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La fragilité humaine
Porée Jérôme
PU RENNES
18,00 €
Épuisé
EAN :9782753597242
Que le monde soit de plus en plus violent, c'est sans doute ce qu'ont répété, les uns après les autres, les hommes de tous les temps. Mais cela n'en est pas moins vrai de notre monde. Et la violence sanctionne toujours le même oubli, à moins qu'il ne faille dire le même déni : celui de la fragilité humaine. Fragilité de la vie humaine : fragilité du corps mais autant, sinon davantage, fragilité affective, car l'homme est corps et âme, et sa vie est celle d'une personne en devenir. Fragilité de l'humain en l'homme car celui-ci n'est pas un vivant comme les autres : il grandit avec l'histoire, le langage, le symbole, l'accueil du visage étranger. Fragilité en n des institutions humaines et notamment des institutions démocratiques - les seules peut-être qui préservent l'humanité de l'homme. Or, ces fragilités mêmes nous obligent : elles en appellent à la solidarité et à la responsabilité de tous. L'homme fragile, ainsi, suppose l'homme capable - bien différent pourtant de l' "homme augmenté" qu'exaltent les nouvelles utopies techniciennes. Le soin, la parole et l'action en témoignent dans les trois grands domaines explorés dans cet ouvrage où la philosophie dialogue avec la médecine, l'anthropologie et la politique. Les textes qui le composent ont pour origine les Rencontres Paul Ricoeur, organisées tous les deux ans par l'université de Rennes et les Champs Libres sur un thème inspiré par l'oeuvre du penseur et appliqué aux grands problèmes du monde contemporain.
Résumé : Penser l'existence : c'est à quoi tend la philosophie de Paul Ricoeur. Or l'existence, en sa pointe tragique, suppose la vie et sa puissance d'affirmation. D'où ce titre : "l'existence vive" - un titre problématique, il faut l'avouer, car ce rapport, entre la vie et l'existence, demande à être éclairci, surtout si l'on veut mesurer la part, en lui, de la médiation du langage et de la production du sens. Les douze études ici réunies exposent diversement ce problème. Elles ne s'attardent pas seulement sur les sources de la pensée de Ricoeur mais prolongent encore quelques-unes de ses interrogations les plus constantes : sur la naissance et la mort, sur le mal et son aveu, sur la constitution de la personne, sur l'engagement dans la cité, sur les ressources du symbole et du récit, sur la possibilité de la réflexion philosophique, enfin sur l'espérance entendue comme une forme universelle du temps humain. L'espérance seule garde, en effet, l'existence vive.
Résumé : Qu'est-ce que le mal ? Question sans objet, déclare Nietzsche en tentant d'établir la pensée " par-delà bien et mal ". Et pourtant : de Platon à Hegel, d'Aristote à Augustin et à saint Thomas, de Proclus à Kierkegaard en passant par Bayle, Leibniz, Kant ou Schelling - sans oublier, plus près de nous, Nabert, Jonas, Ricoeur ou Arendt -, rares sont les penseurs qui ne l'ont pas prise au sérieux. Ce livre montre comment elle a été élaborée par une tradition théologique et philosophique vieille de près de trois mille ans, puis reprise et transformée par l'expérience individuelle et par les grands cataclysmes de notre siècle. Il se compose de deux parties correspondant aux deux formes principales du mal humain : la faute et la souffrance. L'une cherche les causes et les raisons de la volonté mauvaise ; l'autre décrit l'impasse vitale où prennent source la révolte et le sentiment de l'injustifiable. Chacune part de l'examen d'une situation spéculative qui fait ensuite l'objet d'une critique fondée à la fois sur une lecture attentive des grands textes et sur la confrontation avec les faits. Cette critique entraîne la contestation du privilège traditionnel du mal moral et le recentrement de la réflexion sur le mal physique, c'est-à-dire sur la souffrance. Elle montre en outre que le mal est moins ce sur quoi l'on glose, que ce contre quoi l'on lutte. La philosophie en quête d'une réponse à la question que celui-ci nous pose devra donc s'ouvrir à ce qui n'est pas elle : la création, l'action, la parole, la foi.
Rarement auteur s'est autant appuyé sur la langue telle qu'elle est. Ric?ur ne s'est pas créé une langue propre, mais il a observé et discerné des usages déjà là, qu'il a soigneusement cherché à mettre en ordre. Ces trésors du langage ordinaire font pour lui partie de notre précompréhension des questions, et plutôt que croire pouvoir en faire table rase en commençant par des définitions pures, il vaut toujours mieux partir de ces sources non philosophiques de la philosophie. Comme il dit, "nous survenons au beau milieu d'une conversation qui est déjà commencée et dans laquelle nous essayons de nous orienter afin de pouvoir à notre tour y apporter notre contribution". Cependant, en creusant certaines apories, en approfondissant certains paradoxes, il arrive qu'il opère des retournements ou des déplacements de significations, qui rapprochent des concepts éloignés, au point d'en faire des "métaphores vives".
La mélancolie a pu être définie comme une "maladie du temps". Ne faut-il pas cependant, pour admettre cette définition, savoir déjà ce qu'est le temps ? Et la psychiatrie ne doit-elle pas, pour cela, entrer en dialogue avec la philosophie ? La compréhension de la mélancolie sort enrichie de ce dialogue. Mais ce n'est pas moins le cas de la compréhension du temps. La philosophie a donc beaucoup à apprendre, elle aussi, de sa rencontre avec la psychiatrie. C'est ce que voudrait montrer ce livre, qui assume à cette fin ce qu'il faut bien appeler l'énigme de la mélancolie. Si, en effet, celle-ci est la forme achevée du désespoir, alors pourquoi tous les mélancoliques ne se tuent-ils pas ? Comment la plupart d'entre eux se maintiennent-ils malgré tout dans la situation qui est la leur ? Qu'espèrent-ils encore ?
Subjectivités numériques et posthumain s'inscrit dans le sillage de l'ouvrage PostHumains : frontières, évolutions, hybridités publié dans la collection "Interférences" des presses universitaires de Rennes. Ce recueil était davantage consacré aux mutations, évolutions et hybridations du corps dans un devenir posthumain. Ce livre propose d'explorer l'imaginaire associé à l'émergence d'une subjectivité numérique dans la période contemporaine de l'hyperconnectivité et du développement de l'intelligence artificielle. Tout comme dans la perspective d'une corporéité posthumaine, un esprit qui ne serait plus ancré à un corps organique suscite de nombreuses réflexions et mises en fiction. L'approche proposée dans ce livre est par ailleurs fondamentalement interdisciplinaire car les questionnements relatifs aux devenirs de l'humain et à la définition de son identité que déclenche le posthumain sont universels.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour