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L'histoire culturelle : un "tournant mondial" dans l'historiographie ?
Poirrier Philippe
EUD
20,00 €
Épuisé
EAN :9782915611069
Depuis deux décennies, l'histoire culturelle est l'un des secteurs les plus actifs de la recherche historique. A l'heure de la "globalisation", l'histoire comparée de cette configuration historiographique restait à écrire. Ce volume souhaite interroger la réalité d'un "tournant culturel" dans l'historiographie mondiale. A partir des situations nationales, seize contributeurs analysent les modalités d'émergence et de structuration de l'histoire culturelle, les singularités des conjonctures et l'organisation des marchés universitaires. L'ambition est de souligner l'importance des transferts culturels afin de comprendre la circulation, la diffusion et l'appropriation des modèles historiographiques. Dans sa postface, Roger Chartier souligne combien chaque tradition nationale s'est appropriée, en son style propre, des propositions issues d'autres historiographies à partir de deux grands modèles: les Annales et ses déclinaisons successives d'une part; une historiographie anglo saxonne issue d'un marxisme ouvert d'autre part.
Cet ouvrage collectif vise, dans une perspective historienne, à analyser comment la "culture scientifique" a fait l'objet de politiques publiques en France, depuis une trentaine d'années. Les contributions portent sur le rôle des ministères chargés de la culture scientifique (ministère de la recherche & ministère de la culture), des principales institutions (musées et centres de culture scientifique, technique et industrielle) et acteurs concernés (scientifiques et médiateurs, chercheurs et militants de l'éducation populaire). Les analyses menées confirment la rupture des années 1980 : l'hybridation militante des années 1970, perceptible aussi bien chez quelques chercheurs qui souhaitent faire descendre la science dans la rue que chez les militants de l'éducation populaire qui défendent l'idée de loisirs scientifiques, laisse la place à un processus d'institutionnalisation et de professionnalisation, fortement soutenu par les pouvoirs publics. La CSTI devient un instrument des politiques publiques ; fait l'objet de programmes portés par différents ministères ; s'incarnent dans des institutions spécifiques. Mettre les sciences en culture s'affiche comme une priorité.
La mise en oeuvre de politiques publiques de la culture, communément dénommées « politiques culturelles », est étroitement liée à la construction et à la consolidation des États-nations. Aussi, n'est-il guère étonnant que leur histoire ait été prioritairement élaborée dans le cadre des historiographies nationales. La perspective est celle d'une histoire comparée des politiques publiques de la culture. « Pour une histoire des politiques culturelles dans le monde » ne relève donc ni de la « littérature grise », ni de l'expertise, ni de l'évaluation pratiquée par les organismes internationaux. Le volume est constitué de contributions qui présentent des études de cas nationales; premier jalon indispensable à des études qui devront, à l'avenir, être plus sensibles à la question des transferts culturels et des circulations des modèles d'un État à l'autre. La période considérée, la seconde moitié du XXe siècle, correspond à une phase d'institutionnalisation des politiques culturelles; ce qui se traduit notamment par la création dans certains pays de ministère de la Culture. Pierre-Michel Menger souligne, sous la forme d'une synthèse des dix-neuf études de cas, les grandes tendances qui participent d'une évolution que l'on peut décomposer en quatre étapes successives: La construction d'une politique systématique d'offre culturelle Une décentralisation progressive de l'action publique Une révision du champ d'intervention légitime de l'action publique Une justification croissante de la politique culturelle par ses contributions à la croissance économique et à l'équilibre de diversité sociale des nations
C?est au cours des années 1960 qu?est née la notion de politique publique de la culture en France, au niveau national comme au niveau local. Certes la vision de Malraux ainsi que la dynamique de la planification ont alors fait avancer la réflexion sur les politiques culturelles et leur mise en route. Mais de façon concomitante, en Avignon, Jean Vilar organisait durant chaque festival, de 1964 à 1970, des " Rencontres " où il invitait une quarantaine de personnalités ? artistes, professionnels, élus, administrateurs et chercheurs ? pour repérer les questions de fond qu?il fallait poser pour construire des politiques cohérentes : " Culture et État " en 1964, " Culture et École " en 1965, " Culture et Région " en 1966, " Culture et Ville " de 1967 à 1970. Les comptes rendus de ces Rencontres n?avaient jamais été publiés et restaient dispersés. Philippe Poirrier, maître de conférences à l?université de Bourgogne ? spécialisé dans l?histoire des politiques culturelles locales ? et le Comité d?histoire du ministère de la culture et de la communication tombèrent d?accord pour juger fondateurs ces débats et décider de les publier en l?état. La large introduction de Philippe Poirrier, les témoignages qu?il a suscités, les index qu?il a élaborés font de la publication de ces comptes rendus, curieusement actuels et profondément féconds pour la réflexion sur les politiques culturelles, un ouvrage de référence.
Les politiques culturelles mises en ?uvre par l'Etat et les collectivités territoriales depuis la création du ministère de la Culture par André Malraux au début des années 1960, ont suscité au cours des dernières décennies de multiples débats. Voici une anthologie de textes rédigés depuis 1955 sur le sujet et cités dans leur intégralité. Ils proviennent de sources très diverses : discours de politiques, mémoires d'administrateurs culturels, réflexions d'universitaires ou de militants... L'auteur, dans son introduction, explicite et justifie sa sélection et la replace dans une utile perspective chronologique.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
Traditionnellement, le monde de la vigne et du vin se caractérise par une apparente permanence, une continuité régulée par une histoire sans heurts, fruit d'un savoir-faire millénaire transmis d'une génération à l'autre. Pourtant, derrière cet immobilisme de façade, se cache une histoire mouvementée. Ainsi, cet ouvrage, qui réunit les contributions d'une vingtaine de spécialistes internationaux, propose de revenir sur trois siècles, décisifs et encore peu explorés, d'identification, de construction et de régulation des territoires de la vigne et du vin. Au prisme d'un regard pluridisciplinaire, ce recueil montre comment, du XVIIIe au XXIe siècle, différents acteurs ont pu décrire, réguler, organiser des territoires vitivinicoles aussi différents que ceux de Bourgogne, de Champagne, de Nouvelle-Zélande, du Chili ou encore de Rioja. Replaçant l'homme au coeur de cette construction historique et sociale qui, au XXe siècle, va consacrer l'idée même de terroir auprès de l'oenophile, cet ouvrage invite plus largement à jeter un regard durent sur les sociétés contemporaines et leur passé.