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L'existence vive. Douze études sur la philosophie de Paul Ricoeur
Porée Jérôme
PU STRASBOURG
22,00 €
Épuisé
EAN :9782868205377
Penser l'existence : c'est à quoi tend la philosophie de Paul Ricoeur. Or l'existence, en sa pointe tragique, suppose la vie et sa puissance d'affirmation. D'où ce titre : "l'existence vive" - un titre problématique, il faut l'avouer, car ce rapport, entre la vie et l'existence, demande à être éclairci, surtout si l'on veut mesurer la part, en lui, de la médiation du langage et de la production du sens. Les douze études ici réunies exposent diversement ce problème. Elles ne s'attardent pas seulement sur les sources de la pensée de Ricoeur mais prolongent encore quelques-unes de ses interrogations les plus constantes : sur la naissance et la mort, sur le mal et son aveu, sur la constitution de la personne, sur l'engagement dans la cité, sur les ressources du symbole et du récit, sur la possibilité de la réflexion philosophique, enfin sur l'espérance entendue comme une forme universelle du temps humain. L'espérance seule garde, en effet, l'existence vive.
La mélancolie a pu être définie comme une "maladie du temps". Ne faut-il pas cependant, pour admettre cette définition, savoir déjà ce qu'est le temps ? Et la psychiatrie ne doit-elle pas, pour cela, entrer en dialogue avec la philosophie ? La compréhension de la mélancolie sort enrichie de ce dialogue. Mais ce n'est pas moins le cas de la compréhension du temps. La philosophie a donc beaucoup à apprendre, elle aussi, de sa rencontre avec la psychiatrie. C'est ce que voudrait montrer ce livre, qui assume à cette fin ce qu'il faut bien appeler l'énigme de la mélancolie. Si, en effet, celle-ci est la forme achevée du désespoir, alors pourquoi tous les mélancoliques ne se tuent-ils pas ? Comment la plupart d'entre eux se maintiennent-ils malgré tout dans la situation qui est la leur ? Qu'espèrent-ils encore ?
Comment la raison est-elle venue au monde ? Comme il se doit, de façon déraisonnable ! " Toute la critique contemporaine de la métaphysique paraît avoir fait sienne le mot de Nietzsche. Mais une telle critique, appliquée indistinctement à l'ambition épistémique d'une fondation et à l'exigence éthique d'une justification ultimes, se ferme ainsi à une expérience où cette requête de justification s'impose comme un fait irréductible : l'expérience humaine de la souffrance. Elle occulte la relation immédiatement et problématiquement nouée par celle-ci entre la Chair et l'Idée, entre le Temps et la Raison, entre l'Etre et le Devoir-être. Décrire la manière dont apparaissent ensemble, dans le temps suspendu du souffrir, la forme universelle de l'existence et la forme inconditionnelle de l'impératif moral, telle est alors la tâche d'une phénoménologie radicale.
Que le monde soit de plus en plus violent, c'est sans doute ce qu'ont répété, les uns après les autres, les hommes de tous les temps. Mais cela n'en est pas moins vrai de notre monde. Et la violence sanctionne toujours le même oubli, à moins qu'il ne faille dire le même déni : celui de la fragilité humaine. Fragilité de la vie humaine : fragilité du corps mais autant, sinon davantage, fragilité affective, car l'homme est corps et âme, et sa vie est celle d'une personne en devenir. Fragilité de l'humain en l'homme car celui-ci n'est pas un vivant comme les autres : il grandit avec l'histoire, le langage, le symbole, l'accueil du visage étranger. Fragilité en n des institutions humaines et notamment des institutions démocratiques - les seules peut-être qui préservent l'humanité de l'homme. Or, ces fragilités mêmes nous obligent : elles en appellent à la solidarité et à la responsabilité de tous. L'homme fragile, ainsi, suppose l'homme capable - bien différent pourtant de l' "homme augmenté" qu'exaltent les nouvelles utopies techniciennes. Le soin, la parole et l'action en témoignent dans les trois grands domaines explorés dans cet ouvrage où la philosophie dialogue avec la médecine, l'anthropologie et la politique. Les textes qui le composent ont pour origine les Rencontres Paul Ricoeur, organisées tous les deux ans par l'université de Rennes et les Champs Libres sur un thème inspiré par l'oeuvre du penseur et appliqué aux grands problèmes du monde contemporain.
Résumé : Qu'est-ce que le mal ? Question sans objet, déclare Nietzsche en tentant d'établir la pensée " par-delà bien et mal ". Et pourtant : de Platon à Hegel, d'Aristote à Augustin et à saint Thomas, de Proclus à Kierkegaard en passant par Bayle, Leibniz, Kant ou Schelling - sans oublier, plus près de nous, Nabert, Jonas, Ricoeur ou Arendt -, rares sont les penseurs qui ne l'ont pas prise au sérieux. Ce livre montre comment elle a été élaborée par une tradition théologique et philosophique vieille de près de trois mille ans, puis reprise et transformée par l'expérience individuelle et par les grands cataclysmes de notre siècle. Il se compose de deux parties correspondant aux deux formes principales du mal humain : la faute et la souffrance. L'une cherche les causes et les raisons de la volonté mauvaise ; l'autre décrit l'impasse vitale où prennent source la révolte et le sentiment de l'injustifiable. Chacune part de l'examen d'une situation spéculative qui fait ensuite l'objet d'une critique fondée à la fois sur une lecture attentive des grands textes et sur la confrontation avec les faits. Cette critique entraîne la contestation du privilège traditionnel du mal moral et le recentrement de la réflexion sur le mal physique, c'est-à-dire sur la souffrance. Elle montre en outre que le mal est moins ce sur quoi l'on glose, que ce contre quoi l'on lutte. La philosophie en quête d'une réponse à la question que celui-ci nous pose devra donc s'ouvrir à ce qui n'est pas elle : la création, l'action, la parole, la foi.