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On ne part pas
Raczymow Henri
GALLIMARD
10,10 €
Épuisé
EAN :9782070272716
Comme nombre d'adolescents, Nathan Chapiro rêve d'un voyage aux Indes. Mais voilà : il est différent de tous ceux qui l'entourent, ses professeurs et camarades de lycée autant que les filles dont il tombe amoureux avec prudence, et jusqu'à ses parents eux-mêmes, Juifs d'origine polonaise. Nathan cultive avec une fière passion intériorisée cette "différence" qui le rend unique et douloureusement seul, où qu'il aille. Au lieu des Indes aux tentations surnaturelles, impuissant à être Rimbaud, il se borne à de brefs séjours en Angleterre, en Hollande, en Belgique, en Espagne, au Maroc. Mais ce déraciné de naissance ne fait que s'enraciner chaque jour un peu plus dans ses rêves les plus profonds, ses désirs les plus orgueilleux. De telles racines, toutes mentales qu'elles soient, vont l'amener, irrésistiblement, à l'accomplissement du rêve et de la passion les mieux enfouis dans son âme inquiète : exprimer sa "différence" en devenant un écrivain. Comme dans Rivières d'exil et plus encore peut-être, ce qui émeut et charme, c'est la personnalité littéraire de Raczymow. Avec ses personnages, sa faconde, son sens de l'absurde, sa peinture burlesque et vivante de la société juive et de celle des "goys", il se révèle comme un grand humoriste.
Spécialiste des portraits de famille, l?auteur se remémore ici sa mère, et cherche à expliquer les motifs de la mésentente qui a toujours régné entre eux, et qui a fait que son affection filiale s?est tout entière reportée sur sa grand-mère maternelle. Or l?auteur, né en 1948, est venu au monde cinq ans après l?arrestation, la déportation et la mort du frère de sa mère, dont il porte le prénom, Henri (Heinz), sa mère ayant échappé au pire. L?auteur tente donc de redonner un peu de vie à cet être fantomatique: né en Allemagne, il échappe avec sa soeur à la rafle du Vel? d?Hiv, est ensuite assigné à résidence dans un hameau de Charente, où il y sera arrêté fin 42 puis déporté et tué à Majdanek. C?est dans ces recherches sur l?histoire tragique de son oncle et la reconstitution du drame de l?Occupation que le récit prend toute son ampleur. Raczymow se rend en Charente, à Fontavie, sorte de désert provincial où il a l?impression d?une fin de terre et aussi d?histoire. Voyage qui lui permettra d?entrer dans une sorte de deuil? Etrange livre, où le souvenir et le travail sur le passé vont de pair non pour rendre vie à l?oncle martyr mais pour une sorte de réparation supérieure demandée aux lieux et au pays dans lequel l?oncle s?était réfugié, et qui l?a trahi et livré aux nazis.
Depuis son premier livre, La Saisie, Henri Raczymow, petit fils d'émigrants juifs polonais, n'a cessé de fréquenter les confins de la mémoire: mémoire collective avec Un cri sans voix, qui évoque la période de la Seconde Guerre mondiale et la shoah. Mémoire littéraire, avec Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Blum & Bloch, Maurice Sachs... Mémoire intime avec Quartier libre, Reliques, Eretz, récit dédié à son frère disparu. Et aujourd'hui Points de chute, dans lequel il nous donne sa géographie sentimentale: "Faire le tour de la France, ou plutôt un tour en France. Différents endroits susceptibles d'avoir accueilli mes pas un jour ou l'autre. Beaucoup de pas, donc, puisque beaucoup d'années. Un tour, mais non à proprement parler un cercle. Ce serait plutôt un colimaçon, mot enfantin que j'aime bien. Vous savez, l'escargot. Ou l'escalier. Ou le jeu de l'Oie. Le colimaçon secrète sa coquille. C'est bien cela. La coquille du livre. Son ossature, forte et fragile. Et sa tendresse, dedans, ou plutôt sa tendreté, à tout le moins, comme on le dit d'une bonne viande. Colimaçon? A peu près, et parfois à beaucoup près. Ou plutôt, cette figure qui jadis, dans les jeux des journaux populaires, consistait à relier des points entre eux. Et cela vous dessinait un coq, une vache, un chameau. A ceci près qu'ici ces sauts de point en point, à l'arrivée, ne dessineront rien. Pas même une carte de France. Ou alors approximative, une France de l'ère secondaire tout au plus. Un livre? Peut-être, mais sans grands contours. Un livre à ma guise. Un livre à la va comme je te pousse. Un livre en zigzags, reliant des points du temps et de l'espace. Un livre qui ressemblera à la vie, je suppose."
Un ancien employé de banque, dont tous les meubles ont été saisis, se retrouve sur la seule chaise qui lui a été laissée et cherche à comprendre qui il est, ce qu'il a été, ce qu'il devient. Il est tout d'abord seul avec sa parole, puis apparaissent le couple de voisins et son collègue de bureau. Cette enquête sur soi, étonnant mélange d'idées délirantes, de scrupules et de fabulations, prend un tour fantastique, froid et logique comme si le narrateur devenait l'arpenteur de son propre destin. Mais La saisie est avant tout le prétexte romanesque à une recherche sur l'origine et la possibilité du récit.
Dans le quartier de Belleville des années cinquante, Simon Dawidowicz vient parfois visiter ses petits-enfants. Chemin faisant, il songe aux merveilleux récits qu'il racontera ce soir-là à Mathieu et à Dominique : des histoires de Pologne, les aventures d'un énième faux Messie, l'incroyable géographie des Dix Tribus perdues... A travers l'évocation pittoresque, drôle et chaleureuse d'une petite famille juive, l'auteur nous entraîne à la recherche d'une généalogie ignorée, obscure et farfelue, ainsi que du vaste légendaire juif où fable et mémoire alternent et souvent se confondent.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : "Il n'est peut-être pas le plus grand, mais l'un des plus grands. Il peut encore défendre son titre de champion du monde, et je ne vois personne, dans la génération actuelle, qui puisse le lui ravir. Il est notre Byron, le héros couvert de gloire, couvert de femmes, couvert d'argent... Nous ne sommes pas les derniers, en France, à l'avoir aimé. Nous avions des raisons pour cela. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, nous avions accueilli un jeune Américain pauvre et déjà père de famille, qui se promenait dans nos rues et le long de notre fleuve, s'arrêtait dans nos bistrots pour y boire notre vin et écrivait dans des cahiers d'écolier des histoires de soldats et de chasseurs. Il allait au Musée du Luxembourg pour apprendre de nos peintres, M. Cézanne et M. Degas, à dire "la chose vraie". A Paris, Hemingway a vécu, aimé, écrit. Il n'a pas oublié sa dette envers notre ville et il lui a élevé un temple dédié au souvenir et au bonheur enfui : Paris est une fête. On trouvera ce texte dans le premier volume des Ouvres complètes de Hemingway. On y trouvera aussi Le Soleil se lève aussi, d'un accent si neuf, si souvent imité depuis, et L'Adieu aux armes qui demeure, comme l'a dit Malraux, le plus beau roman d'amour de la littérature moderne. La qualité des traductions de ces textes, dues à M. E. Coindreau, n'est plus à louer. On trouvera enfin, avec les nouvelles charmantes du cycle de Nick Adams qui nous donnent un portrait de l'auteur à dix-huit ans, quand il chassait et pêchait dans les forêts du Michigan, paradis perdu de son enfance, un texte jusqu'alors inédit en français : Torrents de printemps, amusante satire de certains maîtres que l'écrivain avait admirés et qu'il pastichait : ainsi un jeune homme qui pressent son génie signifie à ceux à qui il doit le plus son désir d'émancipation : c'est Barrès devant Renan, Montherlant devant Barrès, Hemingway devant Sherwood Anderson... Hemingway est le premier écrivain étranger contemporain à figurer dans le Panthéon de la Pléiade. Un jour, il faudra qu'une plaque soit apposée au coin de l'une de ces petites rues de la Montagne Sainte-Geneviève qu'Ernest Hemingway, romancier américain, 1899-1961, a si souvent parcourues. En attendant cet hommage municipal, voici un petit monument fait de papier bible, d'encre, de cuir et de colle, auquel les meilleurs esprits et les meilleurs ouvriers ont collaboré - le plus beau monument qu'un écrivain puisse souhaiter." Michel Mohrt, 1966.