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Etudes rurales N° 191 : Les agricultures de firme. Volume 2, Délocalisation et évictions
Purseigle François ; Chouquer Gérard
EHESS
33,00 €
Épuisé
EAN :9782713223976
Poursuivant l'analyse des agricultures de firme amorcée dans le numéro précédent, ce second volet s'interroge sur les conséquences géographiques de ces nouveaux modes de production. Les auteurs des contributions rassemblées ici constatent que les entreprises n'ont plus de contact direct avec les territoires qu'elles exploitent, et qu'à l'échelle de la planète c'est la délocalisation qui est désormais le cadre général de l'agriculture. Dans les espaces investis par la spéculation et la production, les populations sont, parfois, déplacées et, souvent, condamnées à vivre dans des interstices. Dans ces fronts agro-industriels d'un genre nouveau, on voit même apparaître des espaces désertés et totalement dépourvus d'habitat. Toutefois, les dynamiques sociofoncières sont toujours plus complexes qu'il n'y paraît, et l'implantation de firmes nationales ou étrangères dans le tissu social local peut avoir des répercussions inattendues, dans certains cas, positives.
Résumé : La France se vit toujours comme un pays de petites et moyennes exploitations agricoles autonomes. Ce modèle, voulu de longue date et renforcé durant la période de modernisation de l'après-guerre, vole en éclats, laissant place à des formes nouvelles et très diverses d'organisation du travail et du capital agricoles. La figure du couple exploitant ses terres, l'osmose totale entre vie au travail et vie familiale, l'idée d'une immuable unicité paysanne, sont en train de s'effacer. A ces mutations souvent douloureuses s'ajoutent l'effondrement démographique de ce milieu professionnel, la fragilisation de sa place et de son image au sein de la société française, les inquiétudes environnementales. L'agriculture est devenue un sujet de débat dont chacun s'empare en ignorant la révolution indicible en cours. Cet ouvrage s'applique à la mettre en mots afin de permettre une réflexion sur l'avenir qui ne laisse pas de côté les principaux intéressés.
Thépot Stéphane ; Purseigle François ; Cazals Bern
Résumé : Bien sûr, il y eu le Larzac. Pour un José Bové, combien de fermes abandonnées et combien de paysans résistants ? En dix ans, l'Aveyron a perdu 5 000 exploitations agricoles. Le département, qui reste agricole et rural, est passé sous la barre symbolique des 10. 000 exploitations en 2008. Pour autant, 150 jeunes agriculteurs s'installent en moyenne chaque année. Néo-ruraux ou " purs porcs ", ils ont choisi leurs racines. Ne gardent pas les deux pieds dans le même sabot. Coopératives, circuits courts, produits bio ou gîtes ruraux : il faut se bouger pour rester " au pays ". La terre ne suffit pas. Reste-t-il des paysans à l'heure de la mondialisation ? Dans un livre prophétique qui vantait la modernisation des campagnes, le sociologue Henri Mendras diagnostiquait en 1967 la fin d'une civilisation millénaire. Mais les tracteurs, les engrais de synthèse ou les OGM n'ont pas eu raison d'une véritable agriculture. Condamnées à la disparition, les vaches de race Aubrac sont devenues l'âme du futur parc naturel régional. Aubrac, Larzac, même combat !
Purseigle François ; Nguyen Geneviève ; Blanc Pier
En rupture avec l'exploitation familiale traditionnelle, des firmes agricoles se profilent dans de nombreuses régions du globe. Avec elles, s'amorce une recomposition agraire dont les contours restent largement invisibles. A l'exception de quelques cas médiatisés de "mégafermes" et autres "fermes des 1000 vaches", la majorité de ces firmes ont jusqu'à présent échappé à l'analyse tant leurs visages sont multiples et flous. Leurs performances économiques et financières tout comme leurs incidences environnementales et sociales interrogent aussi bien les milieux politiques, professionnels que scientifiques. Comment sont-elles organisées ? Quels sont leurs logiques et modes d'action ? Dans quels espaces s'inscrivent-elles ? Comment une ferme familiale devient-elle une firme agricole ? Quels types d'acteurs sont impliqués ? Quels rapports au politique entretiennent-elles ? Quels conflits provoquent-elles ? Le premier ouvrage sur un phénomène mondial en pleine émergence.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".