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Etudes rurales N° 190 : Les agricultures de firme. Volume 1, Organisations et financiarisation
Purseigle François
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713223587
Les "agricultures de firme", et, plus particulièrement, l'évolution de l'exercice de l'activité agricole, de son organisation et de sa gestion, vont-elles transformer l'agriculture mondiale ? Notre démarche vise à rendre compte ici d'une forme d'agriculture encore impensée par la communauté des ruralistes. Le développement de structures hautement capitalistiques sur le marché des matières premières agricoles, l'émergence de nouveaux statuts juridiques relatifs aux catégories d'exploitations et l'arrivée, sur la scène agricole, d'acteurs étrangers au secteur témoignent en effet d'une rupture avec le modèle familial traditionnel consacré par les grandes politiques de la seconde moitié du XXe siècle. A l'échelle de la planète et parallèlement à une agriculture familiale "sociétaire" abstraite apparaissent des agricultures de firme complexes portées par des investisseurs qui cherchent à sécuriser leurs approvisionnements en matières premières agricoles et/ou à maximiser leurs placements financiers. Ces agricultures reposent notamment sur la multiplicité des prises de décision et sur une mobilisation forte de ressources matérielles et immatérielles d'origine non agricole. De la France à l'Indonésie, l'Argentine, l'Afrique du Sud et la Chine en passant par l'Europe centrale et la Russie, les textes réunis dans ce volume montrent que des formes d'intervention, globales et mondialisées, modifient en profondeur les agricultures nationales.
Les tomes II et III achèvent la publication des Lettres d'Adam de Perseigne (1145 - ? 1221) commencée en 1960. L'auteur est abbé cistercien, conseiller spirituel de la Maison de Champagne, et grand lecteur de saint Bernard. Sa correspondance nous fait plonger au coeur d'une époque : le Moyen Age occidental à la charnière du xiie et du XIIIe siècle, et à l'intersection de plusieurs milieux : la Cour, le clergé séculier, les communautés monastiques, en particulier le milieu cistercien. Adam s'y révèle un acteur de premier plan, intervenant dans les aff aires de son temps, attentif à réformer l'Eglise en matière de moeurs ou de gestion des charges et biens ecclésiastiques, soucieux d'apaiser les dissensions survenues lors d'une succession épiscopale, ou encore des violences exercées entre monastères rivaux. Son réalisme dans l'évocation des malheurs du temps - "Notre époque est bien à plaindre ! " , écrit-il - est éclairé par une ardente spiritualité, tournée vers la contemplation, union de l'âme et du Christ, et par l'importance qu'y tiennent l'amitié et les relations humaines car Adam est aussi un guide spirituel, tour à tour exigeant et bienveillant. Enfin, certaines lettres constituent de véritables petits traités, ayant pour thème les féries, la pénitence et la confession, le silence, ou encore le commentaire détaillé des grandes antiennes du temps de l'Avent. Le P. Placide Deseille, moine orthodoxe, est le fondateur et l'higoumène du monastère Saint-Antoine le Grand dans la Drôme. Ancien professeur à l'Institut Saint-Serge, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur le monachisme orthodoxe et a traduit 2 volumes de Sermons de Guerric d'Igny dans la collection.
Poursuivant l'analyse des agricultures de firme amorcée dans le numéro précédent, ce second volet s'interroge sur les conséquences géographiques de ces nouveaux modes de production. Les auteurs des contributions rassemblées ici constatent que les entreprises n'ont plus de contact direct avec les territoires qu'elles exploitent, et qu'à l'échelle de la planète c'est la délocalisation qui est désormais le cadre général de l'agriculture. Dans les espaces investis par la spéculation et la production, les populations sont, parfois, déplacées et, souvent, condamnées à vivre dans des interstices. Dans ces fronts agro-industriels d'un genre nouveau, on voit même apparaître des espaces désertés et totalement dépourvus d'habitat. Toutefois, les dynamiques sociofoncières sont toujours plus complexes qu'il n'y paraît, et l'implantation de firmes nationales ou étrangères dans le tissu social local peut avoir des répercussions inattendues, dans certains cas, positives.
Bertrand Hervieu, Sociologue, ancien directeur de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF). Ancien président de l?INRA, il est actuellement vice-président du Conseil général de l?agriculture, de l?alimentation et des espaces ruraux (CGAAER).François Purseigle, Maître de conférences en sociologie à l?Université de Toulouse-Institut national polytechnique-École nationale supérieure agronomique de Toulouse (INP-ENSAT) et chercheur associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF).
Ce livre présente une histoire comparée des mobilisations sociales en France et en Grande-Bretagne pendant la Première Guerre mondiale. Il propose et démontre tout l'intérêt d'un changement d'échelle dans l'histoire des sociétés belligérantes en 1914-1918. Il se tient à la croisée de deux perspectives historiographiques qui s'attachent respectivement à l'étude des mobilisations nationales et à l'histoire des villes en guerre. Appuyé sur l'étude comparée de deux villes moyennes anglaise et française, il dégage les logiques et répertoires des mobilisations sociales du temps de guerre. Il replace ainsi l'expérience de guerre dans le temps long des processus de nationalisation et de modernisation en Europe. Rendant compte des dynamiques sociales et culturelles de l'engagement dans le conflit, l'ouvrage souligne d'abord le rôle des identités urbaines. L'articulation de ces dernières aux cultures de guerre nationales rend compte, en effet, de l'investissement des populations dans la guerre. L'ouvrage prolonge l'étude de ces mécanismes d'acculturation à la guerre en approchant les pratiques de solidarité constitutive de la mobilisation sociale. Il se rapproche de la sorte d'une histoire sociale des représentations du temps de guerre. Cette étude met ainsi en lumière la pluralité des modes de figuration opérant des deux côtés de la Manche et l'importance des processus discriminatoires qui, fondés sur une pluralité d'espaces de sociabilité, renforcèrent en définitive les mobilisations nationales. Enfin, la centralité des rapports sociaux du sacrifice et l'émergence d'une véritable éthique des mobilisations donnent à voir les reconfigurations des citoyennetés provoquées par la guerre. Ici, l'attention portée aux sociétés civiles locales permet en définitive de suggérer une redéfinition des contours des Etats français et britannique en 1914-1918. Ainsi conçue, l'histoire urbaine de la Grande Guerre remet en cause le primat de l'Etat-nation consolidé par l'histoire militaire britannique et, en France, par la controverse historiographique. L'attention portée ici aux espaces de mobilisation souligne l'inscription géographique des ressources et sociabilités mobilisées pour faire face à la guerre. Ecartant toute opposition entre matérialité et idéalité, cette perspective rejette l'antagonisme supposé des histoires sociales et culturelles du conflit, artificiellement invoqué dans les luttes propres au champ académique. Elle permet finalement de donner toute leur place aux déterminants matériels, culturels et politiques des mobilisations du temps de guerre.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.