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La sauvegarde du peuple. Presse, liberté et démocratie
Plenel Edwy
LA DECOUVERTE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782348055843
Ce livre est une enquête sur une phrase perdue. Elle fut énoncée à Paris le 13 août 1789 par Jean-Sylvain Bailly, nom aujourd'hui oublié. Il venait d'être proclamé maire de la Commune de Paris, premier dans l'histoire de la capitale après avoir été le premier président du tiers état et de l'Assemblée nationale. "La publicité est la sauvegarde du peuple". affirmait-elle. Autrement dit, tout ce qui est d'intérêt public doit être rendu public : tout ce qui concerne le sort du peuple, tout ce qui est fait en son noua. tout ce qui relève de sa souveraineté. A peine proclamée. cette sentence devint l'emblème de la liberté de la presse naissante durant ce qui fut aussi une révolution du journalisme. Or, alors même qu'elle fut la première expression, dans une formulation résolument moderne, d'un droit fondamental plus que jamais actuel le droit de savoir contre l'opacité des pouvoirs -, celle phrase est oubliée par l'histoire française. Pourquoi ? Enquête sur cet oubli, ses mystères et ses détours, ce livre est une réflexion sur la dimension prophétique de la proclamation de Bailly. On y comprendra que les combats des journalistes d'enquête et des lanceurs d'alerte, face à des pouvoirs arc-boutés sur les privilèges dit secret. illustrent la portée toujours révolutionnaire de cette proclamation démocratique.
Résumé : "Durant vingt mois, j'ai été chroniqueur. C'était un genre auquel je ne m'étais jamais risqué. Je m'en méfiais, l'identifiant à ce journalisme d'opinion, de commentaire et de jugement qui égare et dégrade le métier, à rebours du journalisme d'information, froid, distant et tranchant comme le serait une lame aiguisée, qui a ma préférence. J'étais injuste, bien sûr. Très français, le genre n'en est pas moins noble. Camus faisait de ce "journalisme d'idées" l'arme idéale du "journalisme critique" et le "Bloc-notes" de Mauriac reste encore inégalé. En janvier 2004, je me suis donc résolu à écrire des chroniques en forme d'éditoriaux pour accompagner le lancement du Monde 2. Je les avais appelées "Au vif". Au vif, comme l'on dirait en venir au fait ou rentrer dans le vif du sujet. Jusqu'à mon départ du Monde en septembre 2005, je n'ai pas manqué un seul de ces rendez-vous. Aussi ces textes sont-ils en quelque sorte testamentaires. Ils disent une fin, l'organisent et la préparent. Sous l'actualité apparente qui motivait chacune de ces chroniques, je glissais des repères intimes, signaux d'alarme et avertisseurs d'incendie. C'est pourquoi, les publiant après un délai de viduité, je les ai titrées Chroniques marranes. Comme ces Juifs qui, sous l'Inquisition, judaïsaient en secret, s'inventant une identité improbable, de mélange assumé et de liberté préservée, je m'y suis amusé à journaliser en secret, laissant entrevoir déjà ce qui n'a pris son sens que bien après, lors de ma rupture définitive. Le lecteur curieux de la presse sera tenté de chercher ces indices. Mais il pourra aussi y trouver un témoignage sur une période politique particulière, moment de transition avant que ne prenne forme le paysage de l'élection présidentielle de 2007".
Ce qui se joue en France depuis plusieurs semaines ne saurait se résumer à ce que gouvernants et éditorialistes veulent y voir. Spontanée et nourrie de motivations disparates, cette révolte doit s'entendre à la fois dans l'histoire longue des mouvements populaires et dans la spécificité de son époque, prompte à confondre le droit de tous et le privilège de certains. La révolte des gilets jaunes est un événement inédit, inventif et incontrôlable. Comme tout surgissement spontané du peuple, elle déborde les organisations, bouscule les commentateurs, affole les gouvernants. Comme toute lutte collective, elle s'invente dans une création politique autonome où l'auto-organisation est maître du jeu. Comme toute mobilisation populaire, elle brasse la France dans sa diversité, avec ses solidarités et ses préjugés, ses espoirs et ses aigreurs, ses beautés et ses laideurs. Prenant le contrepied de la morgue de classe qui s'est déchaînée face à un peuple rabaissé au rang de foule, cet essai veut en déchiffrer l'énigme en mêlant l'histoire immédiate et la longue durée. Né d'un refus de l'injustice fiscale et d'une exigence sociale d'égalité, ce mouvement s'est emparé de la question démocratique centrale, celle du pouvoir présidentiel qui confisque la volonté de tous. C'est cette audace républicaine qu'une répression policière sans équivalent lui fait payer. L'avenir n'est pas écrit, et le cours des événements dépendra de l'action de celles et ceux qu'ils convoquent. Aussi ce livre est-il une alarme face à la fuite en avant d'un pouvoir affolé qui, pour se légitimer, a choisi de jeter les gilets jaunes dans les bras de l'extrême droite. Si cette catastrophe advenait, en seraient aussi responsables tous les tenants d'une République démocratique et sociale qui auront préféré tenir à distance cet inédit, plutôt que de mener la bataille de l'égalité auprès des gilets jaunes.
Dans le "cabinet noir" de Mitterrand Le genre. Correspondances secrètes, notes des services de renseignements... l'auteur, directeur de la rédaction du Monde, suit à la trace la mystérieuse équipe chargée de protéger les secrets de François Mitterrand. Le thème. L'ancien président avait deux grands secrets: son cancer, dont il apprit l'existence au début de son premier mandat présidentiel, et sa fille, Mazarine. Pour les protéger, et aussi pour contrôler de près certains dossiers sensibles, il créa à ses côtés une sorte de "cabinet noir" flanqué d'une petite troupe d'élite. Au-delà de l'enquête, la blessure d'un journaliste qui fut lui-même l'objet de ces investigations détaillées jusqu'à l'absurde. La citation. "En optant pour la dissimulation, il avait, au choix, étatisé son intimité ou privatisé sa fonction. Désormais, le corps (la maladie) et le coeur (les familles) du Prince relevaient de la raison d'Etat. Public et privé s'enchevêtraient et s'embrouillaient à mesure qu'il utilisait le pouvoir que lui avait confié le pays pour s'émanciper des règles communes." --Françoise de Fouchécour--
« Contre les fouilleurs d'origines et les dévots de l'immédiat, s'entêter à imbriquer connaissance du passé et savoir du présent. C'est ce qui, en 1991, m'avait conduit à suivre les traces de Christophe Colomb, arpentant les terres qu'il avait accostées et visitant les siècles qu'il avait inaugurés. C'est ce qui, dix ans après, sous le choc de l'événement du 11 septembre 2001, m'amène à exhumer ce voyage et à réemprunter les traces qu'il m'avait paru ouvrir. Des périples transatlantiques du Grand Amiral de la mer océane à l'attentat contre le World Trade Center, le tourbillon de dates et d'époques dans lequel ce livre à deux livres, comme l'on dirait de deux voix qui se répondent, veut entraîner ses lecteurs est une invite au déplacement de la pensée. À penser le monde en pensant ailleurs. À regarder de biais, de côté et de loin, nos propres temps d'ouverture et de fermeture, entre mélange des cultures et clôture des identités. À combattre l'obsession des origines, le refoulé colonial, la peur de l'autre. Bref, à suivre la trace métisse où s'invente un nouvel humanisme cosmopolite. » Un livre d'alerte et d'inquiétude. Une invitation à retrouver le monde, son imaginaire et sa promesse, quand menace la guerre des mondes. Un manuel de résistance pour temps de guerres pieuses et de croisades impériales.
Le Grand Remplacement est à nos portes ! ", "La civilisation européenne est menacée ! ", "Le féminisme a proclamé la fin des hommes ! ", "Les valeurs de la nation sont bafouées ! "... Ce bref florilège serait risible par son absurdité s'il ne cachait pas des croyances bien réelles et une percée idéologique virulente, appelant à un nécessaire retour aux sources du "roman national". C'est donc à déjouer les pièges de cette fiction que s'emploie Elise Thiébaut. Elle s'interroge d'abord sur sa propre "identité" : qu'est-ce que l'histoire de cette Française dite "de souche" a-t-elle à nous dire de l'histoire de France ? En se livrant à des tests ADN, à des recherches généalogiques et archivistiques, elle pose des questions qui révèlent des tabous et impensés de la mémoire collective. Que nous apprend la génétique ? Quels sont les liens entre généalogie et patriarcat ? Quel impact la traite négrière et la colonisation ont-elles eu sur sa famille et plus largement sur son pays ? Quel rôle les cocottes et courtisanes du XIXe siècle ont-elles joué dans le mythe de la séduction à la française ? Avec un plaisir aigu et une vivacité pugnace, l'autrice livre une autobiographie de la France singulière comme antidote au roman national.
Pourquoi la question migratoire est-elle aujourd'hui réduite, en Europe, à cette notion de crise ? Dans un contexte de tensions politiques, de débats médiatiques véhiculant souvent des catégories d'analyse impropres ou erronées, l'ouvrage se propose de faire le point sur les enseignements que ladite crise a révélé en termes de nouvelles pratiques, et de logiques latentes. Les événements survenus en Méditerranée au cours de l'année 2015, communément qualifiés de " crise des migrants ", ont bien constitué le révélateur d'une crise profonde en Europe. Mais de quelle " crise " parlons-nous ? Pourquoi le fait migratoire est-il aujourd'hui le plus souvent réduit, en Europe, à cette notion ? Pour les auteur. e. s de cet ouvrage, l'utilisation de ce terme reflète avant tout le refus des Etats européens d'intégrer les dimensions contemporaine et internationale d'un phénomène qu'il est illusoire de prétendre enrayer et qui ne peut au demeurant être qualifié ni de nouveau ni d'imprévisible. Cette attitude de déni se traduit par une gestion meurtrière des frontières et le renoncement au principe de solidarité entre Etats membres qui est supposé fonder l'Union européenne. Elle met en évidence la véritable crise, celle de l'accueil. Grâce à un éclairage pluridisciplinaire, cet ouvrage se propose de faire le point sur ce que la " crise " nous apprend, en termes de nouvelles pratiques et de logiques latentes.
Becker Howard S. ; Merllié-Young Christine ; Merll
Après de nombreuses années de pratique du métier, Howard S. Becker livre, avec le style qui a fait son succès, les leçons tirées de son expérience de sociologue. Empiriques au même titre que les sciences de la nature, les sciences sociales ne progressent que par la qualité de l'articulation entre des " idées " (ou théories) et des " données ", toujours produites par des procédés de fabrication à analyser. La distinction, qui structure la profession, entre recherches " qualitatives " et " quantitatives " ne change rien à l'exigence de fournir des " preuves " solides, capables de résister au doute pour convaincre collègues et adversaires. La nécessité d'une analyse critique des données est ici démontrée à la lumière d'une gamme étendue de recherches, des plus collectives et objectivantes, comme les recensements de la population, aux plus personnelles, comme les observations ethnologiques, en passant par toutes les formes intermédiaires de la division du travail entre concepteurs des recherches et personnes chargées de la collecte des données. Cette ré? exion sur les conditions pratiques de l'observation s'adresse aussi bien aux professionnels des enquêtes, aux chercheurs en sciences sociales qu'à l'étudiant devant réaliser son premier mémoire de recherche.
Composée de plus de 1,3 milliard d'habitants, la société chinoise fascine ou effraie. Depuis 1949, elle a connu l'arrivée des communistes au pouvoir, le maoïsme, les réformes à partir de Deng Xiaoping et la reprise en main du pays dès 2013 par Xi Jinping. De manière inédite dans l'histoire du capitalisme, elle concilie un libéralisme économique d'Etat et un régime officiellement de " dictature démocratique du peuple ". Concrètement, comment la Chine en est-elle arrivée à cette modernité contrastée et quels sont les effets d'un régime autoritaire sur les différentes strates de la société chinoise ? La trame chronologique suivie dans ce livre permet d'analyser la société chinoise sous de multiples angles : éducation, travail, santé, appartenance ethnique, migrations, rapports hommes-femmes, jeunesse, religion, inégalités sociales, mouvements de contestation, questions sociales et environnementales. Les nombreux encadrés apportent des éclairages précis et des données récentes sur des aspects souvent méconnus de la société et de ses acteurs, au-delà des clichés sur la modernisation chinoise en ce début de XXIe siècle.