Les contraintes sont toujours censées venir d'ailleurs : des autres, d'Amérique du Nord, de l'industrie... Elles brutalisent les aidants et les aidés, les travailleurs sociaux et les " travaillés " par le social... Qu'en est-il du " sujet " qui perd sa souveraineté aujourd'hui, qu'il soit dans un Foyer, en prison, à l'école, à l'hôpital, au pôle Emploi, ou devenu une ombre silencieuse dans les rues ? Pris dans la tourmente d'une activité professionnelle dite " contrainte " par des réalités institutionnelles nouvelles, les acteurs d'aujourd'hui sont soumis à des injonctions paradoxales répétées : principe de précaution et obligation de prendre des risques par exemple. Les " demandes " évoluent, réponses rapides et résultats exigés. La technologie confondue avec la science incite à demander la maîtrise de la maladie, la mort, la sècheresse, les inondations, le chaud, le froid, l'angoisse... La rationalité des contraintes et des mesures rassure certains, tandis que d'autres défendent le " tout subjectif " sans mesure et sans compte-rendu. Le social est-il encore un travail ? Y a-t-il encore des travailleurs sociaux ? Ce numéro rassemblera témoignages et approches de ces réalités par ceux qui les vivent et ceux qui essayent de les penser.
Puyuelo Rémy ; Bouyssière-Catusse Eliane ; Capul M
Dedans, dehors, exclusion, inclusion, ruptures, séparations, marginalités : notre manière d?habiter l?espace et le temps n?obéit plus aujourd?hui à des dynamiques connues. Nos façons de voir, écouter, agir et penser en sont bousculées. Les nouvelles technologies, le virtuel avec les images de synthèse, intemet, le téléphone portable, les apparentes facilités de communication, la mondialisation, l?Europe chamboulent les frontières, les limites. Ce qui est interrogé est la quête de liberté, véritable " privatisation des liens sociaux ", où le vivre-ensemble séparément se traduit par une révolution spatiale et temporelle qui n?a pas été anticipée par les politiques et guère analysée par les chercheurs. Elle est sous-tendue par les peurs originaires d?enfermement, des grands espaces, les phobies sociales où contenant et contenu sont à l?oeuvre par le biais de la contention? ou de la contenance.
Cet ouvrage, élaboré par la revue Empan à l'occasion de son dixième anniversaire, se propose de relire le passé en le reliant à aujourd'hui pour dégager des questions pour demain. Plus témoignage qu'?uvre historique, moins présence du passé que présent du passé, il livre un panorama des pratiques professionnelles et des mouvements de pensée qui ont traversé l'éducation, la santé, le social, ces dernières années. Le PACS, la parité, l'IVG à douze semaines, l'arrêt Perruche, les nouvelles donnes familiales, l'adoption et l'homoparentalité, le chômage, les trente-cinq heures, le choix du patronyme, l'Europe, Internet, la mondialisation, les violences... Comment les travailleurs sociaux, de la santé et de l'éducation, vont-ils tenir compte, digérer ces mouvements de pensée qui se traduisent par des actes posés, mais aussi être à l'avant-garde, révélateurs et agents de subversion et de propositions pour le futur ? Qu'en est-il du changement ? Son acceptation ne signifie pas l'oubli du passé. La cohésion sociale est un des problèmes que la mutation a révélés. On s'inquiète des inégalités constatées. La lutte contre l'exclusion devient un impératif politique. Mais comment mesurer l'ampleur d'une fracture sociale ? Cela conduit à un mouvement de fond : l'entrée en politique de l'action sociale. Entre la gestion des relations avec les citoyens déniés et l'utopie de révolutionner la société à partir des relations privilégiées qu'elle entretient avec ses marges, l'action sociale ne peut désormais se concevoir que dans sa volonté politique de faire société. Voici donc un outil à penser et à agir le futur en prenant " la mesure de l'humain ". Il est ici question d'un militantisme éclairé. Une utopie utile !
L'enfant est le héraut de l'homme. Dès sa naissance, il se met en quête de romans de famille. Il ne cessera d'aller à la rencontre de ces rêves, de " ces réservoirs profonds où dorment le sang et les larmes des peuples " que sont les légendes, les contes, les mythes... De là naît notre sentiment d'apparentement à l'humain. " La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont les champs de batailles qui ont leur héros : héros obscurs, plus grands parfois que les héros illustres " (Victor Hugo). L'enfant lui-même, tel ?dipe, Moïse, Jésus, unique et ordinaire à la fois, surgit de ces champs de batailles. Il survit aux déluges de la vie, aux grandes personnes. Souvent, il les sauve en se sauvant, témoignant d'un sentiment de sécurité dont nous avons tous besoin pour échapper au destin et entrer dans une histoire singulière pour grandir. " Sa majesté le moi, héros de tous les rêves diurnes comme de tous les romans... personnifie, écrit Freud, les divers courants qui se heurtent dans sa vie psychique. " Martin F, Bécassine, Pinocchio, Poil-de-Carotte, Robinson Crusoé mais aussi tous les autres petits ou grands, connus ou inconnus qui habitent les pages de ce livre nous sont étrangers et familiers à la fois. Ils font partie des rencontres de ma vie, de notre vie... Ils appraraissent dans des moments de disponibilité et de jachère, mais aussi de nécessités vitales, occasions de surprises et d'étonnement où seul et ensemble, nos douleurs de croissance aboutissent, parfois, à des bricolages heureux.
Mellier Denis ; Bompard Vincent ; Colas Nathalie ;
Comment l'observation du bébé peut-elle devenir un outil pour les professionnels de la petite enfance? Comment peut-elle être une aide pour accueillir un bébé et prendre soin de lui? Cet ouvrage montre que la valeur de l'observation résulte surtout du travail que les équipes peuvent réaliser à cette occasion pour percevoir toute la complexité de la vie psychique. Les travaux d'Esther Bick et ceux d'Emmi Pikler (Loczy) trouvent ici un prolongement pratique pour les lieux d'accueil des bébés et de leurs parents. Sous certaines conditions, le dispositif de l'observation permet d'instaurer une véritable médiation pour percevoir, recevoir, contenir et penser tout l'impact de la vie émotionnelle du bébé dans son environnement, et garder ainsi vivante l'attention à son égard. Biographie de l'auteur Denis Mellier, psychologue clinicien (Lyon), professeur de psychologie clinique et psychopathologie, université de Franche-Comté.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
La naissance soudaine, au sixième mois de grossesse, d'un enfant pesant souvent moins de mille grammes est toujours une épreuve pour le bébé et sa famille. Sont ici abordés en termes accessibles au plus grand nombre les problèmes médicaux, mais aussi psychologiques et éthiques qu'ils pourront rencontrer. Ce livre constitue une aide pour dialoguer avec les équipes soignantes, un outil pour mieux comprendre les difficultés, un point de repère auquel ils pourront peut-être se référer dans les périodes d'angoisse.
Dès l'apparition de la théorie de l'attachement - dans la trilogie de John Bowlby, Attachement et perte - ses relations tumultueuses avec la psychanalyse ont occupé le devant de la scène. Plus encore, on peut affirmer rétrospectivement que cette option théorique a puisé une bonne part de sa créativité dans la vivacité de cette conflictualité. C'est dans cet esprit qu'a été conçu cet ouvrage qui reprend, actualisé et complété. le dossier publié dans Le carnet Psy. Il propose une revue critique en examinant les éléments de convergences. de divergences et d'enrichissement mutuels entre théorie de l'attachement et psychanalyse. Son format synthétique. sa vocation didactique et sa lisibilité en font un incontournable outil pour tous ceux qui veulent s'initier aux rudiments fondamentaux de la théorie de l'attachement; les thèmes traités et l'originalité des ouvertures épistémologiques offrent aussi une lecture stimulante pour les connaisseurs.