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Gestes lyriques
Rabaté Dominique
CORTI
20,00 €
Épuisé
EAN :9782714311092
Extrait de l'introduction pour Olympe, Émile, Samuel et Ariane «et je danse» Imaginons d'emblée, avant de tenter de le définir, un geste lyrique, un geste heureux puisqu'il serait en même temps diction et action, imagination et effectuation. Peut-être ce geste serait-il, aussitôt, une «phrase», dans l'accomplissement rythmique et verbal d'une pensée unie avec ce qu'elle décrit, ou même avec ce qu'elle instaure. Spontanément ce sont des vers, ce sont des phrases de Rimbaud qui me viennent, et notamment celle-ci que j'extrais précisément du poème «Phrases» dans Illuminations: J'ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.' Ce paragraphe peut se lire comme un minuscule poème en prose au sein d'un poème assez énigmatique où il forme un morceau à la fois refermé sur lui-même et ouvert sur l'infini du ciel. Je le choisis parce qu'il me semble parfaitement témoigner de l'extraordinaire pouvoir d'auto-réalisation que la poésie s'est fixé comme ambition avec le tournant de la modernité. Une force d'affirmation particulière s'y exprime, qui se marque dans la tension entre la valeur descriptive des verbes (particulièrement dans l'usage du passé composé inaugural) et la puissance d'engendrement des actes qui s'enchaînent sur le fil de cette corde que les trois temps de la phrase décline. Mentalement, je vois se dérouler les préparatifs d'une fête intime qui prend les dimensions de l'univers. Les cordes deviennent guirlandes, et se métamorphosent en chaînes d'or. Le mouvement d'ouverture des fenêtres, que nous retrouverons dans le premier chapitre de ce livre, gagne le cosmos entier. Rien de plus simple apparemment que cette alchimie du verbe, qui transfigure le village en monde. Avec une efficacité qui est son secret, l'écriture de Rimbaud fait voir d'un coup, provoque l'hallucination simple dont parlent les Lettres du Voyant. Et soudain, le saut final peut s'accomplir, simplement lié par la coordination la plus neutre, comme si rien n'avait été préparé à cet effet: «et je danse». Cette clausule magnifique marque le bond vers une sorte de présent de narration mais surtout elle éternise le mouvement euphorique du sujet qui l'énonce. Ou plutôt, passant au présent, la phrase fait ce qu'elle voulait dire. Cette danse sur les sommets du monde, c'est la phrase qui vient d'en réaliser les conditions d'effectuation, selon une modalité de performativité qui devra être précisée. C'est en jouant sur le rythme des alexandrins, en prenant de l'ampleur avec la construction très simple et très savante du groupe ternaire, que le poète manifeste déjà la «danse» langagière et imaginaire que son énonciation rend réelle. En l'espace d'une phrase, d'une phrase travaillée par la répétition des points-virgules, selon une cadence qui en fait toute l'énergie continue et heurtée, la parole se fait danse. Le sujet s'échappe du cadre que le premier paragraphe posait comme oppressant, cette «matinée couverte, en Juillet». Ces quelques mots, que j'ai isolés, me semblent emblématiser merveilleusement ce que j'appellerai l'opération lyrique. C'est, conformément au voeu si présomptueux de Breton dans le Manifeste du surréalisme, par le pouvoir d'une énonciation singulière que le désir peut réenchanter le monde. Il suffit de dire, d'imaginer avec assez de puissance et, comme dans la rêverie éveillée, la toute-puissance subjective n'a plus de borne. Mais cette opération n'est pas seulement l'expression d'un sujet coupé des autres, d'un stade infantile de la pensée magique. Quand je lis cette phrase, c'est aussi bien moi qui refais mentalement le trajet imaginaire, et si je dis le paragraphe à voix haute ou intérieurement, le «je» final est aussi un peu le mien. La danse est devenue aussi celle du lecteur. La danse du langage quel qu'en soit le porteur. (...)
Genre florissant ou moribond selon les avis, le roman est très présent durant ce XX e siècle. Cette étude est subdivisée en trois périodes historiques principales et privilégie la production contemporaine. Elle analyse les ?uvres les plus connues en les replaçant dans un mouvement créateur de formes nouvelles, montrant ainsi la richesse du genre romanesque.
La notion d'" écriture blanche ", avancée par Roland Barthes dans Le Degré zéro de l'écriture à propos de Camus, Cayrol et de Blanchot, a connu et continue de connaître une fortune critique importante. Légitimement étendue aux oeuvres de Perec, Ernaux, Bove, Duras, comme à la poésie anti-lyrique, revendiquée par les uns mais contestée par les autres, cette catégorie est désormais invoquée pour désigner des formes d'écriture et des choix stylistiques très divers. Dans un dialogue original entre études critiques et paroles d'écrivains (Annie Ernaux, Leslie Kaplan, Emmanuel Hocquard, Christian Oster et Antoine Emaz), le présent ouvrage déploie l'histoire et la théorie de cette notion critique, envisage ses applications, ses valeurs métaphoriques et ses frontières avec les autres arts, notamment avec le " minimalisme " plastique et la photographie. En posant la question cruciale du style littéraire dans la littérature contemporaine, il permet ainsi de cerner pour la première fois une notion capitale dans les enjeux esthétiques d'aujourd'hui.
Dans Voyage au Phare, Virginia Woolf parle de "la vieille question qui continuellement traverse le ciel de la pensée, la vaste question générale", qui accapare soudain I.ili Rriscoc. Cette question n'est rien moins que celle-ci: "Quel est le sens de la vie?". Et c'est au même personnage qu'on doit la remarque qu'il s'agit d'un "simple slogan, glané dans quelque livre, qui ne s'ajustait que vaguement à sa pensée". "Le sens de la vie": l'expression porte à sourire, tant elle semble usée et formulaire. On s'étonnera donc que j'aie inscrit clans le titre de ce livre pareil "slogan", sans prendre la précaution de le mettre en italique ou de l'inclure clans une question - ce que Briscoe fait avec plus de prudence. Si je n'ai pas choisi d'afficher une telle ironie, ce n'est pas parce que j'ai l'intention de donner une réponse (même complexe) à semblable question. Je montrerai plutôt que la question doit demeurer, comme une inquiétude, comme un partage. Ce que je veux souligner, avec sérieux, c'est l'articulation que le roman moderne opère quant à cc questionnement dont il fait sa matière mystérieuse. Ma thèse, si je la simplifie, est que le roman est l'un des lieux privilégiés où ce questionnement se réfléchit avec le plus d'ampleur, le plus de finesse, où se relance "la vieille question" mais selon des inflexions singulières, des réponses partielles, des apories indécidables. Je prolonge une intuition capitale de Walter Benjamin qui voit dans le roman moderne la recherche passionnée du sens de la vie pour des consciences séparées et solitaires. C'est cette intuition que je discute dans cet essai. Selon trois temps: d'abord une méditation théorique sur l'idée de "vie à soi" et les pouvoirs de la fiction, méditation qui appelle deux lectures d'oeuvres célèbres: La mort d'Ivan Iltitch de Tolstoï et Voyage au Phare de Woolf. Car c'est en nouant le plus personnel avec l'impersonnel que le romancier sait nous donner à penser la vie comme l'impossible totalité qui est la nôtre et qui ne cesse de nous échapper. Dominique Rabaté.
Un enfant solitaire et grave hante toute l'?uvre de Louis-René des Forêts. Il est l'image d'une souveraineté perdue, d'une puissance que le langage ne pouvait que trahir. Il est aussi la promesse d'un retour inattendu, le gage d'une part inaliénable où la parole puise le plus vif de sa force. Sur le visage de cet enfant, flotte un sourire mystérieux, comme sur le portrait de Pierre Klossowski enfant qui se trouve à la fin du Malheur au Lido. À la fois grave et joueur, teinté d'une légère et indéfinissable ironie, le visage de cet enfant nous fait face. Il est la preuve d'un moment irrécusable du passé, un fragment du monde déposé par la lumière sur la page blanche. Il est aussi une invitation à la fable. Il est réel ; il est fictif. Cet enfant est les deux en même temps. Son charme, comme celui de l'?uvre de Louis-René des Forêts, est de maintenir, dans leur antagonisme irréductible, entre souveraineté et ironie, en suivant le volume incertain d'une voix, les potentialités qui sont celles de la littérature quand elle tente de se voir en son miroir truqué et fabuleux. D. R.
Rigal Gwenn ; Latil Magali ; Guitton Philippe ; Pi
Ce livre est une synthèse claire et accessible de l'ensemble des hypothèses formulées au fil du temps par la communauté scientifique pour tenter de répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet : d'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, "Le Temps sacré des cavernes" accorde une attention égale à chaque théorie, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes. La première partie présente l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son équipement, ses structures sociales et son mode de relation à l'environnement (humains, animaux, éléments). Les traces qu'il a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité introduisent la seconde partie. Exclusivement consacrée aux interprétations, cette dernière se fonde sur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : art pour l'art, zoocénose, rites d'initiation, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, zodiaque préhistorique, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra se forger son intime conviction.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.
Né à Mexico le 31 mars 1914, Octavio Paz est considéré comme le plus grand poète d'Amérique latine et un théoricien hors pair de la littérature. Ambassadeur du Mexique en Inde pendant de longues années, il n'a cessé de confronter la conception occidentale de la création à celle de l'Orient. Il a dirigé Vuelta, la plus importante revue d'Amérique latine et a aussi donné des conférences dans diverses universités d'Europe et d'Amérique. Octavio Paz a reçu le prix Cervantès en 1981 et le prix Nobel de Littérature en 1990. Il est décédé à Mexico en avril 1998.Claude Roy est né en 1915 à Paris. Poète, essayiste, romancier, critique, journaliste et traducteur de poésie chinoise, il fut aussi un grand voyageur toujours attentif aux drames du monde et à ses espoirs. La guerre, la Résistance, les États-Unis, la Chine, le tiers-monde, l'U.R.S.S. tiennent une place importante dans son ?uvre. Il a collaboré au "Nouvel Observateur" et a été membre du Comité de lecture des Éditions Gallimard. Il a reçu le premier Goncourt/Poésie en 1985 et le prix Guillaume-Apollinaire en 1995 pour l'ensemble de son ?uvre. Il est décédé le 13 décembre 1997. Un de «ceux qui touchent à tout parce que tout les touche, mais qui savent aussi que tout se touche, se tient». Ainsi se définissait Claude Roy. «Il faudrait parvenir à ne pas écrire ?des livres d'enfants? ou des livres ?de grandes personnes?. Il faudrait arriver seulement, de quatre à cent quatre ans, à écrire pour être un délivre-enfants» (Claude Roy).Né le 4 juillet 1899 à Rezé près de Nantes, Benjamin Péret participe aux activités du groupe surréaliste dès 1919 et en particulier aux expériences d'écriture automatique. Il effectue de nombreux voyages à l'étranger et réside au Mexique de 1939 à 1948. Il meurt à Paris le 18 septembre 1959.
Dans Folioplus classiques, le texte intégral, enrichi d'une lecture d'image, écho pictural de l'?uvre, est suivi de sa mise en perspective organisée en six points : - Mouvement littéraire : La révolution surréaliste - Genre et registre : Le lyrisme amoureux - L'écrivain à sa table de travail : De l'écriture du poème à la construction du recueil - Groupement de textes : L'insaisissable objet du désir - Chronologie : Paul Éluard et son temps - Fiche : Des pistes pour rendre compte de sa lecture. Recommandé pour les classes de lycée.
«Jouant de tous les registres, depuis les mètres traditionnels jusqu'au poème figuré, jamais Apollinaire n'a montré dans son expression une telle audace et une telle invention.Ni dans son inspiration.Amant persuadé queLe vice n'entre pas dans les amours sublimesil chante la joie et la douleur des corps sans oublier que "le corps ne va pas sans l'âme", à la fois rêvant d'un inacessible absolu et acceptant les partages les plus dérisoires.Soldat vivant au jour le jour les misères des premières lignes, il a le courage de contempler l'insolite beauté que suscite la guerre, et de la dire.Mais dans la magnificence de l'amour comme dans l'émerveillement qu'il ressent, artilleur, sur la ligne de feu, il reste, proche de nous, l'homme qui sait sa faiblesse et le prix de l'attente : Je donne à mon espoir tout l'avenir qui tremble comme une petite lueur au loin dans la forêt.»Michel Décaudin.
Résumé : Fêtes galantes, un recueil court, composé de 22 poèmes dans des formes métriques très variées, met en scène des scènes de séduction et de badinage amoureux entre des personnages issus du monde de la commedia dell'arte italienne et d'une campagne idéalisée. Quant au recueil Romances sans paroles, il se divise en 4 parties : les Ariettes oubliées, Paysages belges, Birds in the Night et Aquarelles. Le recueil porte l'empreinte de l'intérêt du poète pour la musicalité des chansons et pour la peinture en général. Paul Verlaine, poète français (1844-1896). Fêtes galantes est un recueil de poèmes publié en 1869. C'est le deuxième recueil signé par le poète après les Poèmes saturniens de 1866. Il publie quelques années après le recueil de poésie Romances sans paroles (1874).