Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La correspondance de Fradique Mendes
Queiroz Eça de ; Piwnik Marie-Hélène
CHANDEIGNE
15,00 €
Épuisé
EAN :9782367322131
Fradique Mendes est un dandy, visionnaire, d'une grande érudition, un brin provocateur et attachant qui vit entre Paris et Lisbonne, en passant par Le Caire, où il côtoie les intellectuels et artistes de son temps : Baudelaire, Leconte de Lisle, Théophile Gautier... Sa biographie, prétendument écrite après sa mort par son meilleur ami, introduit le livre. Suivent 24 lettres, attribuées à Fradique, qui sont adressées à des personnages réels, contemporains et amis d'Eça de Queiroz lui-même ainsi qu'à d'autres interlocuteurs fictifs... Elles présentent une grande diversité de thèmes : philosophiques, politiques, religieux, sentimentaux ou encore des sujets plus légers comme la dissertation sur l'art de s'habiller... On y lit des portraits au vitriol de "types" balzaciens, ou des saynètes aussi cruelles qu'hilarantes. Publié à titre posthume, La vie extravagante de Fradique Mendes est indubitablement un chef-d'oeuvre : Eça de Queiroz sait capter et révéler à merveille l'air du temps en proposant une sorte de roman épistolaire qui brouille les frontières du genre et par conséquent celles de la réalité... Qui se cache derrière Fradique ou son ami narrateur ? Eça lui-même ? Le côté expérimental de l'eeuvte lui donne un côté indéniablement moderne : Eça de Queiroz précurseur de Pessoa et de son théâtre de personnages. Intelligent et drôle : bref jubilatoire !
Eça de Queiroz José Maria ; Ramalho Ortigão José ;
Le Mystère de la route de Sintra a été livré par fragments au journal portugais Diário de Notícias du 23 juillet au 27 septembre 1870. Sorte de canular destiné à mystifier les lecteurs du grand quotidien de Lisbonne, il se présente comme un feuilleton rapportant des faits authentiques. Deux hommes sont menés, les yeux bandés, au chevet d'un cadavre par des assaillants masqués; pour élucider cette mystérieuse affaire, les protagonistes eux-mêmes, chacun enquêtant pour son propre compte, envoient des lettres au journal local. Mises au point, déductions et suppositions sont avancées au fur et à mesure de la publication de ces lettres, contribuant à faire rebondir l'histoire. Cette oeuvre inclassable mêle le romantisme le plus fou à la farce et à la dérision. Parallèlement paraît, dans la collection "Minos", Son Excellence (Le comte d'Abranhos).
Entre 1893 et 1897, Eça de Queiroz, qui était consul du Portugal à Paris, envoie, régulièrement, depuis la capitale française des Lettres ou des Billets à la Gazeta de Notícias, journal brésilien. La verve, l'esprit caustique, la plume acide du grand écrivain qu'il est, rendent ces articles sur la politique, les moeurs du temps, à proprement parler irrésistibles. "M. Casimir Périer a donné sa démission de président de la République comme un commis maltraité et fâché qui, un jour de crise commerciale, prend brusquement congé et s'en va, en s'épanchant sur les turpidudes du magasin et en claquant les portes." Comme l'écrit Pierre Léglise-Costa dans sa préface : "Il cherche à interpréter les événements à la lumière de ses immenses connaissances et de la pertinence de son esprit, avec une liberté proprement surprenante. Quoique toujours favorable aux idées progressistes, il sait varier les points de vue de manière à pouvoir aller au-delà de toutes les apparences. Dans une lettre à son grand ami Ramalho Ortigão, il exprime le souhait de voir réunis dans un livre les différents envois qu'il avait faits au journal brésilien, et qu'il avait lui-même divisés en Echos de Paris, Lettres à des familiers et Billets de Paris, puis de les retravailler afin que ce soit "un livre tolérable". La mort l'en a empêché et il nous laisse simplement cette prose nerveuse, efficace, vive, ce regard sur le monde qui se révèle encore aujourd'hui parfaitement d'actualité et qui nous rend évidentes l'exceptionnelle acuité et la clairvoyance de ses propos."
Publié en 1925 par le fils de l'auteur, Alves & Cie est un ouvrage posthume. Avec sa férocité coutumière, Eça de Queiroz trace le portrait d'un milieu petit-bourgeois où il importe avant tout de sauver les apparences et de préserver son confort. Une après-midi d'été, en rentrant chez lui à l'improviste pour fêter son anniversaire de mariage, le très respectable commissionnaire en douane Alves trouve Ludovina, sa femme, dans les bras de Machado, son jeune associé. Un drame semble sur le point d'éclater: l'épouse infidèle est renvoyée chez son père; le mari décide de se battre en duel avec l'amant et de laver son honneur dans le sang. Mais, petit à petit, la prudence freine les élans romantiques, l'intérêt l'emporte sur l'honneur, les soucis pratiques pèsent plus lourd que la fausse sentimentalité... et la tragédie se dénoue en farce.
Tuer pour du fric? Ça jamais! Mais si la victime se trouve à l'autre bout du monde, au fin fond de la Chine, par exemple, et qu'il s'agit d'un mandarin décrépit et goutteux... Si l'on vous assure, outre l'impunité, un héritage qui vous permettra, devenu millionnaire, de jouir chaque jour d'un romanée-conti et d'un chambertin; et si, en plus, vous n'avez, pour tuer le mandarin, qu'à accomplir un geste anodin, gracieux même: par exemple, faire sonner une clochette, là... sans doute personne, pas même un saint, n'hésiterait à faire tin-tin... "La" touche "de Eça de Queiroz est comme ce zeste d'angustura qu'on ajoute à un bloody-mary: ça change le goût du tout."
L'histoire du Portugal gagne à être connue, celle d'un pays parmi les plus anciens d'Europe. Le Portugal a marqué de son empreinte les Découvertes, initiateur de cette mondialisation avant l'heure dont le poète Camões fit en 1572 le récit épique dans ses Lusiades, à la gloire du "pays où la terre finit et la mer commence". Deux traits caractérisent l'histoire du Portugal : précocité et relative fixité. De tous les pays d'Europe, le Portugal a été le premier à réaliser son unité nationale et à fixer des limites territoriales qui n'ont guère changé depuis le milieu du XIIIe siècle. Il fut encore le premier à se lancer sur les océans pour fonder des empires outre-mer. Mais aussi fixité et conservation du passé, comme si les structures élaborées tôt ne pouvaient qu'évoluer lentement. Le Portugal a été le dernier pays d'Europe à s'engager dans le processus de décolonisation. La quête de nouveaux horizons et de grandeur jalonne l'histoire d'un pays qui s'est toujours senti à l'étroit dans son rectangle européen, même s'il a fait le choix résolu d'adhérer à l'Union européenne, une fois la démocratie rétablie avec la Révolution des oeillets du 25 avril 1974, après la longue dictature salazariste de près d'un demi-siècle. Cette passion de l'universel, cette étonnante résilience des Portugais capables de brasser opiniâtreté et solidarité face à l'adversité, parcourent une histoire dont cet ouvrage nous propose une approche synthétique, claire et facile d'accès.
Ce livre donne le récit commenté et accompagné de cartes et illustrations des premiers contacts officiels avec la Chine. Cette ambassade fut un échec et les émissaires terminèrent en prison ou exécutés. Cristovao Vieira et Vasco Calvo ont accompagné cette première mission diplomatique en Chine, dirigée par Tomé Pires, chargé de porter un présent pour l?Empereur afin d?établir des relations politiques et commerciales entre les deux pays. Débarqué à Canton en 1517, Pires dut attendre 1520 pour être finalement autorisé à se rendre à Pékin. Toutefois, le décès de l?empereur en 1521 et, surtout, les protestations des malais se plaignant des exactions commises par les Portugais, provoquèrent un retournement de situation. Pires dut essuyer une humiliante fin de non recevoir et fût emprisonné à Canton, en représailles contre les tentatives maladroites de ses compatriotes qui cherchaient à s?établir sur une île de ce port. Vieira et Calvo ont écrit depuis leur prison. Leurs lettres sont deux témoignages extrêmement précieux, en raison des nombreuses informations qu?ils nous donnent sur le fiasco de l?ambassade et aussi pour les premières descriptions détaillées de Canton et de la Chine qu?ils nous livrent. Ces documents sont ici confrontés à d?autres textes de l?époque, comme celui de Gu Yingxiang, commandant militaire chargé de la vigilance côtière, qui vit et entendit les Portugais arriver en 1517. Prisonniers de l?Empire Céleste propose de réunir, pour la première fois, tous les documents relatifs aux premiers contacts sinoportugais. Aux lettres et témoignages des premiers captifs, s?ajoutent des textes de référence tant portugais que chinois et des chroniques chinoises sur les premiers contacts avec les Portugais.
L'oeuvre de Fernand Pessoa (1888-1935), génie poétique universel qui dissimule ici ses traits sous le domino d'Alvaro de Campos, son plus intime hétéronyme, a fait l'objet d'innombrables éditions. Max de Carvalho livre aujourd'hui une traduction nouvelle de Bureau de tabac, chef-d'oeuvre pessoen au même titre que son Livre de l'intranquillité. Ce chant de l'exil du monde est mis en résonance, dans ce recueil, avec plusieurs grands poèmes d'Alvaro de Campos, tout aussi extraordinaires.
En 1497, après une longue période de protection et de faste, les juifs portugais furent places face à une alternative cruelle: se convertir au christianisme, comme le voulait le roi dom Manuel, ou bien quitter secrètement le territoire du royaume. Cette date marque le début d'une histoire fascinante et double. D'un côté, l'histoire de la culture clandestine des marranes, sans cesse menacée par l'implacable et bureaucratique Inquisition, mais pourtant tenace, à tel point qu'on a pu en observer certaines survivances au XXe siècle dans des contrées reculées du pays. De l'autre, celle d'une diaspora éclatée aux quatre coins du monde, caractérisée par une homogénéité remarquable et cultivant une nostalgie étrange envers une patrie lointaine et irréversiblement disparue. L'avers et le revers d'une histoire confisquée, qui s'est prolongée durant plus de trois siècles, jusqu'à ce que la révolution libérale de 1820 permette à quelques petites communautés de revenir s'installer au Portugal. L'histoire des juifs portugais est celle d'un entêtement. Elle montre comment s'est construite et perpétuée l'identité d'une nation, en dépit des atteintes successives portées à sa religion, à son territoire, a sa langue et à ses traditions. Une nation dont les enfants se sont appelés Samuel Usque, Pedro Nunes. Baruch Spinoza, David Ricardo ou, plus près de nous, Pierre Mendès France et qui, avant l'émergence du nationalisme moderne, incarne l'une des plus étonnantes "victoires de l'histoire sur la géographie". Ce livre, d'une lecture aisée, en donne pour la première fois un aperçu d'ensemble.