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L'illusion de sens. Le problème du réalisme chez le second Wittgenstein
Raïd Layla
KIME
29,50 €
Épuisé
EAN :9782841744060
Kant soulignait le scandale du scepticisme : à peine l'a-t-on enterré sous quelque sain réalisme, qu'il ressuscite de ses cendres. Qu'est-ce qu'affronter le scepticisme ? Wittgenstein a été lu diversement, qui interroge cette résurrection. D'un côté, ses Recherches philosophiques seraient pure et simple réfutation de longs siècles de scepticisme - où l'on déclare la mort du phénix. De l'autre, un ouvrage sceptique. Est-il simplement invraisemblable d'imaginer autrui comme une ombre, ou, radicalement, dénué de sens ? La limite est délicate entre l'illusion de sens et la vision juste d'une faillibilité humaine. Entre le double oubli des failles et de la fiabilité de nos concepts, dans quelle mesure peut-on être réaliste en philosophie ? Telles sont les questions qu'aborde le présent ouvrage à partir des concepts fondamentaux du second Wittgenstein : signification, grammaire et jeux de langage. D'aucuns diront qu'il ne suffit que d'avoir l'esprit robuste : nous écouterons le contrepoint d'une voix représentant une tendance distincte de la philosophie analytique, celle de Quine. Entre robustesse d'esprit et sens des failles sceptiques, quel réalisme choisir ?
Résumé : "Ni méchant ni bon, ni crapule ni honnête homme, ni héros ni insecte", ainsi se décrit l'Homme du Souterrain, construit par Dostoïevski, figure d'une connaissance de soi maladive et sans résolution. Layla Raïd propose une lecture de cette oeuvre charnière de l'écrivain russe au carrefour de la philosophie de la subjectivité de Wittgenstein et des analyses littéraires de Bakhtine. La parole de cet anti-héros, pour qui tout trait descriptif est chosification venue d'autrui, éclaire négativement le caractère inachevé de la personne humaine. Mais c'est aussi l'écriture atypique de Wittgenstein que l'auteur réinscrit dans l'histoire littéraire, telle que vue et développée par Bakhtine. Un travail dialogique sur la multiplicité des points de vue et des voix, poursuivi du Tractatus aux derniers écrits.
Intimement lié à l'histoire de l'Algérie, le destin de Robert Randau (pseudonyme de Robert Arnaud) est marqué par un incroyable don d'observation et d'analyse. Homme de pensée et d'action, il transcende le réalisme au profit d'une œuvre visionnaire et engagée. Le roman Les Colons défend une opinion autonomiste tout en développant la thématique coloniale. A l'origine de la doctrine algérianiste, Robert Randau nous présente ici l'élaboration d'une conscience intellectuelle de l'Algérie. Authentique et palpitant, son style exprime la nécessité de défendre la dignité et la singularité de la patrie algérienne. Parce que c'est une pensée qui a son importance historique, culturelle et littéraire, cette réédition de l'œuvre est utile à la France et l'Algérie, d'hier et d'aujourd'hui.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?