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Kierkegaard en France au XXe siècle : archéologie d'une réception
Politis Hélène ; Dagognet François
KIME
25,40 €
Épuisé
EAN :9782841742950
Le nom de Kierkegaard est aujourd'hui bien connu des Français : " Ah, oui, le père de l'existentialisme ! ". Ou encore : " Sa fiancée ne se prénommait-elle pas Régine ? N'a-t-il pas été affreusement malheureux en amour ? ". Ou parfois " Le solitaire de Copenhague, l'original, l'isolé... ". Et aussi : " Un non-philosophe ou même un anti-philosophe, un contempteur du système hégélien, précurseur de Nietzsche, frère en esprit de Rimbaud, de Van Gogh, de Dostdevski, de Pascal - et de quelques autres ". Pourtant, l'?uvre de Soren Kierkegaard (Danemark, 1813-1855) mérite mieux que ces amalgames, ces approximations, ces jugements à l'emporte-pièce. Le présent ouvrage, résultat d'une longue et patiente enquête, retrace les principales étapes de la réception de Kierkegaard en France ; documents à l'appui, il montre comment, au fil du XXe siècle, les malentendus autour de sa personne et de son ?uvre se sont accumulés, se confortant curieusement les uns les autres jusqu'à devenir " vérité avérée ". Dès 1835 Kierkegaard disait, avec une belle lucidité prémonitoire, que " suivre le chemin des commentateurs, c'est souvent faire comme ce voyageur qui se rendait à Londres : le chemin mène bien à Londres ; mais lorsqu'on veut y aller, on doit se retourner ". Retournons-nous donc ! Et reprenons à notre compte, pour notre plus grand bonheur, ces paroles de Constantin Constantius, l'auteur pseudonyme de La répétition : " C'est un art d'être un bon lecteur, sans même parler du fait que c'est aussi un art d'employer du temps à le devenir ".
En s'assignant la tâche de fonder l'éthique sur une conception universelle de l'agir humain et sur une certaine idée de la liberté, la tradition philosophique moderne a cessé de placer Dieu en position de fondement. Ainsi l'éthique, au-delà de la morale religieuse, est devenue (ou redevenue) un enjeu à la fois théorique et pratique. Cela n'en fait par pour autant une éthique sans Dieu, encore moins une éthique athée. Il ne suffit d'ailleurs pas de chasser Dieu hors de l'éthique pour avoir réglé la question de leur rapport. Bien au contraire, ce geste ne fait d'une certaine manière que poser avec plus d'acuité la question du divin dans l'éthique elle-même, partiellement indépendante des figures théologiques et métaphysiques de Dieu. Cette question resurgit en effet dès qu'il s'agit de penser la constitution d'une subjectivité éthique et spirituelle. Si d'un point de vue purement rationnel Dieu ne fonde pas l'éthique, il n'est pas exclu qu'en pratique il la rende possible, et qu'il soit donc en quelque sorte appelé, et peut-être du même coup transformé par elle. Dieu a-t-il sa place dans l'éthique ? Sept philosophes et un juriste tentent de répondre à cette question, et surtout d'en préciser les termes. Leur réflexion s'appuie librement sur quelques grandes figures de la pensée philosophique ou mystique : Kant, Hegel, Jean de la Croix, Ostad Elahi, Bergson, Wittgenstein, Lévinas, Kierkegaard, Derrida, Ricœur.
Résumé : Soren Kierkegaard a publié les Miettes philosophiques ou Une miette de philosophie à l?âge de 31 ans. Cette brochure n?est rien de moins qu?une réplique à l?Encyclopédie des sciences philosophiques de Hegel. C?est à partir de la mise en contraste de deux paradigmes, paradigme socratique et paradigme christique, ou à partir d?une fiction du christianisme, que se déploie cette réplique dont toute l?ampleur apparaît dans l?Interlude intercalé entre les deux derniers chapitres : placé sous la bannière de Leibniz, ce morceau d?une technicité philosophique redoutable contient une éblouissante généalogie des catégories, conduisant le lecteur de la catégorie d?advenir (Tilblivelse) jusqu?à la catégorie de répétition (Gjentagelse) sans laquelle on ne peut penser correctement le devenir-chrétien.
Kierkegaard, préludes brésiliens éclaire de façon novatrice quelques-uns des plus importants textes de Soren Kierkegaard (Le concept d'ironie, les Miettes philosophiques, le Post-scriptum aux Miettes, Le concept d'angoisse, La maladie à la mort, Les oeuvres de l'amour, Un compte rendu littéraire, La crise et une crise dans la vie d'une actrice) en respectant leur situation historico-culturelle tout en sachant les mettre en perspective par rapport à nos problématiques actuelles. A ce dialogue entre le XIXe siècle et le XXIe siècle participent des figures pensantes du XXe siècle, parmi lesquelles Theodor Adorno, Martin Heidegger, Hannah Arendt. De l'honnête homme soucieux de s'informer jusqu'au spécialiste des études kierkegaardiennes, chacun trouvera donc ici de quoi dynamiser son propre questionnement.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.