie de l'époque : celle de la modernité en général et celle du fascisme en particulier. Tout l'effort de Benjamin a consisté à transformer ce geste destructeur en stratégie esthétique et politique : en "barbarie positive".Gérard Raulet essaie ici de rendre compte de cette tentative, par une interprétation menée au plus près des textes de Benjamin. Car Benjamin, auteur mythique, est plus souvent invoqué que réellement lu. A la lumière de cette lecture, on constate que l'oeuvre de Benjamin est le document d'un échec : l'échec des forces productives esthétiques les plus avancées (les nouveaux médias de l'époque) dont la "barbarie positive" entendait affronter le fascisme sur son propre terrain et qui n'ont su que répéter l'échec des espoirs révolutionnaires du XIXe siècle. Si cet échec ne fait pas de doute, il n'est pas question pour autant de méconnaître l'apport de Benjamin : il a inauguré une interprétation nouvelle de la modernité à partir de ses mythologies. Mais c'est aussi une raison de plus pour démythifier Benjamin, tout en sachant que cet échec reste l'horizon de notre "modernité".Cet ouvrage est le premier, parmi ceux consacrés à Benjamin, qui s'attache à une lecture précise des textes. Il devrait s'imposer comme le livre de référence d'initiation à Walter Benjamin.
Contre l'enfermement de l'univers politique qui s'origine dans la conjonction historique de la "société administrée" et du totalitarisme bureaucratique, Jürgen Habermas pose la question "inactuelle" de l'émancipation. Théorie et pratique est avant tout une interrogation sur les conditions de possibilités d'une théorie sociale conçue à des fins pratiques. Quels doivent être le statut et la forme d'une théorie sociale qui permet la discussion publique des décisions pratiques concernant la communauté? Habermas propose de rompre avec la politique scientifisée pour réactiver, contre le modèle technocratique et contre le modèle décisionniste, la question du destin raisonnable de la communauté. De là découle une interrogation sur la nature du marxisme s'agit-il d'une théorie technique ou bien d'une théorie critique, en mesure de maintenir la dimension pratique et de viser la fin de la domination? Réouverture de la question de l'émancipation, Théorie et pratique est aussi une réouverture de l'espace d'une philosophie politique critique. Du sein d'une pensée attentive à la complexité des médiations naît l'exigence utopique: "Car au vu des catastrophes qui sont à portée de la main [.,.] il semble que certains projets utopiques soient devenus le minimum nécessaire à une conservation de la vie."
La communauté n'est pas, contrairement à ce qui .est généralement admis, une notion pré- ou anti-moderne mais bien, comme cet ouvrage s'efforce de le montrer, un opérateur logique essentiel dans la manière dont la modernité se pense et du même coup un enjeu essentiel dans le débat actuel autour de la "condition post-moderne". La communauté est en effet l'un des idéologèmes mobilisés par la "modernité" pour se penser. En dépit de ses références pré-modernes et de sa détermination anti-moderniste, elle se révèle constitutive de la production de discours modernes et par conséquent inséparable des stratégies de modernisation des discours. Si l'on veut en finir avec les apories et les anathèmes dans lesquels semble s'enliser - surtout maintenant qu'il a commencé à (mal) vieillir - le débat "post-moderne", il importe de reconstituer une position critique par l'archéologie du couple idéologico-discursif de la communauté et de la modernité.
Résumé : Les textes qui forment ce recueil sont issus d'une Journée d'Etudes organisée en janvier 2000 dans les locaux de l'Ecole Normale Supérieure à Fontenay-aux-Roses, à l'initiative de l'UPRES-A 8004 du C.N.R.S. " Philosophie politique contemporaine ". Prenant l'occasion de l'ouvrage de Solange Mercier-Josa, Entre Hegel et Marx. Points cruciaux de la philosophie hégélienne du droit, L'Harmattan 1999, qui a renouvelé la compréhension du Manuscrit de 1843 ou Manuscrit de Kreutznach, elle se proposait d'explorer les richesses et les énigmes de cet écrit liminaire du corpus marxien. Depuis sa découverte au début des années 1930 et son utilisation intensive dans les années 1960 et 1970, le Manuscrit consacré par le jeune Marx au commentaire continu d'une grande partie de la section sur le " droit public interne " de la Philosophie du droit de Hegel, avait essentiellement servi à tenter de " régler " la question de l'héritage hégélien dans la dialectique marxiste ou à explorer les voies d'une démocratisation de la révolution communiste. Les commentateurs d'aujourd'hui ont entrepris de déployer toutes les couches d'écriture, les virtualités de lecture, les conflits immanents à un texte particulier, qui institue en acte la confrontation du constitutionnalisme, du libéralisme, du jacobinisme et du socialisme naissant, et qui en dégage les enjeux philosophiques : la souveraineté du peuple comme puissance réelle, la subjectivité politique individuelle et collective, l'antinomie de la propriété et de l'égalité juridiques, les paradoxes de la représentation du " social ". Bien loin de l'enfouir dans la poussière philologique, ils permettent ainsi d'en comprendre l'étonnante résonance critique dans notre actualité à la fois " post-hégélienne " et " post-marxiste ".
De l'Allemagne d'avant 1945 nul n'ignore qu'elle fut la "patrie des poètes et des penseurs", parallèlement à un destin national singulier qui avait fini par faire de ce pays une manière d'objet philosophique en soi. Mais l'Allemagne, ou plutôt les Allemagnes, d'après 1945? Là où la France, cultivant un rapport mythologisé à elle-même et à sa continuité, s'est autorisé bien des cécités, tout porte à penser que la coupure subie par l'histoire allemande a favorisé une confrontation plus rude, plus réaliste et plus exigeante au passé comme à la contemporanéité. Un gigantesque chantier pour une épistémè en restructuration radicale: c'est ainsi qu'apparaît à Gérard Raulet le demi-siècle écoulé. De sa restauration dans les premières décennies de la RFA et dans la RDA jusqu'aux débats actuels sur le libéralisme et le communautarisme, la philosophie allemande a remis en question sa conception de la Bildung et d'une culture atemporelle. Le présent livre ne se résume pas à une série de monographies sur des systèmes de pensée. Il inscrit ces derniers dans le mouvement général des idées et dans les problématiques à la fois intellectuelles et politiques dont ils sont indissociables.