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Esquisses autobiographiques
Quincey Thomas de
CORTI
30,90 €
Épuisé
EAN :9782714305046
De Quincey, tout comme Nerval en France, fut longtemps considéré comme un auteur mineur du romantisme et comme Beckford, on ne vit longtemps en lui que l'auteur à scandale d'un seul titre, Les confessions d'un mangeur d'opium anglais, livre magnifique et toujours renaissant depuis Musset et Baudelaire. Certaines oeuvres traduites récemment dont Suspiria, les Lettres à un jeune homme dont l'éducation a été négligée, ou La révolte des Tartares, avaient déjà permis un changement de perspective. Les Esquisses autobiographiques, par leur ampleur et leur originalité, montreront enfin la grandeur et la modernité d'un écrivain majeur. Là vie de l'auteur n'est plus présentée sous la forme d'un présent éternisé dans l'instant de la vision, mais en des périodes clairement distinctes, en chapitres et en épisodes fragmentés. De Quincey est l'interprète de l'expérience passée, même s'il n'accorde parfois aucun intérêt aux circonvolutions d'une vie individuelle - chose rare dans une autobiographie - ou au voyeurisme de son lecteur. Il est aussi le premier à concevoir l'autobiographie comme écrite conjointement par l'auteur et ses lecteurs, comme une "lentille au travers-de laquelle nous observons l'interaction des forces sociales et technologiques dans un esprit sensible et perceptif", comme éclatement des genres d'écriture - du plus sobre au plus intellectuel et au plus passionné -, comme fugue fatalement inachevée puisqu'elle contiendra toujours un principe d'incertitude. Il ne saurait y avoir d'interprétation définitive de la vie de l'auteur et de son ouvrage. A l'intérieur même de ce genre codifié, De Quincey insère de fulgurants aperçus sur des sujets tant littéraires qu'historiques, artistiques que philosophiques, personnels que sociaux. Il semble donc bien que ce soit dans ces Esquisses qu'éclate le mieux le génie universel de De Quincey, capable de s'attaquer à tous les genres et d'y réussir en les bouleversant - le laudanum n'ayant pas entravé les facultés créatrices mais les ayant multipliées.
Voici l'histoire. Un écrivain, Thomas De Quincey en l'occurrence, se voit demander un texte pour l'Album d'une grande institution littéraire. Paresseux, il décide de repêcher un de ses vieux textes parmi ses archives ; repêcher au sens strict de l'expression, puisqu'il conserve ses manuscrits dans une baignoire, débordante de toutes sortes de papiers. L'opération doit s'effectuer en grande pompe : trois jeunes femmes assisteront en tant que juges à la pêche au manuscrit pour éviter toute forme de filouterie, et un jeune homme, emblème de candeur, plongera dans la baignoire providentielle... Splendide apparat qui ne favorisera pas vraiment le sort.Ce court texte méconnu de Thomas De Quincey offre l'un des plus beaux apologues qui soient sur la création littéraire, l'illusion de maîtrise, la tentation de planifier l'imprévisible, l'incommensurabilité de la cause et de l'effet, l'incohérence fondatrice des choses humaines. Il esquisse en somme, avec un siècle d'avance, une joyeuse théorie des catastrophes.
Cet essai en forme de conférence prétendument prononcée devant les honorables membres de la Société des connaisseurs de meurtres est un pur chef-d?oeuvre d?humour noir, où De Quincey imagine de considérer l?assassinat sous un angle purement esthétique, le crime parfait devant obéir à des règles strictes. Il analyse ainsi la qualité esthétique des assassinats commis depuis Caïn jusqu?à Burke et Hare, qui attiraient des vagabonds chez eux pour les étouffer sous des oreillers et les vendre comme sujets anatomiques, et jusqu?à William, qui venait alors de terrifier Londres en anéantissant deux familles entières. Le tout, bien entendu, raconté selon des variations drolatiques, sur un mode ironique et léger.
Thomas de Quincey retrace, de façon très personnelle, l'histoire extravagante, picaresque et exotique de Catalina de Erauso, une jeune nonne espagnole qui s'enfuit de son couvent, embarqua pour l'Amérique déguisée en garçon, s'enrôla dans l'armée et vécut une vie d'aventures, laissant quelques cadavres sur sa route: « Moi, je l'aime cette Kate, toute maculée de sang qu'elle est... La seule nécessité oblige l'homme à donner à de nombreux actes le nom de crimes, alors qu'un sens plus élevé enseigne en secret à les compter, à la réflexion, parmi les plus légers. »
Gaston Bachelard (1884-1962) est le premier à avoir pris comme principal sujet de recherche l'imagination de la matière. Ses neufs grands ouvrages (traduits dans plusieurs langues) ont renouvelé durablement la critique.Avec La Terre et les rêverie de la volonté, Bachelard se rapproche de Jung. Le livre atteste qu'il n'a pas qu'une mais plusieurs méthodes, ce qu'on appellera la " nouvelle critique " s'en inspirera." Je ne crois pas nécessaire de camper ici un portrait de Bachelard. Toute la presse s'en est chargée dans la dernière année de sa vie. Elle n'a rien laissé ignorer de cet homme trapu, râblé et d'une corpulence tout à fait 1900. (...). Tout le monde sait maintenant qu'il avait le visage même du philosophe, tel du moins que le rêve l'imagination populaire. On en a admiré la chevelure romantique et la barbe peu soucieuse du ciseau.Ses familiers, ses étudiants savent seuls qu'il avait l'accueil jovial, la parole vive et que son rire était toujours prêt à fuser aux bons mots - et même aux calembours, à ceux des autres comme aux siens - que la conversation faisait jaillir.Bachelard forçait la sympathie dès l'abord : il n'est pas si commun de voir un grand esprit sous l'apparence d'un homme simple et comme ordinaire. Il avait conquis la mienne dès notre première rencontre, un an après la publication de son Lautréamont.Je veux dire ici ma reconnaissance à Albert Béguin... C'est à lui que je suis redevable d'être l'éditeur de Bachelard ; de Bachelard de qui les quatre livres majeurs qu'il m'a donnés ont été la semence d'où est née la critique nouvelle. "José Corti, Souvenirs désordonnés.
J'ignore tout de Solange Brillat ou plus exactement, j'ignorais tout. La presse, ces derniers jours, évoque sa disparition et publie une photo noir et blanc. Solange sourit, et derrière son sourire il y a un lac. Où cela peut-il être ? Qui a pris cette photo, à quelle occasion ? Un journaliste qui avait frappé à ma porte la semaine dernière cite mon témoignage, quelques mots que je me souviens vaguement avoir prononcés : "Selon son voisin, c'était une jeune femme très discrète, banale." J'imagine Solange Brillat quelque part à une table de café, lisant les épithètes de sa gloire et tentant de se remémorer son voisin. Très discrète, banale. Ces mots aujourd'hui, je les regrette"
Le Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.