Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Kant et le temps
Pigeard de Gurbert Guillaume
KIME
15,00 €
Épuisé
EAN :9782841747085
En élargissant l'extension du concept de temps, Kant en révolutionne la compréhension : le temps a en effet été restreint à la succession, alors que "les trois modes du temps sont la permanence, la succession, la simultanéité". Kant révèle que le temps n'est pas seulement ce qui fait que les choses passent, mais aussi ce qui fait qu'elles arrivent en même temps et, plus fondamentalement encore, ce qui fait qu'elles durent. Cette extension du domaine du temps déclenche bel et bien une révolution qui va révéler la présence du temps là où il semblait absent : deux points ne pouvant se trouver à côté dans l'espace sans y être en même temps, la géométrie baigne dans le temps. De même, la substance des choses que les philosophes ont prise pour leur être éternel ou métaphysique n'était que leur permanence dans le temps, c'est-à-dire leur durée ! Kant met ainsi au jour un inconscient de la raison pure (c'est Kant qui parle d'inconscience) qui la montre influencée à son insu par le temps qu'elle croyait avoir dépassé. Les grands principes métaphysiques (causalité, indiscernables, raison suffisante) se résorbent un à un dans le temps. Cependant, la philosophie de Kant n'est-elle pas elle-même travaillée par le temps plus qu'elle ne le voudrait ? En abordant Kant et le temps en même temps, ce livre propose à la fois une analyse originale du temps et une nouvelle introduction à la Critique de la raison pure, laquelle aborde déjà, avant les deux autres Critiques, la morale et la liberté, la finalité et l'histoire. La question se pose donc de savoir si depuis Kant la philosophie n'est pas restée dans cet horizon du temps fixé par la Critique de la raison pure.
Résumé : Un essai concis pour définir la philosophie, décrire le fonctionnement du raisonnement philosophique et analyser sa spécificité. "Ascension vers la lumière ou voyage au bout de la nuit, la philosophie part toujours d'une confrontation avec le risque de l'impensable, qu'elle traite ensuite comme superficiel ou profond. En effet, la philosophie n'est pas une arme supplémentaire de l'intelligence qui viendrait enrichir son arsenal en se rangeant à côté du bouclier religieux et du glaive savant. Il ne suffit ni de réfléchir, ni d'analyser, ni d'argumenter pour penser philosophiquement [...] La pensée philosophique naît de la rencontre catastrophique de la pensée et de ce qui menace l'existence de la pensée. Aussi longtemps que rien n'entrave la pensée, il n'y a pas de place pour la philosophie. Il faut que la pensée se heurte au risque de l'impensable pour que la philosophie puisse naître. La philosophie, c'est en effet la pensée qui s'inquiète de ce qui lui résiste et menace de la condamner à l'impuissance." Guillaume Pigeard de Gurbert
Marx est pour les uns le nom d'une antiquité politique, pour les autres celui d'un aveuglement collectif, pour d'autre enfin celui d'un système totalitaire meurtrier, et pour quelques-uns encore celui d'un maître à penser. Pourtant, aucune de ces étiquettes n'existerait si Marx n'était pas d'abord l'auteur du Capital. Faire de Marx un vestige, une injure ou un credo, c'est dans tous les cas se dispenser de lire son oeuvre. Le cliché d'un Marx dépassé a gagné les partis socialistes européens qui ont cru conquérir leur modernité en revendiquant un "droit d'inventaire". Des analyses de Marx, lesquelles sont-elles périmées ? Y en a-t-il qui ont gardé leur actualité ? Lesquelles ? Aucune ? Il semble que l'on ait relégué Marx au musée sans l'avoir lu. Car sitôt que l'on se guérit, par la lecture des textes, du marxisme à la petite semaine, c'est bel et bien la question de savoir quelle analyse marxienne n'est pas actuelle qui s'impose. L'essentiel des problèmes du monde actuel y est traité. En voici un aperçu. Mêlant textes théoriques et analyses issues d'enquêtes de terrain, cet ouvrage montre l'ampleur et la variété des formes contemporaines d'expressions du mépris de classe, fonction du contexte considéré et des fractions de classes en présence. C'est bien souvent le monde du travail qui lui donne sens, lorsque des frontières établies sont remises en question et qu'il faut réaffirmer une hiérarchie. Car au-delà, c'est lorsqu'un dominant se sent en danger qu'il rompt, par le mépris de classe, avec l'euphémisation usuelle de l'ordre des choses.
Destinée aux étudiants, utile aux enseignants, la série "Les notions par les textes" est consacrée au traitement des notions inscrites au programme des capes et agrégations de philosophie ainsi qu'aux concours de grandes écoles. Rédigée par des professeurs de classes préparatoires, elle s'appuie sur un choix d'extraits de textes classiques de référence pour montrer comment élaborer une explication de texte, un commentaire ou une dissertation respectant les complexités, l'histoire et la fécondité de la notion abordée. A la différence des problèmes théoriques, les questions morales engagent une réponse pratique qui doit faire avec le temps. En effet, on ne répare pas une faute comme on refait une démonstration. Comment adopter une ligne de conduite morale, lorsque la contingence des situations pratiques promène la pensée au gré de ses imprévus ? A cette double contrainte de l'irréparable et de l'imprévisible, les valeurs censées guider l'action - le bien et le mal - n'ajoutent-elles pas leur propre variabilité ? Enfin, si autrui semble exiger le respect, ses intentions, qui sont illisibles de fait ou en droit, ne conseillent-elles pas la prudence et dès lors comment la raison pourrait-elle être pratique ? Ces difficultés installent la morale sur un terrain intégralement problématique, et de ce fait incontournable car la philosophie ne s'occupe pas de penser le pensable mais de soumettre au questionnement cela même qui prétend s'y soustraire. Centré sur la lecture précise et méthodique de textes d'Aristote, Descartes, Durkheim, Bergson, Hume, Jankélévitch, Platon, Kant, Levinas, Leibniz, Nietzsche, Epicure et Marx, cet ouvrage explicite les problèmes que pose l'idée éminemment paradoxale d'une philosophie morale.
Au commencement l'imagination métamorphose l'espace en habitat en y inscrivant du temps : le galop des chevaux de Lascaux anime la paroi qu'il recouvre. Menhirs et dolmens parlent aussi pour cette logique primitive du cadran solaire qui fait du temps l'esprit du lieu. Si la philosophie est l'amour du savoir, celui-ci est resté un amour sorcier qui a perpétué la pensée magique. Sa phobie de l'espace l'a en effet poussée à forger à son tour des simulacres temporels de l'espace, qu'elle a baptisés : "l'être", "Substance", "présence" et autres "dehors" ont usurpé la place de l'être, ces images de l'être opposant simplement le temps qui dure au temps qui passe. D'un là trouvé, la philosophie a fait un être tantôt advenant, tantôt étant. L'heure était donc venue de dissiper les trois substituts de l'espace que le temps enfante : la succession donne le séjour, la simultanéité le voisinage, la durée fait la demeure. Ainsi, tout espace habité (politique, économique, écologique, poétique, religieux et scientifique) relève d'une anthropologie du temps et nullement d'une philosophie de l'être. Ce livre est une méditation philosophique sur l'abîme entre le temps pour nous et l'être en soi.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.