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SUR LA MANIERE DONT L EMBRYON RECOIT L AME
PORPHYRE
VRIN
30,00 €
Épuisé
EAN :9782711624324
L'embryon est une plante qui, à l'instant de sa naissance, devient un animal susceptible par la suite de faire usage de son intellect. Telle est la thèse défendue dans ce traité d'abord attribué à Galien, mais qui l'est désormais à Porphyre. La doctrine platonicienne s'y trouve en effet réinterprétée dans la perspective de Plotin : l'union sexuelle permet la fabrication par la nature d'un corps vivant auquel s'unit, au terme de sa genèse, l'âme qui, en fonction de la qualité éthique de son existence antérieure, lui est le mieux adaptée. Ce curieux traité aborde un problème qui n'a cessé de hanter les spéculations médicales, philosophiques et théologiques ; à quel moment devient-on un être humain ? Voilà pourquoi il est apparu nécessaire d'en fournir une nouvelle édition accompagnée d'une traduction originale richement annotée. Texte grec, traductions française et anglaise.
Résumé : De l'oeuvre immense et variée du philosophe Porphyre, il nous reste aujourd'hui une liste et une infime partie de ses textes, des fragments le plus souvent : parmi eux, la Vie de Pythagore et la Lettre à Marcella. La première fait partie de la vaste Histoire de la philosophie, tandis que le second est une consolation écrite par le philosophe à sa femme. Derrière la biographie de l'auteur des Vers d'Or, comme derrière les recommandations du penseur à sa femme, se cachent les grands thèmes de Porphyre, auxquels les détails biographiques ou personnels donnent une émotion et véracité toutes particulières. Point n'est question dans ces lignes de principes désincarnés, comme il a été souvent reproché au néoplatonisme, mais bien plutôt d'anecdotes savoureuses, dont la valeur métaphorique, voire ésotérique, n'ôte rien au charme. "Pourquoi être végétarien" "Mieux vaut jeter au hasard une pierre qu'une parole", telles sont, entre autres, les réflexions pratiques que le lecteur verra abordées. Notre édition rassemble en un volume ces deux brefs opuscules. Chaque texte est précédé d'une notice explicative donnant toutes les informations nécessaires à la bonne intelligence de ces textes aux implications complexes et replace l'oeuvre dans la vie du philosophe de Tyr. Les sources, tant explicites qu'implicites, sont analysées en profondeur, de même que les nombreuses hypothèses de lecture que ces textes ont soulevées. Chaque traité est assorti d'un Index Fontium et d'un Index Verborum qui lui est propre ; tandis que l'histoire du texte est brièvement relatée. Une bibliographie sommaire est proposée au lecteur soucieux d'approfondir. Des notes éclairent la lecture. L'ouvrage est en outre enrichi par un précieux appendice relatif aux fragments de l'Histoire de la Philosophie.
La Vie de Plotin par son disciple Porphyre. Rien n'est plus vivant que cette Vie : on y voit le philosophe dans sa maison pleine d'enfants dont il était le tuteur, dans son école où la sincérité de ses leçons le transfigure, dans sa ville de Rome, la Ville, dans les rues de laquelle il suit au temple d'Isis un prêtre égyptien, son compatriote. Au-delà du pittoresque, Plotin dans ses pages parle, écrit, enseigne, souffre et meurt. Pour mener à la difficile lecture des Ennéades, nul meilleur guide que cette biographie, dont ce fut d'ailleurs la fonction voulue par Porphyre leur éditeur. A ce trésor de textes, originaux dans tous les sens du terme, doit se joindre un morceau versifié dont la lecture laisse interdit, donné par un oracle rendu par Apollon que l'on consultait sur le séjour de l'âme de Plotin défunt.
Parti sur le conseil de Plotin en Sicile pour remédier à sa mélancolie, Porphyre écrit vers 270 le traité De l'abstinence, qui compte parmi les trop rares oeuvres de ce néoplatonicien prolixe dont nous avons pu garder trace. Celui que Plotin considérait comme son meilleur élève s'adresse ici à Firmus Castricius, autre disciple, et s'attache à réfuter la récente profession d'anti-végétarisme de ce dernier, en contradiction avec les pratiques enseignées par le maître, afin de montrer que le salut de l'homme est incompatible avec la consommation de viande. Outre son intérêt interne, le traité est précieux par la réflexion plus large qu'il permet d'ouvrir sur les rapports entre philosophie néoplatonicienne et pythagorisme. Le livre I contient l'énoncé de divers arguments anti-végétariens, suivi non pas d'une réfutation de l'un d'entre eux, mais plutôt d'un plaidoyer en faveur du végétarisme, qui apparaît comme une condition sans laquelle ne peut être obtenue la fin suprême du philosophe, c'est-à-dire l'union à Dieu. L'édition proposée assortit le texte d'une introduction qui présente, outre le texte, l'état des connaissances sur Porphyre et le traité en soulignant leurs liens avec le végétarisme antique. Une notice livre une analyse détaillée du texte ainsi qu'un riche éclairage sur les nombreuses sources, notamment pythagoriciennes, qui guident l'écriture de Porphyre.
Le travail porte sur un texte de Porphyre (IIIe siècle) qui présente, en soi, un double intérêt: d'une part, c'est le seul texte aujourd'hui conservé qui témoigne de l'activité exégétique de ce philosophe néo-platonicien, réputé pour avoir commenté de nombreux auteurs classiques. Il permet donc d'observer sur le vif la méthode de l'exégète et de mesurer en détails l'importance de son apport à la recherche interprétative des ?uvres philosophiques anciennes. D'autre part, c'est le premier témoignage conservé des nombreux commentaires consacrés, depuis le 1er siècle avant notre ère, à l'explication des "Catégories" d'Aristote. Il permet donc de récolter une information sur les commentaires aujourd'hui perdus qui l'ont précédé et dont il offre une manière de synthèse, tout en donnant les moyens de juger jusqu'où Porphyre a orienté l'interprétation de ce traité célèbre pour les siècles suivants, spécialement chez les Néoplatoniciens de la fin de l'Antiquité. La nouvelle édition critique du texte grec repose sur la collation de toutes les sources manuscrites connues. Il est donc destiné à remplacer la seule édition critique antérieure (qui date du XIXe siècle), en offrant un texte amendé en de nombreux passages litigieux, avec un appareil critique continu. De plus, cette ?uvre de Porphyre, malgré son intérêt, mais en raison des difficultés qu'elle présente, n'a jamais été traduite en français. Cette traduction est donc une première. Elle a de surcroît l'avantage d'être faite sur un texte grec plus rigoureusement établi. Et elle s'accompagne de nombreuses notes explicatives en tous genres, qui ont valeur de commentaires littéral suivi. Elles tiennent compte, non seulement des difficultés du texte porphyrien, mais aussi des difficultés du texte aristotélicien qui s'y trouve expliqué et dont, récemment, Richard Bodéüs lui-même a procuré aussi une édition critique, avec traduction et notes.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.