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Penser et représenter le corps dans l'Antiquité
Prost Francis ; Wilgaux Jérôme
PU RENNES
22,00 €
Épuisé
EAN :9782753502055
Dans un article fondateur paru en 1934, Marcel Mauss invitait anthropologues, sociologues et historiens à étendre leurs investigations aux techniques corporelles, désignant par cette expression les façons dont les hommes se servent de leur corps dans une société donnée. Cet art d'utiliser son corps varie d'une société à une autre, d'une époque à une autre : c'est pourquoi penser le corps ou le représenter ne se réduisent pas à une somme de connaissances scientifiques, mais relèvent bien d'une histoire, avec ses rythmes propres, ses ruptures et ses évolutions spécifiques. Depuis près de quarante ans, la recherche scientifique s'est évertuée à mettre en évidence cette histoire principalement à partir de l'avènement du christianisme, plus exactement à partir de l'émergence de nouvelles subjectivités, dans le but d'élucider les relations complexes que notre modernité décèle derrière les usages des plaisirs ou le souci de soi. Mais avant cette modernité, comment pensait-on le corps ? Quels étaient les systèmes de représentations mentales qui structuraient l'appréhension corporelle dans ses tâches et ses emplois quotidiens ou exceptionnels ? Si l'éducation ou la tradition impriment des marques culturelles indélébiles sur le corps de tous et chacun, comment les corps ont-ils fonctionné dans les sociétés de, l'Antiquité ? Le colloque international tenu sur ce thème à l'université Rennes 2, dans le cadre de la Celtic Conférence in Classics, se proposait d'apporter quelques réponses à ces questions et de livrer, par des études de cas, quelques clefs de compréhension. Les sociétés des cités grecques ou de l'Empire romain ont édicté des conduites, sanctionné des écarts, selon leurs normes propres, souvent bien éloignées des nôtres, parfois si proches aussi. Et, loin de réduire le corps à n'être qu'un instrument de savoir-vivre ou un carcan étroitement surveillé, les Anciens ont surtout développé une pensée pour que le corps sache vivre et mieux vivre dans le monde.
Entre la première guerre contre les Perses en 490 av. J-C. et la guerre contre les Macédoniens en 322 av. J.-C., l'appareil militaire des cités grecques a connu de profondes mutations. La stratégie, la composition des armées, l'art du commandement évoluent tantôt progressivement, tantôt brutalement. Mais l'armée grecque, loin de vivre à l'écart ces transformations, témoigne d'un monde en plein bouleversement : le lien entre la guerre et la société n'est pas seulement sensible dans les problèmes de recrutement, il apparaît aussi dans l'organisation politique, dans les manifestations culturelles ou religieuses, dans la réflexion des orateurs du temps sur les avantages respectifs de la guerre et de la paix. La guerre en Grèce classique est non seulement vécue comme un événement familier, mais elle est pensée aussi comme partie prenante de la société : elle en épouse les évolutions, quand elle ne les conditionne pas. L'impérialisme d'Athènes ou de Sparte, le développement de la marine ou encore le recours de plus en plus fréquent à des mercenaires ont des conséquences qui vont au-delà du cadre étroit de la technique militaire : les révisions sont parfois déchirantes à l'égard des valeurs traditionnelles de la cité. Dans le sillage des travaux classiques de P. Ducrey, d'Y. Garlan ou de R. Lonis, et à la lumière des orientations récentes, venues notamment d'outre-Atlantique (J. Ober ou V. D. Hanson), le présent ouvrage a pour but de comprendre ce lien entre guerre et société. Il rassemble les études de chercheurs d'horizons géographiques et scientifiques divers : chacun d'eux, en fonction de sa spécialité, propose un état des lieux sur un aspect de la question, un renvoi systématique aux sources antiques, une présentation des directions bibliographiques contemporaines, et ses propres pistes de réflexion. Toutes ces études aspirent à éclairer la guerre comme un fait de civilisation.
Cette Archéologie historique de la Grèce antique, richement illustrée, est un ouvrage novateur dans sa conception et original dans son contenu. Les auteurs placent au cœur de l'analyse l'ensemble des objets produits par une civilisation - sa culture matérielle au sens large - et montrent comment, du plus humble au plus raffiné, ils peuvent servir de matériau à l'histoire. Ces objets, en effet, ne prennent tout leur sens que replacés dans le contexte social qui les a créés : de la civilisation des palais minoens et mycéniens à celle de la cité grecque, des royaumes hellénistiques à l'intervention des Romains en Grèce, des systèmes sociaux se mettent en place, qui élaborent chacun une certaine conception de l'espace et du territoire, un mode spécifique de circulation des hommes et des objets, une expression matérielle du pouvoir qui leur est propre. Enfin, ce livre rend compte des débats les plus récents sur le monde grec antique et place au centre du discours la recherche du sens plutôt que la description, le modèle plutôt que le catalogue. A la fois nouvelle histoire et nouvelle archéologie, il dépasse les clivages disciplinaires et s'adresse non seulement aux étudiants d'histoire et d'histoire de l'art, mais aussi à un large public qui y trouvera une introduction à une perception moderne de l'Antiquité grecque.
Les latrines collectives, avec leur banquette percée courant le long des parois de la pièce, appartiennent à l'image classique de la ville antique, parangon de la propreté de l'espace urbain. Depuis quelques années, elles font l'objet d'un intérêt renouvelé, lié au regard que nos sociétés actuelles portent sur les problèmes d'hygiène et de salubrité, en un mot d'écologie urbaine. Pour la première fois, l'intégralité des latrines d'une agglomération majeure de la Méditerranée orientale est prise en compte. L'ile de Délos, dans les Cyclades, accueille en effet le sanctuaire prestigieux d'Apollon et un port de premier plan. C'est donc une ville densément occupée de la fin de l'époque hellénistique, à la population cosmopolite, qui est saisie au travers de ses lieux d'aisance. Une équipe pluridisciplinaire, forte de plus de dix chercheurs, a étudié, durant presque une décennie, ces espaces indispensables dans tous leurs aspects. Leur architecture est précisément analysée, et au travers des prélèvements réalisés au fond des conduits, c'est une partie de la consommation de la population qui peut être restituée, comme son état sanitaire ou son environnement. A côté des prestigieux monuments de pierre et de marbre, des statues de marbre ou de métal, c'est une toute autre vision de la ville qui se dégage, une ville de crasse, d'excréments et de parasites, une ville dans laquelle l'hygiène et la salubrité n'étaient affaire que de privés et pas encore des autorités publiques.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours. Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants ; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies ; ruine quelques évidences... La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf. Emergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen... Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien. Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h. Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.