La spécificité de la photographie trouve sa source dans l'extériorité. Elle se révèle maladroite, voire impuissante, à exprimer quelque chose de la singularité d'une personne, à révéler l'atmosphère d'une ville ou à dépasser les apparences d'un objet. Cet échec corrélatif du médium pourrait être sa chance, car que deviendrait l'objet - ou le sujet photographié - si la photographie était un moyen de s'en saisir et de s'emparer de lui ? Comment penser ce qui est photographié, dans sa différence, si la photographie le ramenait au même, c'est-à-dire à soi et à l'identique ? Qu'adviendrait-il enfin de l'extérieur si ce dernier n'était qu'un prétexte à la réalisation d'une photographie de soi-même ? Si le médium photographique peut s'avérer efficace à combler un désir de connaissance, s'il est apparemment possible, avec lui, de s'affranchir de la distance qui sépare le photographe du monde, l'extériorité fait surgir l'infranchissable et ce qui est irrémédiablement insaisissable au coeur de la photographie. Elle introduit un paradoxe dans la relation que le médium entretient avec le dehors, mêlant l'impossible au possible, l'échec à la tentative, etc.
Et s'il n'y avait pas le monde, mais l'immonde, pas le cosmos, mais le non-cosmos, pas l'univers, mais le pluri-vers ? Et s'il était impossible de statuer, de décider ? Et si cette antinomie de la raison pure avait comme nom extériorité ? Peut-on dissocier philosophie et art dans cette confrontation à l'extériorité ? L'art, face à l'extériorité, ne donne pas des réponses, mais pose des questions, des interrogations, des problèmes ; et c'est bien. Si, dans son corps à corps avec l'extériorité, plutôt que dans son face-à-face, l'art nous offre une éclaircie, on comprend alors mieux ce que peut être l'art : la lutte pour, avec et contre l'extériorité. Voilà ce qu'explore et exploite notre recherche sur art et extériorité, sur leurs rapports et leurs apports. Car cette recherche enrichit l'art et le concept d'art, mais aussi le concept d'extériorité et l'extériorité elle-même ; tel est du moins son but : mieux comprendre art, extériorité et leur interaction constitutive.
La relation entre photographie et altérité pourrait se caractériser par un empêchement : l'impossibilité faite au médium d'atteindre son objet. C'est à partir des travaux de Marc Pataut, principal acteur depuis les années 1990 d'une photographie reposant sur des processus dialogiques, que la réflexion va être menée. Confrontée à une altérité qui à la fois se donne et se retire, apparaît et se voile, reste la même tout en étant toujours autre, la photographie n'est-elle pas condamnée à manquer irrémédiablement son objet ?
Penser le champ artistique du verre plonge la réflexion dans une histoire millénaire qui consacre au verre une réalité plurielle. D'abord naturel avec l'"obsidienne" le verre est ensuite artificiel comme l'émail, la faïence, le vitrail, etc. Les techniques de la faience et de l'émaillage apparaissent au me millénaire avant J.-C., en Mésopotamie et en Egypte. Au regard de la tension entre l'idée de transparence et celle d'une opacité troublante qui anime le verre, ce livre propose une approche pluridisciplinaire permettant de penser une esthétique du verre. A partir du rapport que le verre permet d'expérimenter - entre opacité et transparence, fixité et déplacement, instantanéité et virtualité, fluide et solide, minceur et profondeur, réalité et déréalisation, etc. -, la réflexion permet d'interroger ce tournant de la transparence dans les arts comme possible élargissement de notre sensibilité à l'autre, un autre entendu dans sa radicale extériorité.
Après un premier livre, Les frontières de l'extériorité, qui interrogeait la relation entre photographie et altérité, l'auteur questionne ici la relation entre image, intériorité et extériorité. Un autoportrait réalisé à Valparaiso en 2015 est à la source de ce travail. Il en constitue le point fixe à partir duquel l'auteur va revenir sur des photographies déjà réalisées et créer un nouveau réseau de sens entre elles. Mais, en faisant corps avec ces images éloignées et étrangères, une nouvelle extériorité se crée : une forme advient, toujours fuyante, étrangère et en attente de sens. Ce livre questionne la notion de passage et de bifurcation. Il envisage la photographie comme un processus d'affleurement et d'actualisation entre le familier et l'étranger, le visible et l'invisible, la surface et la profondeur.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.