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Résidant. Deûlémont, 2015-2017
Picarel Gilles ; Herrera Zamarron Carolina
L'HARMATTAN
13,50 €
Épuisé
EAN :9782343163802
Du 12 décembre 2014 au 28 février 2017, quinze séjours ont eu lieu au Centre Thérapeutique Résidentiel Cèdre Bleu de l'association CedrAgir, à Deûlémont, prés de Lille. Séjours durant lesquels des photographies ont été faites avec les résidents acceptant de participer au projet. Eu égard aux enjeux personnels - sortir de l'addiction et former un nouveau projet de vie -, l'intervention de la photographie peut sembler dérisoire. Pourtant, faire une image photographique met souvent en jeu un "faire ensemble" au coeur d'une situation où chacun est étranger vis-à-vis de l'autre. Cela implique de sortir de soi afin de dépasser les différences et d'accueillir autrui ; autant de gestes minuscules qui, aujourd'hui, peuvent redonner un sens à l'humanité de l'homme. La photographie est traversée par l'extériorité...
Pour un artiste ou un chercheur, s'emparer du problème de l'extériorité revient à se confronter à une relation aporétique au monde, aux choses, aux êtres et à son oeuvre. Poser la question de l'extériorité est irréductible à toute tentative de définition et contradictoire avec le désir d'en délimiter les contours, car ces tentatives dévitaliseraient l'idée même d'extériorité. Entrer dans le sillage de l'extériorité ou se lancer sur sa piste c'est alors accepter l'épreuve de l'autre. Cette expérience réintroduit à l'égard du monde et des hommes une possibilité d'ouverture à l'imprévisible, à l'innommable et à l'inconnaissable. Elle expose la temporalité à l'accueil de l'inattendu et de la surprise. Cette épreuve de l'autre ne réduit pas l'autre moi-même à l'anonymat, elle lie le chercheur, l'artiste et tout homme à un autre dont il est impossible d'être quitte.
Et s'il n'y avait pas le monde, mais l'immonde, pas le cosmos, mais le non-cosmos, pas l'univers, mais le pluri-vers ? Et s'il était impossible de statuer, de décider ? Et si cette antinomie de la raison pure avait comme nom extériorité ? Peut-on dissocier philosophie et art dans cette confrontation à l'extériorité ? L'art, face à l'extériorité, ne donne pas des réponses, mais pose des questions, des interrogations, des problèmes ; et c'est bien. Si, dans son corps à corps avec l'extériorité, plutôt que dans son face-à-face, l'art nous offre une éclaircie, on comprend alors mieux ce que peut être l'art : la lutte pour, avec et contre l'extériorité. Voilà ce qu'explore et exploite notre recherche sur art et extériorité, sur leurs rapports et leurs apports. Car cette recherche enrichit l'art et le concept d'art, mais aussi le concept d'extériorité et l'extériorité elle-même ; tel est du moins son but : mieux comprendre art, extériorité et leur interaction constitutive.
Après un premier livre, Les frontières de l'extériorité, qui interrogeait la relation entre photographie et altérité, l'auteur questionne ici la relation entre image, intériorité et extériorité. Un autoportrait réalisé à Valparaiso en 2015 est à la source de ce travail. Il en constitue le point fixe à partir duquel l'auteur va revenir sur des photographies déjà réalisées et créer un nouveau réseau de sens entre elles. Mais, en faisant corps avec ces images éloignées et étrangères, une nouvelle extériorité se crée : une forme advient, toujours fuyante, étrangère et en attente de sens. Ce livre questionne la notion de passage et de bifurcation. Il envisage la photographie comme un processus d'affleurement et d'actualisation entre le familier et l'étranger, le visible et l'invisible, la surface et la profondeur.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.
Cette recherche part d'un intérêt pour la schizophrénie et des processus évolutifs qui peuvent être repérés. C G Jung a consacré sa vie à la description de ces dynamiques psychiques transformatrices. Ces potentiels s'animent lors de processus de crise psychique, de métamorphoses, ou lors d'épisodes psychopathologiques. Cette vision est de plus en plus partagée parmi les chercheurs en psychologie, en psychanalyse, en neurobiologie et dans les sciences du chaos.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.