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Canetti. Les métamorphoses contre la puissance
Poirier Nicolas
MICHALON
12,00 €
Épuisé
EAN :9782841868759
Romancier, dramaturge, anthropologue, essayiste et moraliste, prix Nobel de littérature en 1981, Elias Canetti est un écrivain inclassable, rétif aux dogmes comme aux idéologies, qui a tout fait pour ne pas s'ériger en maître. Hostile aux systèmes de pensée à vocation totalisante, la pensée de Canetti peut sembler, à première vue, assez déroutante, tant il est difficile d'en identifier la forme unitaire qui lui confère d'emblée sa signification. Pourtant, si ses motifs sont indéniablement pluriels, l'oeuvre de Canetti n'en reste pas moins portée par le souci de donner tout son sens à la possibilité pour les hommes de résister, en se jouant notamment des identités figées, à un pouvoir ayant besoin d'infliger la mort pour s'exercer. Le livre de Nicolas Poirier privilégie l'aspect plus directement politique de l'oeuvre de Canetti : à partir principalement de l'anthropologie de la culture élaborée par Canetti dans Masse et puissance, son unique ouvrage théorique, il se donne pour objet de faire ressortir les thématiques et problématiques saillantes de la réflexion menée par Canetti concernant notamment le pouvoir et son lien avec la mort, mais aussi plus largement la capacité humaine de faire communauté sans succomber aux pathologies qui enferment l'homme dans une identité qu'il prétend exclusive.
Les vocations sont des chemins que la mémoire trace après-coup pour donner sens au parcours singulier qui nous mène de l'enfance à l'âge adulte. Aux lisières de l'adolescence, je me voyais chauffeur de train ou de taxi, même si je rêvais surtout de devenir journaliste. Je voulais écrire pour raconter ce que je voyais, pour rendre compte d'événements dont j'étais le témoin. L'essentiel était de prendre la route, d'explorer quelque chose qui n'avait été qu'entrevu ou d'en parler d'une manière originale. La recherche en philosophie et l'enseignement de cette discipline devinrent mon métier. Sartre a raison de dire qu'on rate toujours sa vie, qu'on ne devient jamais celui ou celle qu'on aspirait à devenir. Les points d'arrivée ne sont pas forcément des points d'aboutissement. On croit achever quelque choses alors qu'on a creusé une brèche dans son devenir. Les crises, existentielles ou intellectuelles, peuvent avoir du bon. Elles réveillent le sens de la révolte, elles aiguisent l'envie d'un nouveau départ, elles invitent à d'autres commencements. Ce livre est le récit d'une tentative pour inaugurer dans ma vie quelque chose de neuf en la racontant. Un écrivain n'est pas quelqu'un qui vit de son écriture. Ce n'est qu'un nom, utile pour désigner celui qui ne sait pas ce qu'il est mais aspire seulement à exprimer quelque chose de lui-même.
Cette introduction à la pensée et l'oeuvre de Claude Lefort (1924-2010) met en lumière la réflexion particulièrement novatrice du philosophe sur la démocratie, nourrie de l'expérience du totalitarisme, notamment sous sa forme stalinienne. Après être revenu sur l'engagement militant de Lefort au sein du groupe Socialisme ou Barbarie et sur les raisons qui l'ont conduit à s'éloigner du projet révolutionnaire, cet ouvrage montre ce que doit sa pensée à la réflexion philosophique développée par le philosophe Maurice Merleau-Ponty, particulièrement sur les questions de société, de politique et d'histoire. Il fait aussi ressortir l'immense travail de réinterprétation de Machiavel accompli par Lefort, qui a débouché sur une théorisation de la démocratie en tant que régime capable de faire vivre la conflictualité inhérente au politique. Il explique enfin comment Lefort a approfondi sa réflexion sur la démocratie à partir de Tocqueville notamment, et cherché à redonner un contenu politique à l'idée des droits de l'homme.
A l'heure du succès des idées "écoresponsables", "anti-gaspillage" et de la promotion du recyclage, l'objectif de ces 38es Journées de Flaran a été de faire le point sur le rapport au déchet dans les campagnes de l'Occident médiéval et moderne : qu'est-ce qui était considéré comme déchet ? Quelles en étaient les chaînes de traitement entre valorisation et simple dépôt ou stockage ? Une première thématique a concerné le rôle des déjections humaines et animales mais aussi des déchets domestiques (alimentaires) et techniques (de traitement des récoltes) dans les cycles culturaux. Les contributions ont permis de documenter les chaînes opératoires de traitement de ces déchets, depuis leur accumulation jusqu'à leur épandage éventuel dans les parcelles à amender. Un second axe a envisagé le rôle structurant de ces pratiques du point de vue de la géographie agraire et des ressources environnementales. En effet, le recours à différentes ressources végétales périphériques des finages (buis, ajonc, goémon), comme produit d'amendement, amène à une relecture de l'espace agraire par ses marges. Enfin, la question des amendements a revisité le dossier des relations ville-campagne dans une perspective inversée et renouvelée. Le colloque a permis de montrer comment la ville approvisionne les campagnes en ordures qui deviennent dès lors des fumures. Le tout est évidemment soumis au système de gouvernement urbain et rural, considérant ces déchets tantôt comme des biens communs affermés au plus offrant, tantôt comme des produits dérivés. Une lecture juridique, administrative et surtout politique de la question a donc été aussi proposée.
Auteur d'une oeuvre philosophique considérable, Cornelius Castoriadis (1922-1997) est une figure marquante de la pensée contemporaine. Après avoir défendu dans le cadre du groupe Socialisme ou Barbarie le projet révolutionnaire d'une société auto-gérée qui s'appuyait sur une critique sans concessions de l'imposture stalinienne, Castoriadis allait rompre avec la pensée de Marx auquel il reprochait son déterminisme, pour repenser l'histoire des hommes et la possibilité de l'émancipation sociale à partir de la notion d'imaginaire créateur. L'imagination - conçue de manière radicale comme institution de déterminations nouvelles - devait permettre à Castoriadis de donner son sens véritable au projet d'autonomie, par la considération finalement occultée chez Marx que ce sont les hommes eux-mêmes qui créent leur propre histoire.
Quel avenir pour les jeunes placés en foyer et les jeunes des cités ? Après quatorze années passées entre les mains de l'Aide sociale à l'enfance, Adrien se retrouve livré à lui-même à sa majorité. Une fois obtenu son bac pro, il doit se lancer seul dans la vie active. Ses premiers pas le conduiront vers une banlieue du sud de la France. Il y découvre ses nouvelles conditions de vie - gérer un budget, s'occuper du quotidien, première expérience professionnelle - en même temps que la vie de cité, où règnent chômage, insécurité, trafics, règlements de comptes et radicalisation. De rencontres en discussions, Adrien se rapproche peu à peu de ces jeunes fracassés. Sans repères ni famille, il côtoie l'extrême violence de certaines banlieues, territoires gangrenés que la République a désertés... Face à l'inertie des pouvoirs publics, où trouver la force de ne pas sombrer ? Jeune placé, adolescent au parcours chaotique, puis banlieusard - comment faire mentir les statistiques qui vous collent à la peau ? Comment arracher l'étiquette que la société vous impose ? Entre lutte et résilience, le récit choc d'une jeunesse en perdition.
Résumé : Depuis les années 1960, l'hôpital est devenu le lieu de l'accouchement. Disparues les terreurs d'antan et les souffrances d'un autre âge : la péridurale y est aujourd'hui reine pour supprimer les douleurs. Pourtant, dès que l'on questionne les femmes sur leur expérience, nombreuses sont celles qui font part de vexations, d'intimidations, de coercitions, voire de brutalités et de violences. Ce qui devait être un heureux événement se transforme en cauchemar sous la pression des médecins qui suivent les protocoles hospitaliers. "On m'a volé mon accouchement." Le refus d'entendre les femmes et la domination que les soignants exercent sur elles sont à l'origine de traumatismes physiques et psychiques considérables. Un grand nombre des dépressions post-partum ou des syndromes de stress post-traumatique trouvent probablement là leur cause. Restée longtemps cachée, cette violence commence à apparaître au grand jour, alors que la parole des femmes se libère enfin. L'obstétrique est profondément misogyne. Elle considère les femmes comme faibles, malades, dangereuses, dont le corps serait inadapté pour mettre les enfants au monde. L'accouchement est ainsi resté l'un des derniers bastions de la domination masculine. Rendre les femmes maîtresses de leur accouchement exige, ni plus ni moins, une révolution. En analysant les pratiques autour de l'accouchement à travers la littérature scientifique, les recommandations des instances de santé et les travaux d'historiens et d'anthropologues, Marie-Hélène Lahaye signe un document majeur, livre-clé dans la réorientation des politiques à mener autour des droits des femmes.
Il manquait quelque chose en moi. Je ne savais pas où chercher, alors j'ai commencé par le frigo. 10 : C'est le nombre de messages que lui et moi avons échangés en quelques jours. 7 : C'est le nombre de kilos que j'ai perdus, quelque part dans cet espace-temps. J'ai perdu le sommeil tout juste après l'appétit. Le premier me fatigue, le second m'arrange. Plus besoin de lutter contre quoi que ce soit, rien à vomir, ça rend la vie tellement plus simple. Mes proches s'inquiètent un peu, pas moi. Moi, je m'inquiète à l'idée que ça puisse "aller mieux" d'un jour à l'autre. Parce que leur "mieux" n'est pas le mien. Mais ça, c'est parce qu'ils pensent tous que je suis guérie". Avec sensibilité et justesse, Mélina Hoffmann nous livre le parcours d'une jeune femme qui tente de garder l'équilibre sur le fil d'une vie qui tangue, au coeur des troubles alimentaires. Le récit d'un mal trop ordinaire, lorsque le corps nous parle d'amour, du vide, du manque et des mensonges que l'on se raconte à soi-même, peut-être plus dangereux que ceux que l'on raconte aux autres.
Témoin capital de notre siècle, Hannah Arendt n'a cessé de construire son ?uvre sur les rapports entre " l'être citoyen " et l'actualité du monde. Comment aurait-elle fait autrement puisque l'Histoire, pour elle, s'est confondue avec sa propre vie ? Chassée d'Allemagne par le nazisme où elle étudiait la philosophie avec Jaspers et Heidegger, exilé d'abord en France puis aux Etats-Unis, celle qui se sentait " l'obligée du monde " a réfléchi, en s'interrogeant sur le pouvoir, sur sa propre destinée et à ce tire, son livre le plus célèbre, Les origines du totalitarisme, constitue la narration dramatique des évènements de l'Europe des années trente et quarante. Attachée à identifier les ruptures de la société européenne à la lumière de la perte du monde commun et de l'affaiblissement de " l'être-citoyen ", Hannah Arendt offre une appréhension nouvelle de notre situation propre, entre le passé et l'avenir, sans l'appui d'autorités et de traditions. Penseur de notre temps, elle a reconnu la fragilité de l'homme. Mais elle a aussi montré sa capacité à imposer un sens à sa vie sociale et morale grâce aux expériences fondamentales de la vie publique.