Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Heidegger et les mystiques
Porion Jean-Baptiste ; Fumet Stanislas ; Nabert Na
AD SOLEM
12,35 €
Épuisé
EAN :9782884820714
Occident se dit en allemand Abendland: terre du soir; c'est le pays où meurent les dieux. Depuis l'origine, ils montent au ciel comme des astres de flamme pour décliner et s'éteindre à intervalles de plus en plus rapprochés. L'Occident est le pays où les dieux meurent: pourquoi? " Le réel est un vase sacré: -qui le touche, le gâte, - qui le saisit, le perd. " Heidegger a une affinité avec les contemplatifs de l'Orient: il voit dans l'avarice et l'avidité de l'homme occidental la faute initiale qui fait périr ses dieux. Elle est déjà présente pour lui dans le vocabulaire de Platon, qui confond l'être avec l'étant. L'Européen veut saisir ses dieux, se les approprier, les concevoir et les avoir, au lieu de laisser être l'Etre. La trajectoire devient à chaque siècle plus courte et plus basse: aujourd'hui, ils ne montent même plus au ciel, ils s'éteignent après quelques années de vol au niveau cosmique ou politique. La civilisation technique marque le dernier degré de notre erreur: les dieux avortent, nous entrons dans la nuit. Dom Jean-Baptiste Porion
Ces quatorze Visions forment les stations du chemin spirituel qu'Hadewijch propose aux béguines de son entourage pour les encourager dans leur marche vers l'union à Dieu. Les visions se déroulent toutes selon un processus similaire : une " tempête intérieure ", suivi d'un rapt en esprit, précède la vision proprement dite, qui se présente à la fois sous la forme d'images symboliques et de dialogues avec un ange, le Christ, dont le sens nous est donné par les réflexions d'Hadewijch. Chaque vision s'achève dans une extase, une plongée dans l'océan abyssal de la Déité. Cette succession, tempête - vision - plongée dans la Diété, peut être mise en parallèle avec les trois degrés de la vie spirituelle : purification, illumination, union, ou les trois degrés de la théologie : symbolique, spéculative, mystique. Un thème unique s'en dégage, celui d'un amour incomparable, qui n'appartient qu'à Dieu, qui est comme son identité et la norme absolue de son agir, et qui constitue le fondement de l' " exemplarisme spirituel ". Pour Hadewijch, l'exigence de l'amour de Dieu est de nous porter à l'aimer, et à aimer toutes choses, comme lui seul peut les aimer : en imitant les trois Personnes divines dans la totale désappropriation de soi pour entrer, par le Verbe fait chair, dans l'étreinte des Personnes de la Trinité, dans l'Unité infinie de leur essence.
Fédy Philippe ; Pâris Alain ; Poiron Jean-marc ; R
Les Chants de Maldoror, publiés en 1869 par Isidore Ducasse sous le masque de "Comte de Lautréamont", constituent peut-être le texte poétique le plus étrange et le plus inclassable de toute la littérature française. Un chant d'horreur et de haine, où foisonnent tous les monstres imaginables par un esprit déréglé mais qui ne cesse d'encenser la droite raison. Maldoror cultive et répand le Mal, mais paraît révérer en secret la vertu. Au sein d'un univers ultra-romantique (jusqu'à la caricature volontaire ?) où les cadres sont pulvérisés par un constant brouillard noir et un vent de dévastation, l'auteur prône l'"esprit de géométrie" (les "mathématiques sévères) et les lois de la plus rigide rhétorique. Pour rendre compte d'une telle complexité et tenter de percer les intentions cachées de Lautréamont, il est raisonnable de ne pas rester seul face à un texte qui nous dit, d'emblée, que nous sommes malvenus. Aussi cette analyse très poussée des Chants de Maldoror est menée à quatre voix. Philippe Fédy se concentre sur le thème de la comparaison dans le Premier Chant ; Alain Paris affronte l'atroce bestiaire du récit, en étudiant les rapports tendus entre l'animal et l'homme ou entre l'animal et le surhomme ; Jean-Marc Poiron passe en revue les "combats" de Maldoror, qui sont autant physiques que métaphysiques ou moraux ; Lucienne Rochon encadre enfin ces études par une "introduction à la lecture" et un final relatif au "mythe" chez Lautréamont. Les dernières pages touchent le point controversé entre tous : et si Les Chants n'étaient qu'une vaste mystification, un texte à lire "en négatif", ainsi que le message des Poésies (1870) nous en donne le soupçon ?
Résumé : Ces Fragments réunissent thématiquement une collection de propos échangés entre Dom Jean-Baptiste Porion (1899-1987) et un autre moine chartreux, notamment sur le taoïsme, la mystique d'Hadewjich d'Anvers et des Rhéno-flamands, ou les réformes de Vatican II, recueillis sans ordre explicite au fil des ans et des dispositions intérieures. Ceux qui liront ce livre ne seront pas nécessairement chartreux, ni religieux ni même, peut-être, prédisposés au silence contemplatif ou à la prière. Ils y découvriront la hauteur d'une pensée qui ne s'est pas détournée des plus hautes sagesses : issues du temple de Delphes, des écrits taoïstes de Lao Tseu ou de Tchouang Tseu, de la mystique nuptiale des béguines ou de celle de l'Essence des Rhéno-Flamand. Cette sagesse, une et multiple à la fois, a trouvé sa croissance et son équilibre sur le fin fil de l'Absolu où l'amour de Dieu livre son éclat dans une déprise patiente et tranquille de soi : "Celui qui dit je vois, ne dit plus je veux" . C'est l'essence même de la vocation cartusienne qui est exposée ici à travers le cristal d'une intelligence exceptionnelle, douée d'un rare pouvoir d'analyse et de synthèse, érudite et passionnée et pour qui le chemin de soi à Dieu n'emprunte aucune courbe, attachée à la seule voie droite de l'oubli du monde, le regard plongé dans l'infini. Maximilien Porion est né à Wardrecques (Pas-de-Calais) le 21 mars 1899. Il fit profession à La Valsainte le 1er novembre 1925 et devint procureur général des Chartreux à Rome en 1946. Il retourna à La Valsainte en 1981, où il mourut le 4 aout 1987. Il est l'auteur notamment de Amour et Silence. Edition établie et présentée par Nathalie Nabert
S'adressant à tous les candidats aux concours, en particulier Agrégation et CAPES, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche. Synthèse des travaux les plus récents, Clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs. Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères : un rappel du contexte historique ; les grandes "thématiques", indispensables à la compréhension des enjeux de la question ; des outils méthodologiques : chronologie, glossaire, bibliographie ; un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques.
Newman John Henry ; Robillard Edmond ; Labelle Mau
2017 marque le 500e anniversaire de la naissance du mouvement de la Réforme, qui a vu se cristalliser deux nouvelles compréhensions du christianisme autour de Martin Luther, en Allemagne, et de Jean Calvin, en Suisse et en France. A l'intérieur de ce mouvement, qui provoque une division à l'intérieur des nations chrétiennes d'Europe, l'Angleterre occupe une place à part. Passée à la Réforme sous le règne de Elisabeth 1re, l'Eglise d'Angleterre se présente comme un compromis entre les excès catholiques et les carences protestantes. La question qui divise Catholiques et Réformés est celle dite de la "justification" : la foi suffit-elle à être sauvé par le Christ, ou bien faut-il également, voire d'abord, accomplir des "oeuvres". Ce qui est en jeu, c'est le rôle de la grâce comme don gratuit, initiative libre de Dieu pour nous sauver. En 1838, John Henry Newman prononce une série de "Leçons sur la justification" dans lesquelles il tient ensemble deux choses : la relation personnelle avec le Christ dans la réception du salut (il n'y a pas de mécanique du salut) ; l'efficacité des sacrements, qui manifestent et accomplissent le recréation de l'homme (il n'y a pas de "foi seule" qui sauve séparément des sacrements). Un chef d'oeuvre d'équilibre, qui constitue l'une des plus importantes contributions à l'oecuménisme.
Dans le deuxième roman de Joseph Malègue, Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut, réalise une "fresque historique" de l'installation de la IIIe République : laïcité, déclin des notables liés à la Monarchie, l'Eglise, l'Empire, montée d'une classe nouvelle qui les supplante dans une ville d'Auvergne imaginaire, emblématique d'une mutation de la France toute entière. Malègue observe le déclin de cette classe sociale à laquelle sa famille petite-bourgeoise était liée avec le sens proustien du temps qui passe et la distance du sociologue, sans regret ni révolte. Il se préoccupe surtout du drame spirituel des "classes moyennes du Salut". Soit les chrétiens attachés à l'évangile, mais peu désireux de lui sacrifier, le cas échéant, leur bonheur terrestre. Comme dans Augustin ou le Maître est là, Malègue s'y rapproche encore plus de Proust par l'abondance de ce qu'il enregistre, décrit puis dissèque longuement et finement : beauté de la féminité, mais aussi divisions sociales implacables, fortunes détruites, mariages ratés, suicides illustrant la fin des notables catholiques. Pierres noires est considéré par les critiques comme supérieur à son premier roman (Augustin). Les "pierres noires" sont les pierres volcaniques d'Auvergne et du Cantal avec lesquelles sont construites de nombreuses maisons de ces régions. Les "Classes moyennes du Salut" sont les chrétiens médiocres (où Malègue se situait lui-même), non "classes moyennes de la sainteté". Joseph Malègue (1876-1940) est considéré comme le "Proust catholique". Ecrivain lu avec ferveur par le pape Paul VI qui voit en lui le "conteur de l'histoire de l'âme", et par le pape François comme le grand romancier moderne des "classes moyennes de la sainteté". Nouvelle édition, présentée par José Fontaine
Résumé : "Tout pouvoir vient de Dieu" signifie non pas que toute autorité dispose d?un pouvoir divin mais que le fondement de cette autorité est invisible. Ce que saint Paul dénonce, c?est la confusion de ce fondement avec ces modes de sa manifestation. "Tout pouvoir vient de Dieu" renvoie dos à dos dans aussi bien une conception de l?autorité politique qui dériverait son pouvoir du "sacré" attaché à la personne de l?empereur (ou plus tard du monarque) comme à son fondement, que celle qui la fait dériver du peuple. Voilà pourquoi les chrétiens obéissent aux lois de la Cité et se soumettent aux autorités : parce que l?autorité politique manifeste ce fondement (toujours caché). Quand les lois de ce pouvoir vont à l?encontre du Logos (et donc du Bien commun), les chrétiens ne s?opposent pas au pouvoir comme un corps politique mais rappellent aux gouvernants que leur pouvoir ne repose pas sur eux mais sur Dieu ? le Logos, c?est-à-dire la Raison, à laquelle tous les hommes participent par leur propre raison. Le livre prend notamment l?exemple que donnent les Pères apologistes : Justin, Tertullien, puis Augustin, dont la Cité de Dieu s?inscrit dans le sillage des grandes apologies. En ce sens, il n?y a pas deux cités (des hommes et de Dieu), mais une seule, et c?est la mission ? critique ? des chrétiens (comme citoyens et non pas comme un contre pouvoir) de rappeler ce fondement invisible du pouvoir quand la Cité s?en affranchit. Un livre de discernement capital aujourd?hui.
Même si la question du missel ancien représente une part réduite de son oeuvre liturgique, Joseph Ratzinger s'y est intéressé à de nombreuses reprises. Ce sont généralement des motifs plus pastoraux - en raison de ses responsabilités - que proprement doctrinaux qui l'ont conduit à aborder explicitement ce thème de la liturgie tridentine. Remarquons qu'il en parle avec des accents différents au cours de sa vie : d'abord critique d'une liturgie trop fixiste, il souligne ensuite, dans le contexte iconoclaste de l'après-concile, les points saillants et les atouts de ce missel et enfin, dans une logique de réconciliation et de réhabilitation pacifique et harmonieuse, il montre à quelles conditions la forme extraordinaire peut être une authentique liturgie d'Eglise. Au moment où l'intérêt grandit pour la forme extraordinaire, il peut être utile de rappeler que pour Benoît XVI, la liturgie ne se réduit pas à une science historique pour spécialistes. La forme extraordinaire, avec son génie propre, donne accès au mystère du sacrifice du Christ qui s'offre au Père pour le Salut du monde. La liturgie est une oeuvre de communion entre Dieu et son peuple. C'est aussi un lieu d'évangélisation où, à travers des signes visibles par tous, se déploie le mystère chrétien : point de rencontre de l'homme avec son créateur et des hommes entre eux autour du Christ. Comme le souligne le Cardinal Sarah dans la préface, la liturgie tridentine peut aider à mettre en évidence le processus vivant de croissance de la liturgie en vue d'une meilleure compréhension du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II.