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Apologie de la citoyenneté
Raulet Gérard
CERF
15,00 €
Épuisé
EAN :9782204060592
En France, le modèle républicain est confronté au défi de l'intégration. Aux Etats-Unis, les " communautaristes " mènent une réflexion critique sur la société libérale, laquelle, par sa réception en Allemagne, notamment par Jürgen Habermas, commence à être connue en France. Toutefois, elle ne tient pratiquement aucun compte du modèle républicain français. Cet essai s'inscrit dans ces deux débats ; il tente tout à la fois d'introduire le modèle français dans le débat germano-américain et de le soumettre à un examen critique à la lumière de ce dernier. Inévitablement, il inclut aussi une discussion avec Habermas. Mais son intention est avant tout de dégager de la tradition républicaine une conception de la socialisation et de la raison publique qui ne soit ni moraliste, ni seulement procédurale.
L'oeuvre de Walter Benjamin présente une cohérence beaucoup plus grande qu'on ne l'admet communément, sous le prétexte qu'elle est demeurée inachevée. Toute sa réflexion part, comme on essaie de le montrer dans cet essai, du « Programme d'une philosophie à venir » rédigé en 1917. La philosophie du langage qu'il requiert contient déjà in nuce la théorie de l'allégorie développée dans Origine du drame baroque allemand. Elle fonde également les essais sur la critique et sur l'oeuvre d'art, car l'art et la philosophie ont en commun la présentation de la vérité et il importe de comprendre les formes artistiques et les systèmes philosophiques comme des « langages », voire des « langues ». Quant aux « images dialectiques » du grand oeuvre inachevé, les Passages parisiens, elles appliquent la théorie de la critique et de l'allégorie aux mythologies modernes du XIXe siècle afin de détruire leur charme. L'intention politique de cette « théorie du réveil » prend toute sa portée en faisant de l'oeuvre d'art le médium du combat politique contre le fascisme, un combat qui devra aller au bout de la destruction de l'apparence esthétique afin de contrecarrer l'esthétisation de la politique.
La pensée de Marcuse est confrontée aujourd'hui à la capacité du capitalisme à engendrer des "mixtes" mettant en échec toute critique. La conjonction d'un individualisme effréné et de la domination planétaire de la technique semble réaliser au-delà de toute "espérance" la civilisation unidimensionnelle dénoncée par le philosophe.
De l'Allemagne d'avant 1945 nul n'ignore qu'elle fut la "patrie des poètes et des penseurs", parallèlement à un destin national singulier qui avait fini par faire de ce pays une manière d'objet philosophique en soi. Mais l'Allemagne, ou plutôt les Allemagnes, d'après 1945? Là où la France, cultivant un rapport mythologisé à elle-même et à sa continuité, s'est autorisé bien des cécités, tout porte à penser que la coupure subie par l'histoire allemande a favorisé une confrontation plus rude, plus réaliste et plus exigeante au passé comme à la contemporanéité. Un gigantesque chantier pour une épistémè en restructuration radicale: c'est ainsi qu'apparaît à Gérard Raulet le demi-siècle écoulé. De sa restauration dans les premières décennies de la RFA et dans la RDA jusqu'aux débats actuels sur le libéralisme et le communautarisme, la philosophie allemande a remis en question sa conception de la Bildung et d'une culture atemporelle. Le présent livre ne se résume pas à une série de monographies sur des systèmes de pensée. Il inscrit ces derniers dans le mouvement général des idées et dans les problématiques à la fois intellectuelles et politiques dont ils sont indissociables.