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Bluette
Raczymow Henri
GALLIMARD
5,85 €
Épuisé
EAN :9782070296286
Bluette, je raffolais de ce mot, la couleur de la première syllabe, la modestie ironique peut-être de la seconde. Là, ses cheveux me caressaient, et c'est depuis ce jour. J'avais à peu près l'âge de Bloom. Ah ! les Bluettes ! Louba (Hannah ? Yaffa ? Sonia ? ) disait que c'était biblique ; mais j'étais très loin des geihas rêvées. "Le Sahara progresse, dit Rose, il fut autrefois un vert paradis". Quant à moi, mon mutisme est total, j'avance dans la nuit ; et ce lamento gris-bleu n'est pas sur moi sans séduction. Tant pis. Ou bien, cette image est celle d'un enchevêtrement, ou mieux d'un entrelacs, ou encore de deux, trois, peut-être quatre fils épissés ensemble en un cordage unique et relativement stable. Mais tant de réflexion me donnait vite la migraine. Et pour l'instant le sang coule. Je navigue sur ce fleuve qui m'éloigne de la source. . ". Henri Raczymow.
Résumé : "J'ai rencontré la figure de Louis Bouilhet, non d'abord par une lecture mais par la contemplation au départ distraite de la couverture d'un fort et savant volume de 780 pages : Louis Bouilhet, Lettres à Gustave Flaubert. Je conservai, sans trop savoir pourquoi, ce livre posé droit devant moi et je le regardais parfois, comme si je tentais de percer un mystère et sans même me douter qu'il y avait bien là un mystère. Cette couverture où figuraient deux photos, l'une pleine page de Flaubert par Nadar, l'autre en médaillon de Bouilhet, me faisait signe, mais c'était comme si, dans la rue, quelqu'un vous adressait un signe sans que vous puissiez identifier le personnage. Ce qui devait arriver arriva. Un jour me sauta aux yeux cette évidence : les deux personnages, le glorieux et le méconnu, entretenaient entre eux une troublante ressemblance. ".
Spécialiste des portraits de famille, l?auteur se remémore ici sa mère, et cherche à expliquer les motifs de la mésentente qui a toujours régné entre eux, et qui a fait que son affection filiale s?est tout entière reportée sur sa grand-mère maternelle. Or l?auteur, né en 1948, est venu au monde cinq ans après l?arrestation, la déportation et la mort du frère de sa mère, dont il porte le prénom, Henri (Heinz), sa mère ayant échappé au pire. L?auteur tente donc de redonner un peu de vie à cet être fantomatique: né en Allemagne, il échappe avec sa soeur à la rafle du Vel? d?Hiv, est ensuite assigné à résidence dans un hameau de Charente, où il y sera arrêté fin 42 puis déporté et tué à Majdanek. C?est dans ces recherches sur l?histoire tragique de son oncle et la reconstitution du drame de l?Occupation que le récit prend toute son ampleur. Raczymow se rend en Charente, à Fontavie, sorte de désert provincial où il a l?impression d?une fin de terre et aussi d?histoire. Voyage qui lui permettra d?entrer dans une sorte de deuil? Etrange livre, où le souvenir et le travail sur le passé vont de pair non pour rendre vie à l?oncle martyr mais pour une sorte de réparation supérieure demandée aux lieux et au pays dans lequel l?oncle s?était réfugié, et qui l?a trahi et livré aux nazis.
Depuis son premier livre, La Saisie, Henri Raczymow, petit fils d'émigrants juifs polonais, n'a cessé de fréquenter les confins de la mémoire: mémoire collective avec Un cri sans voix, qui évoque la période de la Seconde Guerre mondiale et la shoah. Mémoire littéraire, avec Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Blum & Bloch, Maurice Sachs... Mémoire intime avec Quartier libre, Reliques, Eretz, récit dédié à son frère disparu. Et aujourd'hui Points de chute, dans lequel il nous donne sa géographie sentimentale: "Faire le tour de la France, ou plutôt un tour en France. Différents endroits susceptibles d'avoir accueilli mes pas un jour ou l'autre. Beaucoup de pas, donc, puisque beaucoup d'années. Un tour, mais non à proprement parler un cercle. Ce serait plutôt un colimaçon, mot enfantin que j'aime bien. Vous savez, l'escargot. Ou l'escalier. Ou le jeu de l'Oie. Le colimaçon secrète sa coquille. C'est bien cela. La coquille du livre. Son ossature, forte et fragile. Et sa tendresse, dedans, ou plutôt sa tendreté, à tout le moins, comme on le dit d'une bonne viande. Colimaçon? A peu près, et parfois à beaucoup près. Ou plutôt, cette figure qui jadis, dans les jeux des journaux populaires, consistait à relier des points entre eux. Et cela vous dessinait un coq, une vache, un chameau. A ceci près qu'ici ces sauts de point en point, à l'arrivée, ne dessineront rien. Pas même une carte de France. Ou alors approximative, une France de l'ère secondaire tout au plus. Un livre? Peut-être, mais sans grands contours. Un livre à ma guise. Un livre à la va comme je te pousse. Un livre en zigzags, reliant des points du temps et de l'espace. Un livre qui ressemblera à la vie, je suppose."
Résumé : Comme nombre d'adolescents, Nathan Chapiro rêve d'un voyage aux Indes. Mais voilà : il est différent de tous ceux qui l'entourent, ses professeurs et camarades de lycée autant que les filles dont il tombe amoureux avec prudence, et jusqu'à ses parents eux-mêmes, Juifs d'origine polonaise. Nathan cultive avec une fière passion intériorisée cette "différence" qui le rend unique et douloureusement seul, où qu'il aille. Au lieu des Indes aux tentations surnaturelles, impuissant à être Rimbaud, il se borne à de brefs séjours en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Espagne, au Maroc. Mais ce déraciné de naissance ne fait que s'enraciner chaque jour un peu plus dans ses rêves les plus profonds, ses désirs les plus orgueilleux. De telles racines, toutes mentales qu'elles soient, vont l'amener, irrésistiblement, à l'accomplissement du rêve et de la passion les mieux enfouis dans son âme inquiète : exprimer sa "différence" en devenant un écrivain. Comme dans Rivières d'exil et plus encore peut-être, ce qui émeut et charme, c'est la personnalité littéraire de Raczymow. Avec ses personnages, sa faconde, son sens de l'absurde, sa peinture burlesque et vivante de la société juive et de celle des "goys", il se révèle comme un grand humoriste.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.