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Race et corps dans l'aire anglophone
Prum Michel
L'HARMATTAN
22,50 €
Épuisé
EAN :9782296066069
Le corps humain est l'obsession commune de l'eugéniste, qui veut le rendre plus sain, plus fort, ou plus beau, et du raciste, qui au nom du corps et des différences phénotypiques exclut et parfois extermine. Malgré tous les discours sur le racisme " moderne " qui se serait détaché du corps pour ne plus s'intéresser qu'au culturel, il faut bien reconnaître que l'ancrage somatique est loin d'avoir disparu de la perception et même de la rhétorique racistes. L'Autre que rejette le raciste est d'abord une altérité incarnée. Ceci est en particulier le cas dans l'aire anglophone, britannique ou américaine. Dans cette nouvelle livraison du groupe de recherche sur l'eugénisme et le racisme, dix universitaires français ou anglo-saxons apportent leur éclairage à la question de la " race " qu'il s'agisse des politiques eugénistes aux Etats-Unis, des liens peu connus entre Indiens d'Amérique et indigènes de Diego Garcia déportés en masse par les Britanniques pour les besoins d'une base militaire américaine ou encore du rôle des missionnaires protestants en Afrique australe.
Comme le genre , la race est un construit social et il est étonnant de voir comment un même groupe humain peut être déplacé sur l'échelle chromatique selon les besoins du moment. Ainsi les Européens émigrés aux États-Unis durent-ils se battre pour devenir blancs . Les dix contributions de cet ouvrage éclairent la naissance du concept de race en France et surtout dans le monde anglophone, ainsi que le concept, à l'origine américain, de whiteness, depuis le cas singulier des Irlandais d'Angleterre, qui ont milité pour obtenir en 2001 le statut de minorité ethnique , jusqu'aux Zoulous d'Afrique du Sud, en qui les colonisateurs ont voulu voir des héros presque blancs . L'ouvrage s'intéresse également aux rapports complexes entre biologie, éthique et politique, avec les tentatives de fabriquer une race plus forte, plus adaptée ou plus contrôlable, notamment avec les polémiques, très vives outre-Manche, sur le bébé à la carte ou les tests ADN.
Parler de "racialisations", c'est d'abord rappeler, si besoin était, que la "race" n'existe pas. La seule race dont on puisse parler à notre propos est la "race humaine". Ce qui en revanche existe, c'est le regard porté par certains sur une catégorie d'êtres humains partageant un même phénotype, comme le taux de mélanine à la surface de la peau. Ces racialisations sont des processus sociaux et historiques, qui tous usurpent la légitimation biologique.
Le monde anglophone n'a pas la même approche de la "race" que nous. Derrière un mot qui semble identique en français et en anglais, nous mettons des connotations fort différentes. Des chercheurs anglophones et francophones ont fondé à l'Université Paris 7 Denis Diderot le Groupe de Recherches sur l'Eugénisme et le Racisme afin de permettre cette comparaison et donner au public francophone des éléments pour mieux comprendre la façon dont s'exercent aux Etats-Unis, en Angleterre ou en Australie la discrimination et l'exclusion de l'Autre. Cet ouvrage contient neuf études dont plusieurs croisent les critères de race, de sexe et de classe. Des femmes de couleur dans l'industrie du sexe aux Etats-Unis aux femmes indiennes sur le marché de l'emploi en Grande-Bretagne, des politiques racistes anti-asiatiques en Australie à l'expression de l'antisémitisme dans les livres pour enfants édités en Angleterre, ce volume essaie de montrer de quelle façon et pour quelles raisons certains, dans ces sociétés proches de la nôtre, sont "malvenus".
Les races humaines n'existant pas (il n'y a qu'un seul " genre humain "), c'est bien d'imaginaire racial qu'il sera question dans cet ouvrage couvrant l'aire anglophone. De l'Afrique australe à l'Australie en passant par l'Inde, de la Grande-Bretagne aux Etats-Unis, du xix` siècle au XXIe, les treize contributions de ce volume analysent les jeux identitaires complexes qui opposent les groupes humains, au nom de l'apparence physique du corps, ce qu'on appelle la "biologisation des rapports sociaux". Corps colonisés, corps ségrégués, corps enfermés pour folie ou délinquance, ou envoyés au front comme chair à canon, tous sont assignés à un destin de " race " et aussi de classe. Le livre prend divers chemins pour rendre compte de ces trajectoires : le cinéma sud-africain, les cartes postales coloniales, la fiction de Doris Lessing, la poésie victorienne ou les théories évolutionnistes.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.