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Procès de Philippe Naigeon. La paranoïa menottée
Pognant Patrick
L'HARMATTAN
31,50 €
Épuisé
EAN :9782747528856
Le Procès de Philippe Naigeon : la paranoïa menottée, mêle l'histoire personnelle de l'auteur au procès d'un paranoïaque, condamné, malgré sa pathologie, à trente ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Paris, pour l'assassinat de sa femme et de ses deux fils, et tentative d'assassinat sur sa fille. Dans une démarche originale faisant intervenir le regard de lecteurs extérieurs, tel celui de deux magistrats masqués, l'auteur expose sa propre expérience de la pathologie mentale et de la paranoïa. Il porte par ailleurs son regard de citoyen lambda sur la justice à travers un procès qui, de l'avis de chroniqueurs judiciaires et de professionnels, démontra les limites de la juridiction criminelle. Le lecteur est invité à réfléchir à la notion de responsabilité et à soupeser le poids des mots, qui, dans un prétoire, a le pouvoir d'infléchir l'avenir d'un homme par l'interprétation que l'on fait de son passé : le verbe est la pulsation cardiaque d'une cour d'assises. A la fois chronique d'un procès tronqué et réflexion critique sur le sort réservé aux malades mentaux criminels dans notre pays, l'ouvrage évoque la fragilité de l'expertise psychiatrique et s'indigne d'une dérive législative autorisant la condamnation des malades mentaux à la prison, un lieu propice à l'éclosion et à la contamination des psychoses, notamment la paranoïa. Si ce livre s'adresse aux professionnels (santé, justice, police...) et aux législateurs, il intéresse également un large public qu'il sensibilise à la dangerosité de la paranoïa, une psychose des plus captieuses et des plus dangereuses, exterminatrice de familles entières et en plein essor, ainsi que l'atteste régulièrement la rubrique " faits divers " des médias.
Psychopathia sexualis, dont les versions successives couvrent la Belle époque et les Années folles, représente la quintessence de la psychiatrie occidentale sur le sujet des perversions sexuelles. L'oeuvre, originellement destinée aux seuls médecins et juristes, a conquis un large public et n'a cessé d'être traduite et rééditée jusqu'à nos jours. Ce succès éditorial international, étonnant pour ce type d'ouvrage, s'explique, entre autres, par le fait que l'oeuvre de Krafft-Ebing rassemble une masse critique de 447 observations cliniques, allemandes certes, mais aussi européennes, une sorte de catalogue des comportements sexuels hors la norme (c'est-à-dire une sexualité orientée vers la seule procréation). Il se dégage de cet ensemble hétéroclite un art de la clinique singulier, aux confins de la médecine, de la morale, de la justice et de la littérature. C'est bien ce dernier point qui ne laisse d'étonner, à savoir l'importance de la littérature dans cette psychiatrie de l'époque, ce qui permet de s'interroger sur sa place dans le processus de médicalisation des comportements sexuels qui dévient de la norme, et d'étudier cette imbrication de l'art clinique et de l'art littéraire dans une oeuvre au destin si particulier dans la littérature médicale. Enfin, quel a été le poids de Psychopathia sexualis dans les sociétés européennes de l'époque et quelle est l'empreinte laissée par cette oeuvre dans nos sociétés contemporaines et dans nos approches, scientifique et populaire, de la sexualité ?
A partir du milieu du XIXe siècle, la psychiatrie occidentale a classifié par le menu les déviances sexuelles dont certaines n'entamèrent leur lente démédicalisation qu'après les Années folles, notamment sous l'influence de la littérature. Il se trouve que la pathologisation des comportements sexuels, hors de ce qui était considéré alors comme la normalité (c'est-à-dire une sexualité orientée vers la seule procréation), coïncida notamment avec la révolution industrielle et avec la reprise en main de l'ordre moral. Cet essai propose d'étudier comment s'est construite une psychiatrie de l'erreur qui s'est muée en psychiatrie de l'horreur, en instaurant une répression sur les populations (notamment jeunes), sans précédent dans le monde médical. Nos sociétés contemporaines en portent encore les stigmates dans le subconscient collectif. Outre le fait de souligner l'importance accordée à la morale et à la doxa médicale dans la psychiatrie entre 1850 et 1930, La répression sexuelle par les psychiatres présente un survol de cette psychiatrie pathologiste, tout à la fois inventive et répressive, caractéristiques développées, à l'appui des textes étonnants des aliénistes, dans deux chapitres consacrés l'un à la masturbation et l'autre à l'homosexualité (la seconde étant à l'époque regardée comme la conséquence de la première). L'histoire somme toute récente de cette période-phare de la psychiatrie, avec ses derniers grands aliénistes, ne permet-elle pas de mieux comprendre l'impasse dans laquelle elle se trouve aujourd'hui ?
Résumé : En d'autres temps, ce livre aurait rejoint les rayons discrets de l'Enfer de la Bibliothèque nationale, à l'instar des volumes mettant en scène de manière explicite, qui par le texte, qui par l'image, certaines pratiques sexuelles. Mais aujourd'hui, l'Enfer n'est plus livresque (il est sur le web, dans nos villes...) et cet ouvrage peut paraître sans les dictats de la censure. En effet, à travers les archives du célèbre professeur P, allant de la fin du XIXe siècle jusqu'à la fin des années 1920, il propose au lecteur un large éventail de ce qui était alors considéré comme des perversions par les médecins et les psychiatres, combattues par eux, notamment l'amour solitaire. Toutefois, le mot amour ne faisait pas partie du vocabulaire médical et la sexualité n'existait que comme le passage obligé conduisant à la procréation. C'était dans cette seule fonction qu'elle était tolérée, sans préliminaires... Aussi, sous l'influence des doctrines hygiénistes, il s'agissait de réprimer toute pratique sexuelle sans finalité génésique, de fait déviante (et si possible pathologique). Ce furent bien sûr les jeunes gens, surtout de sexe masculin, que l'on cibla et sur lesquels on s'acharna, en témoignent plusieurs cas proposés dans ce spicilège. Divisés en quatre parties (enfants, adolescents, jeunes adultes et adultes), les écrits cliniques recueillis ici ? souvent dans le langage imagé de l'époque pour nommer le sexe ? se lisent comme de courtes nouvelles. Etonnants, insolites, dérangeants, ils sont parfois tristes, pathétiques, drôles... Ils appartiennent à l'histoire de la médecine, dans ce qu'elle a de moins glorieux.
Sur le Chemin des Dames, en 1918, Joë Bousquet (1897-1950), alors âgé de 21 ans, reçut en pleine poitrine une balle qui lui sectionna la moelle épinière, entraînant une paraplégie irréversible (avec perte du sens génésique) et une infection rénale chronique. Ce livre suit le drame de cette vie cassée en deux et éclaire sur les ressources mobilisées par le poète pour rester en vie pendant trente ans, avec cette blessure qui saignait, tant au creux de ses omoplates que dans sa psyché anéantie. Sera abordée la thérapeutique déployée par la médecine militaire puis civile pour le soigner. Il finira par ne plus quitter sa chambre les dix dernières années de sa vie, chambre visitée par les célébrités artistiques de l'époque. Entre-temps, il aura produit une oeuvre littéraire imposante. Avec une biographie abrégée, une recension de ses livres avec de nombreux extraits peu reproduits (dont la première réédition de son dernier opus, Fumerolle) et une description de son calvaire médical, le lecteur trouvera dans cet ouvrage un portrait complet de Joe Bousquet, auteur d'une oeuvre inclassable, qui fait de lui un artiste singulier, apprécié pour la beauté et la profondeur de son écriture.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.