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La pierre dans le monde médiéval
James-Raoul Danièle ; Thomasset Claude
SUP
24,00 €
Épuisé
EAN :9782840506485
La pierre et le bois sont les matières qui composent le paysage de la ville médiévale. Le savoir sur la pierre consiste à s'interroger sur les rudiments d'une science qu'il faut bien appeler la géologie, aussi bien que sur des structures politiques ou religieuses qui ont su inscrire leur réussite dans des réalisations architecturales ou artistiques, dont la pierre locale a fourni la matière. La pierre est toujours mémoire, comme support de l'écriture qui accompagne le défunt. Elle l'est aussi dans des rituels qui accompagnent le voyage, la procession. Il semble que toutes les grandes religions chargent de sens la pierre. Mémoire de la pensée religieuse, mémoire d'une civilisation antérieure, mémoire d'une légende, le long de toutes les routes, à tous les carrefours, la découverte de la civilisation médiévale et de son passé passe par une réflexion sur la pierre.
Guilhamon Elisabeth ; James-Raoul Danièle ; Mondot
Le récit, son public, l'acte de narration et la vie ont toujours été étroitement liés. Dans cet ouvrage, il sera surtout question des modalités de la représentation, quel que soit le statut du personnage au centre de la représentation, que celui-ci soit réel ou imaginaire, inconnu ou célèbre. Les études rassemblées vont de l'analyse de cas à des contributions plus générales et balaient plusieurs siècles, de la Renaissance à nos jours. Elles présentent autant de dialogues entre germanistes, romanistes et spécialistes des arts, entre médiateurs de la culture et universitaires. Oeuvres littéraires et artistiques, échanges épistolaires, ouvrages théoriques et documents historiographiques y sont mis en regard. Des témoignages ou oeuvres de médiation entre passé et présent, cultures allemande et française permettent d'abord d'entrer dans le jeu des correspondances entre le récit et la vie, l'art et son public. Les rapports entre la réalité et la fiction, qui sont consubstantiels aux oeuvres mettant en scène des vies sous un angle (auto)biographique, sont ensuite analysés. Enfin, les différentes formes que le lien entre le récit et la vie est susceptible de prendre sont observées aux périodes charnières où la rationalité et les valeurs qui lui sont traditionnellement rattachées sont mises en question.
Quelle place l'utopie occupe-t-elle dans la pensée et la création médiévale ? A cette vaste question, beaucoup de réponses ont déjà été fournies. Ce volume a l'ambition de poursuivre l'enquête. Le terme d'utopie est évidemment anachronique à cette époque, puisqu'il fut littéralement créé et développé par Thomas More au début du XVIe siècle. Mais cette absence n'a pas empêché la pensée religieuse médiévale, comme la pensée politique, d'élaborer des systèmes décrivant l'organisation d'hypothétiques sociétés. La trace de cette activité intellectuelle est présente dans bien des textes du temps. Les thèmes les plus familiers sont la réinvention permanente du mythe de l'Age d'Or et l'élaboration sans cesse redessinée de l'image du souverain idéal. Le Moyen Age se permet de rêver un passé où a existé une société qui savait faire régner le respect du droit et la justice. Et si cet heureux temps pouvait revenir? Cela serait possible, à la condition que la civilisation médiévale, consciente de ses acquis, ne se laisse pas submerger par les mondes barbares...
Les romans arthuriens s'élaborent à partir de tout un jeu sur la communication, rompue ou défaillante, que le héros aura pour mission de rétablir, de clarifier ou d'améliorer. Le vieux fonds mythologique celtique, la tradition et les divers codes psychologiques et sociaux se conjuguent pour peser tour à tour sur la langue des héros, faisant de la parole empêchée, sous de multiples facettes, un motif central de cette littérature. C'est d'autant plus sensible que l'empêchement de parole — du silence absolu au discours sybillin et voilé en passant par l'impossibilité temporaire du dire — scelle toujours le destin de l'être : c'est un tremplin formidable pour l'accès à la connaissance, pour l'épanouissement de la personnalité, pour la renaissance d'une parole authentique et prometteuse, rappelant le modèle divin. Rien ne vaut d'empêcher la parole pour mieux parler : telle est la paradoxale leçon donnée en définitive par tous ces romans, dans leur cheminement romanesque mais aussi dans leur rhétorique. En effet, les écrivains eux-mêmes semblent sans cesse réprimer leur discours, l'arrêter, le suspendre ; mais c'est le laisser deviner, voire suppléer, par le lecteur, dans une infernale logique de l'ajout. Entre l'énormité de sa production et l'empêchement de parole qui caractérisent la littérature arthurienne, le paradoxe n'est ainsi qu'apparent : c'est parce que la parole mise en scène dans les fictions romanesques est sempiternellement réfrénée que la parole mise en oeuvre dans le livre arthurien est inépuisable.
Ce volume Desir n'a repos, offert à Danielle Bohler par ses amis, collègues et anciens étudiants, propose une trentaine d'articles organisés selon trois champs de recherches universitaires au carrefour des disciplines, dans lesquels Danielle Bohler s'est investie et s'est illustrée, avec prédilection mais sans exclusive, tout au long de sa carrière à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3, puis Michel de Montaigne Bordeaux 3 : imaginaire et symbolique ; normes, histoire et anthropologie ; femmes, féminin et féminité. Derrière l'hommage à une carrière bien remplie et le témoignage d'amitié à une collègue qui a déployé une chaleureuse énergie au service des études médiévales, cet ouvrage veut être un état des lieux, un bilan d'étape et une ouverture sur les recherches menées actuellement sur le monde du Moyen Age, ses mentalités et ses représentations, ses gens et ses oeuvres, dans leur richesse, leur mouvance, et leur diversité, sans cesse renouvelées.
Ahmad Zaki fut entre 1892 et 1934 l'une des figures les plus dynamiques de la vie culturelle égyptienne : polyglotte, traducteur, bibliophile, philologue, homme d'érudition, mais épris de modernité et de voyages. A l'aise tant dans la culture arabe que française, il stupéfiait déjà ses contemporains par l'ampleur de ses connaissances et sa liberté d'esprit. Le tour d'Europe qu'il effectua à partir de 1892 et dont on présente ici la traduction intégrale a tout pour nous étonner encore aujourd'hui par éclectisme dont il témoigne. Rédigeant ses feuillets à la diable, d'où un style singulièrement alerte, l'auteur nous fait partager le regard qu'il porte à la fois en humaniste, en ethnographe amateur et en touriste bon vivant, sur l'Italie, la France, l'Angleterre, le pays de Galles, la péninsule Ibérique, auréolée pour lui du souvenir d'Al-Andalus et de ses splendeurs. Chemin faisant, ce qui se construit, dans ce récit au ton personnel, mi-parti d'humour et de souci patriotique, c'est aussi un discours occidentaliste, véhiculant savoir et représentations moins de "l'Autre", que des autres, mais sans aucune lourdeur dogmatique.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.