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Amorces
Potte-Bonneville Mathieu
AMSTERDAM
15,30 €
Épuisé
EAN :9782350960203
Le temps des grands récits, progressistes ou révolutionnaires, est paraît-il fini. Tant pis, tant mieux: nous préférions les histoires brèves, contes, nouvelles ou apologues, qui laissent l'intime et le politique s'entrecroiser, en donnant sa part au silence. réunit des textes qui tentent l'exercice: pour résister au nouveau gouvernement des âmes et des corps, pour repousser le sentiment qu'il n'y a plus rien à inventer, ils tracent des figures libres qui prennent l'actualité de côté, ouvrent en elle la possibilité un peu oblique d'une fiction, arrachent la rêverie à l'espace privé pour lui donner, un instant, une portée collective. Gilles Deleuze nommait "flagrant délit de légender" cet usage de l'imaginaire, clandestin et minoritaire. II le définissait ainsi: "extraire du mythe un actuel vécu, qui désigne en même temps l'impossibilité de vivre." Ceci est un livre d'images.
Potte-Bonneville Mathieu ; Rueff Martin ; Bougnoux
Lu, débattu, admiré ou contesté, François Jullien, en sa double qualité de philosophe et de sinologue, n'a cessé d'exciter la curiosité, de susciter la polémique. "Mon rapport à la Chine a changé", déclare-t-il dans un ouvrage paru le mois dernier aux Éditions du Seuil, "car il s'infléchit, se renouvelle, mais je crois que je n'aurais pas pu penser comme aujourd'hui sans être passé hier par la Chine". C'est ce rapport mobile, en ses inflexions les plus récentes, qu'interrogent ici Martin Rueff, Daniel Bougnoux et Mathieu Potte-Bonneville, qui a réuni ces textes. Car l'?uvre de François Jullien n'est pas seulement l'affaire des sinologues: c'est depuis les traditions philosophiques et littéraires occidentales que tous trois posent la question de son "retour de Chine". Autre "retour de Chine": un retour sur le travail du peintre Zao Wou-Ki. L'entretien que nous publions, réalisé par Irène Salas avec son épouse, Mme Françoise Marquet, et son assistant M. Yann Hendgen, s'est déroulé en sa présence et porte témoignage de ses convictions artistiques. Nous remercions Zao Wou-Ki de nous avoir permis de reproduire dans ce même numéro deux de ses encres de Chine, dont une inédite. Une note d'Emmanuel Lincot sur l'important ouvrage de Christophe Comentale, Cent ans d'art chinois, complète cet ensemble où la Chine apparaît décidément proche.
Destiné aux étudiants et à tous ceux qui veulent s'orienter dans la pensée de Michel Foucault, ce livre propose une approche doublement originale. D'une part, là où la présentation chronologique de cette oeuvre insiste d'ordinaire sur la variété de ses démarches et de ses objets, on fait ici le pari d'une unité d'intention, unité sur laquelle la récente publication des cours au Collège de France jette une lumière nouvelle. Des notions telles que le discours ou le pouvoir sont donc resituées ici sur le fond d'un projet d'ensemble, celui d'une "histoire du sujet" sur laquelle Foucault affirmait au soir de sa vie n'avoir jamais cessé de travailler. Qu'est-ce qu'être un sujet, ou se poser comme sujet? Soulever une telle question, c'est bien se tenir à hauteur de philosophie, tout en revendiquant de passer celle-ci "au tamis de l'histoire". C'est pourquoi, autre originalité, on cherche à chaque étape du parcours à décrire les déplacements que Foucault fait subir à quelques notions canoniques (celles de fondement, d'autorité ou de vérité), situant son oeuvre vis-à-vis des questions débattues par la tradition philosophique sans négliger pour autant ce que cette pensée doit à son actualité. Des extraits commentés mettent en lumière la complexité de ce que Foucault nommait son "histoire des limites", et un lexique définit des notions telles que "biopolitique" ou "gouvernementalité", centrales dans réflexion contemporaine.
Résumé : Dans le café de ce petit bourg où Jean-Luc et Jean-Claude ont la permission, tous les jeudis, de venir boire un verre (sans alcool), les choses prennent ce jour un tour inhabituel. D'abord, il y a ce jeune gars aux cheveux si blonds, il émerveille les deux amis parce qu'il vient d'Abbeville. Et puis demain c'est vendredi, le jour des soins redoutés par Jean-Luc qui sent en lui quelque chose gronder. Peut-être un écho de la tempête qui vient de balayer tout le canton, mettant en danger les phoques de la baie et pour lesquels Jean-Claude se fait tant de souci. Il suffira d'un rien, un billet de loto qu'on refuse de valider à Jean-Claude, pour que tout se dérègle.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
La réédition de L'état, Le Pouvoir, Le Socialisme, "classique" de la théorie politique dont la première édition remonte à 1978, s'inscrit dans les débats concernant les crises simultanées de l'Union européenne, du néolibéralisme et du capitalisme en général. Lire cet ouvrage aujourd'hui permet de comprendre que ces crises plongent leurs racines dans la structure des sociétés occidentales de l'après-guerre. Plus la crise économique s'approfondit, et plus le système devient autoritaire au plan politique. C'est ce que Poulantzas appelle l'"étatisme autoritaire", que l'on constate à présent au niveau européen, où des décisions affectant des millions de personnes sont prises hors de tout contrôle populaire. La seule alternative possible à ce système est le "socialisme démocratique", à savoir un socialisme qui dépasse le capitalisme sans pour autant sacrifier les libertés publiques. Avec Michel Foucault, Gilles Deleuze, et Louis Althusser, auteurs dont il discute les thèses dans cet ouvrage, Nicos Poulantzas compte parmi les penseurs des années 1960-1970 dont le rayonnement international est aujourd'hui le plus important. Alors que l'édition de théories critiques françaises et étrangères a connu une grande vitalité depuis les années 2000, il était plus que temps de faire redécouvrir cet auteur majeur.
L'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.