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Flèches. Le martyre de saint Sébastien
Poivre d'Arvor Olivier
TABLE RONDE
8,70 €
Épuisé
EAN :9782710326212
J'avais vingt-trois ans, c'était en janvier 1982. Un ami proche, jeune prêtre homosexuel le jour, jésuite prostitué la nuit, se mourait à mes côtés d'un mal inconnu. J'ai écrit ce livre en dix-huit jours, exactement. D'un trait. Il fallait aller vite. Sébastien - nom prédestiné mais réel - est mort quelques semaines avant que cette longue lettre, à lui adressée, ne soit publiée. Il l'a lue chez lui, dans une boîte gay, rue Sainte-Anne à Paris, à l'hôpital, chez lui de nouveau la dernière fois. Le sida ne portait pas encore son nom. Alors que je devais écrire un livre savant sur le mythe de saint Sébastien, je ne parle ici que d'un cancer étrange, d'une peste qui s'annonce. Les flèches de Sébastien, sa chair, flesh. On parle ici d'un saint qui a rassemblé autour de sa légende autant de dévots que d'impies. Les peintres en ont fait leur sujet de prédilection, Mishima, Pasolini l'ont adoré, ont reproduit son supplice. C'est étrange, mystique et sadique à la fois. C'est un livre sur le sexe et sur la foi. Un livre sur la chair, le corps. En relisant, je ne sais pas d'où cela vient, ni pourquoi je n'ai pas écrit en latin, tant ce livre des heures est pénétré de je ne sais quel dieu et de démons connus : jouir et souffrir en même temps. S'aimer soi-même en aimant l'autre. C'est un livre pour Sébastien, mort du sida avant tant d'autres." Olivier Poivre d'Arvor.
Dans les années trente, en pleine dépression, l'Amérique de Roosevelt invente le New Deal, investit massivement dans la création, et assure ainsi la relance économique en même temps qu'une domination culturelle dont le Vieux Monde fait toujours les frais. Sur fond de crise et de révolution numérique, la France peut-elle encore, tête de pont d'une Europe bien timide, relever le défi, faire le pari de l'investissement et de la croissance et inventer une nouvelle donne culturelle? Oui, assure Olivier Poivre d'Arvor, dès lors que la culture redevient au c?ur d'un projet politique, comme François Mitterrand l'a incarné, un véritable choix de civilisation. Ce New Deal à la française passe par quelques axes forts: un investissement massif dans l'éducation aux arts et à la sensibilité, un pacte entre science, technologie et culture, un soutien accru à la création et une ouverture aux expressions du monde. Mais aussi par le biais d'une plus grande démocratie culturelle, d'une implication retrouvée des citoyens dans l'appropriation de leur fabuleux patrimoine et d'une gouvernance pleinement assurée par les territoires. Une certitude ressort de cet essai engagé: avec 1% de la population mondiale, une globalisation à grande vitesse et le spectre de la crise qui s'abat sur elle, la France ne se distingue désormais plus que par sa culture, sa langue, sa capacité à mener la guerre douce de l'influence, le soft power. Réveillez-vous les politiques! A trop tarder et à préférer l'héritage des anciens à l'audace des nouvelles générations, notre pays est menacé, à très court terme, de perdre son avantage. L'état d'urgence est proclamé.
Résumé : A la cinquantaine, moment où son désir d'enfant, jusqu'ici inexistant, devient une évidence, le narrateur apprend qu'il est stérile. Quelques mois plus tard, il rencontre une fillette de 7 ans au Togo : leur premier contact est bouleversant, l'instant est décisif, c'est Amaal qui sera sa fille. Mais comment fait-on quand on est un homme célibataire pour devenir père ? Olivier Poivre d'Arvor, diplomate, écrivain, spécialiste des échanges culturels internationaux lève le voile sur un sujet tabou - la stérilité masculine - en racontant le parcours initiatique de deux années qui a changé sa vie.
Au départ de ce roman, un fait divers bien réel: une Chinoise s?est défenestrée à Paris pour échapper à une descente de police ? qui, d?ailleurs, ne la visait en rien? De cette tragédie, Olivier Poivre d?Arvor a tiré un roman très original, émouvant, plein de rebondissements et de surprises? En effet, devant ce drame de la Chinoise défenestrée, l?opinion s?est émue et a organisé le voyage de Fan Wen Dong, son propre fils âgé d?une vingtaine d?années. Ce garçon sensible et poétique, à peine débarqué de sa ville de Fushun, va donc passer quelques jours à Paris avant de repartir en Chine avec les cendres de sa mère? Le roman que nous lisons s?inscrit, très exactement, dans cette semaine où s?entremêlent plusieurs trames de destins. Il y a là une femme ? qui, précisément, réalise un film sur Marguerite Duras et qui rencontre « l?amant » chinois par hasard, à la faveur d?un accident de voiture. Il y a aussi un militant des droits de l?homme, un certain Schwartz, qui semble considérer Fan Wen Dong comme son fils? Ce Voyage du fils tisse, en brefs chapitres, une étrange histoire d?amours, de solitudes, de rencontres intenses. Olivier Poivre d?Arvor y raconte l?impossible face-à-face de la Chine et de l?Occident, du nanti et du démuni, de l?exilé et de son hôte?
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.
Ce volume réunit trois grands reportages que Manuel Chaves Nogales a réalisés en Andalousie pour son journal Ahora, à diverses étapes de la Seconde République. "Avec les paysans andalous" date de novembre 1931, "Semaine sainte à Séville" d'avril 1935, et le récit qui donne son titre au recueil, "L'Andalousie rouge et "la Blanche Colombe"" , de juin 1936. Ce sont d'amples pièces où se mêlent les thématiques andalouse, ethnographique, religieuse, socio-économique et politique. Le journaliste met en lumière l'évolution d'un climat hautement politique, qui va de l'atmosphère pré-révolutionnaire - lors de ses journées avec les paysans -, à une atmosphère annonçant clairement le conflit - lors de son pèlerinage d'El Rocío -, en passant par des pages magistrales dédiées à une Semaine sainte bouleversée par cet élan républicain. Dans chacun des trois récits, le contexte historique et actuel impose sa loi et met à mal tout présage, parfois même d'authentiques réalités d'avant guerre. Mais seule une plume avertie comme celle de Chaves Nogales a su faire de son travail de journaliste une oeuvre intemporelle dont la lecture, aujourd'hui, est un exercice que personne ne devrait négliger.
Au début des années 1990, Mark Senders, dessinateur bohème et amateur de paradis artificiels, se retrouve vautré comme un SDF dans un parc new-yorkais. Il écoute un homme qui décrit le crépuscule sur la baie de l'Hudson. C'est parce que la précision des termes employés le frappe qu'il s'approche de l'inconnu et assiste à son assassinat. Pour percer le secret du "sourire contenu" - expression la plus difficile à rendre pour un dessinateur - d'une femme aux yeux violets qu'un tueur s'est juré de crever, Mark va se lancer dans une enquête, du New York des médiums au Cambodge déchiré par les coups d'Etat, en passant par Hong-Kong à la veille de la rétrocession à la Chine. Dans ce roman noir qui s'attache autant à un monde finissant qu'au sort des cochons en Asie du Sud-Est, Serge Quadruppani est en quête d'une "Shelter Island", d'une île-abri. Inutile de dire qu'il ne l'a pas encore trouvée, vingt ans après la première parution de cette errance géostratégique et sentimentale.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.