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Charles Collé (1709-1783). Au coeur de la République des Lettres
Plagnol-Diéval Marie-Emmanuelle ; Quéro Dominique
PU RENNES
17,00 €
Épuisé
EAN :9782753522800
Né en 1709 et mort en 1783, Charles Collé est au coeur de la production littéraire et critique du XVIIIe siècle. Chansonnier, membre du Caveau, homme de théâtre et auteur d'un Journal rédigé de 1748 à 1772 qui est une mine d'informations, il se met à écrire des pièces de circonstance pour la famille de son protecteur M de Meulan, avant de devenir le fournisseur attitré des divertissements du duc d'Orléans (à Paris, Bagnolet et Villers-Cotterêts) et, à un moindre titre, de ceux du comte de Clermont (à Berny). Son statut d'auteur de société ne l'empêche pas de viser une reconnaissance littéraire : l'amuseur renommé pour ses chansons et sa veine amphigourique, le faiseur de parades et de tragédies burlesques est aussi l'auteur de La Veuve ou Dupuis et Desrosnais, des comédies proches du genre sérieux, et de La Partie de chasse de Henri IV, jouée en société puis en province avant d'être tardivement autorisée à la Comédie-Française. Cet ouvrage collectif explore pour la première fois l'ensemble de l'oeuvre de Collé imprimée et manuscrite (chansons, pièces de théâtre de tout genre, journal et correspondance), ce qui permet de réévaluer sa place dans la République des Lettres, ses relations avec ses contemporains chansonniers, dramaturges, auteurs appointés ou indépendants, commanditaires ou acteurs, et d'expliciter un certain nombre de ses jugements esthétiques. Comme témoin de la vie littéraire de son époque, comme dramaturge de société qui réfléchit à sa condition d'homme de lettres et comme spécialiste des formes comiques et des petits genres, Collé est un auteur à redécouvrir.
Les femmes éducatrices qu'évoque ce livre ont compris les enjeux qui dépassent largement l'individu singulier, garçon et/ou fille. Elles agissent dans l'enceint familiale en interpellant mère et père (la mère dont ses actes révèlent l'importance réelle ou fictive tant elle apparaît de plus en plus comme un interlocuteur privilégié), enceinte familiale considérée comme un lieu expérimental pour préparer un projet de société. Les partenaires de l'éducation, femmes, hommes, auteurs ou non, entrent dans des géométries variables, mais qui, toutes, soulignent la présence grandissante de la femme dans le domaine éducatif, quelle que soit sa place dans la société, femmes de pouvoir ou au pouvoir, femmes exceptionnelles ou non, personnel mercenaire d'une éducation domestique, conventuelle, institutionnelle, privée ou non, célibataires, épouses, mères ou grand-mères, mais toutes conscientes de leur rôle. Cette préoccupation est l'occasion de se forger un destin, d'abord par la réflexion sur le statut lié à leur éducation, mais aussi et surtout parce que leur prise de position s'accompagne d'une entrée en écriture, en littérature, parfois en politique, tolérée dans un premier temps tant le terrain discursif paraît le prolongement naturel de la vocation maternelle, mais aussi discutée, contestée, ridiculisée, interdite quand les revendications inquiètent trop le pouvoir en place. La question des savoirs, leur nature, leur mode d'apprentissage qui peut aller de l'autodidaxie à une éducation spécifique conçue pour elle par un mentor (père ou mère) en passant par un enseignement reçu par contrebande (quand elles profitent de l'éducation de leurs frères) posent le problème d'un enseignement féminin lui-même, enté sur une conception de la femme naturellement portée vers mes arts d'agréments, la civilité, l'épistolaire, à qui les sciences, mais aussi tout simplement la lecture doivent être autorisées avec parcimonie et surveillance. Explicitée ou non par les textes, la question d'une éventuelle spécificité féminine est au coeur des débats, elle en constitue le point d'ancrage, qu'il s'agisse des programmes, des méthodes ou des expérimentations proposées.
Mes tableaux sont mes maîtresses" affirme Jean Klépal, pour qui collectionner la peinture est un besoin essentiel. Il a durant des années animé une galerie dans le Luberon, réalisé un très grand nombre d'éditions, tout cela le ramenant à l'objet d'un unique amour: l'art contemporain. La peinture n'est pas seulement un objet de délectation mais ce prisme par lequel se comprend le monde, un point de départ pour le saisir par la sensibilité. C'est pourquoi Jean Klépal a souhaité écrire sur le travail du peintre Serge Plagnol.
Résumé : Aspect essentiel de " la vie théâtrale au XVIIIe siècle ", le théâtre de société constitue un objet d'étude privilégié pour les historiens des mentalités, du théâtre, de la littérature, de la musique, de l'architecture et des arts du spectacle en général. Les textes ici rassemblés, dans cette perspective interdisciplinaire, privilégient un ordre chronologique qui part de la cour de Sceaux pour arriver à la période révolutionnaire, dont on doit se demander si elle sonne la fin de ces manifestations considérées comme caractéristiques de l'Ancien Régime. Trois grands axes de réflexion se dessinent au sein de ce cadre : les lieux et les répertoires qui ont pour objet de situer précisément cette activité parmi d'autres ; les rapports de ces corpus avec la société du triple point de vue esthétique, moral et politique ; les échos que le théâtre de société a laissés dans les écrits du temps. L'étude de sources jusque-là inexplorées permet d'en savoir plus sur la genèse des pièces et des spectacles, de montrer comment, pourquoi, à quel moment de leur vie ou de leur carrière littéraire des auteurs amateurs ou professionnels, comme Marivaux, Voltaire ou Beaumarchais, se sont tournés vers les scènes privées, et quelles y sont les conditions de représentation : bâtiments, des plus simples aux plus luxueux ; composition des troupes, mêlant souvent professionnels et amateurs, qu'il s'agisse des comédiens ou des musiciens, dont le rôle essentiel et parfois novateur est ici souligné. La diversité des théâtres étudiés met en lumière l'importance de la province, tant dans les villes que dans les résidences de compagne. A Paris, l'activité théâtrale publique se trouve même démultipliée par celle des scènes privées. Si le théâtre de société se caractérise par la notion d'espace privé, qui le définit pour l'essentiel et le distingue des scènes privilégiées, officielles et non, il joue également un rôle de théâtre expérimental pour certaines pièces. Il permet en effet à certains auteurs de fourbir leurs premières armes à l'ombre d'un commanditaire s'apparentant plus ou moins à un mécène, dans un cadre où la notion de " société " ou de " spectateurs " se substitue à celle de " public ". Là, il imite, détourne ou invente de nouveaux genres, susceptibles de s'épanouir sur les scènes publiques, en France et, plus largement, dans une Europe tournée vers le modèle français. Lieu de transfert culturel, donc, des textes, des auteurs, des acteurs et des esthétiques, le théâtre de société du XVIIIe siècle est bien aux origines du théâtre amateur qui se développe aux siècles suivants.
Célèbre de son vivant aussi bien à la Comédie-Française que sur les autres scenes françaises et européennes, auteur de deux des plus grands succès du siècle, avec Le Philosophe morié (1729) et Le Glorieux (1732), Destouches bénéficie actuellement d'un certain regain d'intérêt pour le répertoire comique de la première modernité. Son théâtre se situe entre tradition et innovation, entre comique et sérieux, entre édification et plaisir. On y reconnait diverses influences, notamment celle du théâtre anglais, mais également celle de Molière, dont il cherche à se démarquer tout en rendant hommage à son modèle Indépassable. Ce répertoire essentiel de la première moitié du XVIIIe siècle appelle des perspectives variées qui articulent l'étude d'une dramaturgie à vocation morale, étayée par une poétique d'un nouveau genre préfigurant le drame, impliquée dans les grandes questions sociales, économiques, juridiques et politiques de son temps. Ce volume s'inscrit dans le renouvellement actuel de la lecture de Destouches. Il rassemble les articles de chercheurs et d'artistes soucieux de le remettre en scene, de lui redonner sa juste place dans le paysage théâtral, aux côtés des Regnard, Dufresny, Gresset, et même Voltaire et Marivaux. Il a pour ambition de montrer la complexité de cette oeuvre hybride et de mettre au jour les mécanismes de sa notoriété.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ?A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.
Le secteur culturel vit une période de profondes remises en cause. Les politiques culturelles doivent se réinventer, notamment dans leurs liens aux publics. Dès lors, il ne s'agit plus de considérer les publics comme tels, mais comme des personnes qui portent et produisent leur propre culture. Cette posture, défendue par le référentiel des droits culturels, interroge les contributions des différentes parties prenantes de l'écosystème concerné. Ainsi, de la création aux enjeux de diffusion, d'appropriation et de participation, toutes les fonctions de la chaîne de valeurs artistiques sont interrogées : qui est créateur (légitime), diffuseur, prescripteur ? Sans oublier le numérique, nouvel espace médiatique, qui contribue également à redistribuer les rôles. Cet ouvrage, par une approche pluridisciplinaire renouvelée, présente plusieurs analyses tant conceptuelles qu'empiriques de ce nouveau contexte. Il permet d'en éclairer les différents enjeux : comment passer de la notion de publics (voire de non-publics) à celle de personne ? Comment passer d'enjeux transactionnels (partages ponctuels) à des enjeux relationnels (logiques apprenantes longitudinales) ? Comment les différents acteurs se saisissent du numérique dans ces nouveaux processus ?